Trump déclare la guerre à l’Iran : "un pont trop loin" ?

mardi 3 mars 2026


En novembre 2024, Donald Trump avait été élu à la présidence des États-Unis à une majorité écrasante, sur la promesse très populaire de mettre fin aux « guerres éternelles » et aux « changements de régime » à l’étranger.

Or, aux premières heures du 28 février, le voilà associé à Israël dans une attaque militaire combinée contre l’Iran, dont les objectifs déclarés sont de décapiter le gouvernement de ce pays pour y provoquer un changement de régime, et d’en détruire les capacités énergétiques et industrielles : « Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce sera à vous de le prendre », a déclaré Trump à l’intention des Iraniens, espérant qu’ils renverseraient leur gouvernement.

Deux jours plus tôt, le vice-président JD Vance, pourtant l’un des principaux partisans de l’arrêt des « guerres éternelles » au sein de la base « MAGA », avait justifié l’offensive à venir par ce sophisme décomplexé :

« Je pense que nous devons éviter de répéter les erreurs du passé. Je pense aussi qu’il faut éviter de trop tirer les leçons du passé. Ce n’est pas parce qu’un président a gâché un conflit militaire que nous ne pourrons plus jamais engager de conflit militaire. »

Ainsi, l’administration Trump a de nouveau lancé une guerre d’agression illégale, cette fois contre l’Iran, codifiée comme telle par le tribunal de Nuremberg. Elle viole le droit international interdisant toute ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain et transgresse la loi sur les pouvoirs de guerre ainsi que la Constitution américaine elle-même, qui accorde au Congrès, et à lui seul — et non au Président — le pouvoir de déclarer la guerre.

Réactions et contre-réactions se propagent dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Ouest. L’Iran riposte non seulement contre des cibles israéliennes et américaines, mais aussi contre des cibles chez ses voisins du Golfe, et l’Arabie saoudite elle-même a menacé de s’impliquer dans les contre-attaques contre l’Iran.

Parallèlement, des manifestations contre les ambassades américaines et les bases militaires ont éclaté au moins au Pakistan, en Irak et en Inde, tandis que le président iranien Masoud Pezeshkian a qualifié l’assassinat de Khamenei, figure majeur de l’islam chiite, de « déclaration de guerre contre les musulmans ».

Les passions s’enflamment. Pour couronner le tout, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, avec plusieurs impacts signalés sur des pétroliers dans les environs. Toutes les grandes compagnies maritimes ont annoncé qu’elles cessaient de traverser le détroit.

Dimanche, le pape Léon XIV a déclaré que cette série d’événements pourrait devenir « une tragédie d’une ampleur énorme », appelant toutes les parties

« à assumer la responsabilité morale d’arrêter la spirale de violence avant qu’elle ne devienne un abîme irréparable ! »

Le président Trump et d’autres dignes représentants de la « classe Epstein » assurent que tout se passe comme prévu et que le gouvernement iranien sera renversé en quelques jours à peine.

Cependant, la réponse iranienne semble plus forte que prévue, comme le suggèrent les pertes humaines annoncées le 1er mars, faisant état de neuf Israéliens et trois militaires américains tués, ainsi que de nombreux autres en Irak, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis.

La question se pose également de savoir combien de temps les États-Unis et Israël pourront soutenir un conflit d’une telle intensité, nécessitant un grand nombre de missiles intercepteurs, et certains affirment que les approvisionnements ne pourront tenir qu’une à deux semaines.

Comme tous les Léviathans et autres créatures narcissiques du même type, inconscients de la réalité qui les entoure, Trump croit fermement que c’est lui qui prend ses propres décisions, se voyant en maître imprévisible de son propre destin et de celui du monde entier.

Mais ce n’est pas le cas. Son comportement, en réalité parfaitement prévisible, est celui du capitaine de ce Titanic en train de couler qu’est le système transatlantique.

Ainsi qu’en avait averti l’économiste et homme politique américain Lyndon LaRouche (et ce, dès le basculement dans l’ultralibéralisme et la dérégulation financière, au début des années 1970), si l’Occident s’obstinait à maintenir à flot son système financier spéculatif en faillite, son sort serait scellé et le conduirait fatalement à la guerre, au fascisme au niveau national et à une austérité économique croissante. Trump s’est simplement fait l’instrument mettant en œuvre ces politiques.

C’est pourquoi la guerre d’agression débutée ce week-end contre l’Iran pourrait s’avérer être « un pont trop loin ». Elle a déclenché une vague de rejet dans la plupart des pays du monde. Des membres du Congrès américain, d’ordinaire dociles, exigent qu’il se réunisse en session immédiate pour invoquer le War Powers Act afin de contraindre Trump à cesser la guerre. Des manifestations contre la guerre ont éclaté dans les rues des Etats-Unis quelques heures après l’attaque.

« C’est le glas de la crédibilité de l’Occident », a déclaré la fondatrice de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, le 28 février.

Nous allons maintenant assister à un véritable test des capacités à se mobiliser de ceux qui réclament la fin de 500 ans de colonialisme. La Majorité mondiale conclura que l’Occident a basculé dans l’illégalité totale, que le Conseil de paix de Trump est en réalité un Conseil de guerre et que les cercles néoconservateurs anglophiles ont pris le contrôle total de la présidence Trump.

« Bien que l’on ne puisse prévoir l’évolution militaire à court terme, avertit Mme Zepp-LaRouche, il y aura une réaction qualitative à plus long terme dans le monde : c’en est trop ! Une nouvelle architecture de sécurité et de développement doit être conçue et mise en place. »

C’est la question essentielle que les candidats de l’Organisation de LaRouche, dont Diane Sare (à la présidence) et Jose Vega (au Congrès), tentent de placer au cœur du débat politique national aux États-Unis.

Et c’était également le sujet principal de la table-ronde internationale de l’EIR du 2 mars, « Epstein et la dépravation sans fond des ‘élites’ ».