Chronique stratégique du 18 juillet 2019 (pour s’abonner c’est PAR ICI)
[(Dans les périodes de fin de système, les certitudes et les croyances s’effondrent. L’une d’entre elles, tenace dans la population depuis plusieurs décennies, est que nous serions sous la coupe d’un empire américain. Les récents développements, en particulier depuis deux ans, ont progressivement mis en lumière une réalité quelque peu différente : depuis la mort du président Franklin D. Roosevelt et l’assassinat de John F. Kennedy, la politique économique et étrangère américaine a été cooptée par un empire militaro-financier offshore représentant des intérêts privés, et dont le centre névralgique se trouve à la City de Londres. )]
Sans même remonter au rôle joué par Tony Blair pour entraîner les États-Unis dans la guerre d’Irak, il est désormais clair que, autant dans le cas de la Syrie que celui de l’Iran, ce sont à chaque fois les Britanniques qui, à coup de mensonges, de pressions et d’opérations clandestines (voir notre dossier sur la Henry Jackson Society), ont tenté de pousser l’administration Trump, et par conséquent le monde, vers l’affrontement.
Avant de revenir sur la crise actuelle avec l’Iran, un rappel succinct des événements en Syrie s’impose :
L’accusation venait des fameux « Casques blancs », une organisation de « défense civile » très médiatisée en Occident mais en réalité composée de terroristes posant en « secouristes ». Or, cette organisation a été fondée par « l’ancien » militaire britannique James Le Mesurier dans le but exclusif de discréditer le gouvernement syrien.
Un an plus tard, le 7 avril 2018, alors que Daesh était au bord de l’effondrement dans la banlieue de Damas, et que le président Trump évoquait le retrait des troupes américaines, une nouvelle attaque chimique aurait eu lieu dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale, proche de la capitale. Déjà, début mars 2018, l’empoisonnement supposé de Skripal, un ancien agent russe vivant en Angleterre, avait tenté de rendre crédible la thèse que l’empoisonnement était « une vieille tradition » pour la Russie et ses alliés.
Une semaine après l’attaque chimique supposée, Trump lança de nouvelles frappes avec des missiles de croisière, cette fois-ci avec l’assistance des Britanniques et des Français.
D’après un communiqué de presse, le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, Boris Johnson, était extatique à l’idée d’infliger une « punition » à la Syrie. Pour sa part, Theresa May publiait une déclaration affirmant que le renseignement britannique avait identifié la responsabilité d’Assad dans l’attaque chimique et que « ce mode de comportement doit être arrêté ».
Or, quelques semaines auparavant, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait rapporté que, lors des inspections qu’elle avait effectuées, notamment dans les installations bombardées le 14 avril par les fr-anglo-américains, elle n’avait trouvé aucune trace des gaz toxiques incriminés.
Grâce au rapport du Working Group on Syria, Propaganda and Media, publié le 26 juin 2019, nous savons désormais que les enquêteurs de l’OIAC n’ont passé que quelques heures à Douma et qu’ils n’ont interrogé aucun témoin. Nous savons également que certains des responsables de l’équipe, tous de nationalité britannique, ont fait en sorte d’ignorer tout élément de preuve tendant à contredire le récit officiel selon lequel le gouvernement syrien est responsable de l’attaque. Un rapport technique a notamment été supprimé, alors qu’il montrait que les bombonnes de gaz prétendument utilisés lors de l’attaque avaient été déposées par des individus sur le site au lieu d’être largués par les avions. Le rapport du Working Group a également démontré le rôle direct joué par le gouvernement britannique dans la promotion de ce mensonge (Lire notre chronique du 3 juillet : Attaques chimiques en Syrie : une "fake news" fabriquée à Londres).
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