Réunion transatlantiques du 15 avril 2026

Face au fascisme qui monte, résistance des deux côtés de l’Atlantique !

dimanche 26 avril 2026

Le 15 avril dernier, Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès, a ouvert à Paris une réunion par zoom qui a rassemblé nos candidats en lice en France et aux Etats-Unis. But des échanges : présenter notre combat contre la guerre et la loi du plus fort, défendue sans vergogne outre-Atlantique par les plus hautes autorités et qui ressemble à s’y méprendre à un nouveau fascisme qui monte.

« Nous sommes des patriotes et des citoyens du monde », a déclaré d’emblée Cheminade en présentant les candidats. Côté américain, Diane Sare, candidate à la présidence des Etats-Unis, et José Vega, candidat au Congrès dans le district du Bronx. Du côté français, quatre candidats aux législatives : Sébastien Périmony, Rémi Lebrun, Odile Mojon et Benoit Odille. Un cinquième candidat pour les sénatoriales, Jean-François Grilhaut des Fontaines, n’a pas pu rejoindre la réunion.

Première chose à voir : la guerre déclarée par Donald Trump et son administration, avec l’intervention prépondérante du chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou. Cette guerre, qui nous concerne tous, dans ses effets économiques, sociaux et moraux, Trump l’a voulue. Par deux fois l’administration Trump, sous la pression de Netanyahou, a saboté les négociations de paix et il a insulté ce qu’il considère comme un « ennemi » plus faible que lui, dans des termes qui dépassent toutes les bornes de la morale et du droit.

C’est là qu’il y a pour nous une nécessité urgente d’intervenir, en rassemblant nos candidatures de part et d’autre de l’Atlantique. En ce 15 avril, Diane Sare vient de lancer une mobilisation internationale pour convaincre les congressistes américains de couper les cordons de la bourse pour la guerre.

Bon nombre de candidats aux prochaines élections américaines proposent soit de destituer Trump, soit de le chasser du pouvoir. Or ces deux processus prendraient trop longtemps, alors que c’est dès maintenant qu’il faut arrêter la guerre.

Faire pression sur le Congrès, c’est le mettre devant ses responsabilités,
car, selon la loi, c’est lui qui doit voter les crédits pour la guerre. C’est pour cela que votre intervention vis-à-vis de chaque congressiste est essentielle.

Mais il faut aller vite  ! L’Iran a pratiquement gagné la guerre, du point de vue économique, moral et stratégique. Il a pratiqué la doctrine du faible au fort, en retournant ses armes contre les bases américaines et en fermant le détroit d’Ormuz. Trump est aujourd’hui acculé : se retirer ou passer à une phase beaucoup plus létale, c’est-à-dire l’emploi des armes nucléaires.

Peut-on considérer ce type d’intervention comme une ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat ? Cela ne s’applique pas ici, car il ne s’agit que d’exprimer ce que nous éprouvons aux congressistes américains et leur inspirer une attitude favorisant le rétablissement de la paix.

Six candidats des deux côtés de l’Atlantique pour rétablir la paix, est-ce bien raisonnable ?
Oui, car dans une crise d’une telle gravité, face à un pouvoir dégénéré, issu des « classes Epstein », ce sont les plus déterminés qui gagnent, et c’est David qui s’impose à Goliath.

Diane Sare
Candidate présidentielle indépendante

Diane Sare prit ensuite la parole pour présenter ses objectifs.
Nous sommes à un tournant décisif pour l’humanité, a-t-elle dit. Les États-Unis sont au cœur du problème, et nous avons un tel pouvoir pour causer des destructions qu’il est impératif que notre République se range du bon côté de l’histoire.

Cette République n’existerait pas sans les sources d’inspiration que furent, sur le Vieux Continent, Jeanne d’Arc, Nicolas de Cues, Leibniz et bien d’autres grands représentants de la civilisation européenne, ainsi que tous ceux qui, de Rome à Venise, des Pays-Bas à Londres, ont résisté face à la vision impériale. C’est cette résistance qui a donné naissance aux États-Unis.

Après deux mandats, George Washington a rappelé que, dans une République, le peuple détient un pouvoir immense. Les États-Unis, à l’instar de la France, ont un système présidentiel fort, s’appuyant sur des élus censés représenter le peuple. Washington insistait sur la nécessité d’être très vigilant en matière d’éducation, de culture et de religion, compte tenu du pouvoir considérable qui repose sur ces élus.

Nous avons manqué de vigilance et notre pays est devenu un instrument au service de la « classe Epstein ». La CIA et l’Institut Tavistock de Londres ont investi des sommes considérables à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et dans les années 60, consacrant tous leurs efforts à nous détruire, à faire de nous, non plus une force productive mais des consommateurs paresseux, dégénérés, accros à la drogue et au sexe. Le taux d’alphabétisation aux États-Unis n’est aujourd’hui que de 54 % et la plupart des Américains ont le niveau de lecture d’un élève de sixième ! La majorité est même incapable de comprendre la Déclaration d’indépendance ou la Constitution. C’est pourquoi il a été relativement facile de manipuler cette génération, de faire en sorte que le peuple ne s’indigne pas des agissements de ses dirigeants.

J’ai donc annoncé ma candidature le 10 janvier, immédiatement après l’enlèvement du président vénézuélien Maduro par Trump. J’ai senti qu’il y avait urgence, car si ce président est incompétent, l’opposition l’est tout autant. En effet, loin d’être une opposition au pouvoir en place, c’est le Parti démocrate qui a mis en place les politiques que Trump a ensuite amplifiées. Obama et Joe Biden nous ont laissé le chaos en Ukraine, et j’ai entendu un de nos contacts militaires dire qu’après la prise de contrôle du gouvernement ukrainien par les États-Unis, la situation est devenue catastrophique. La CIA, le MI6 et le Mossad ont pris les rênes du pouvoir. Voilà à quoi nous avons affaire : des services de renseignement au service d’une bande de milliardaires criminels sataniques.

Il y a un point que je soulève : si le peuple américain ne s’indigne pas de voir qu’après la publication de 3,5 millions de pages de documents concernant l’affaire Epstein, aucune action en justice n’a été lancée contre les personnalités américaines, souvent très haut placées, figurant sur ces documents (d’anciens gouverneurs, de hauts fonctionnaires du département d’État, des Américains de très haut niveau), si le peuple américain trouve acceptable qu’après avoir commis de tels crimes, il faille continuer à les respecter, alors nous allons perdre notre République.

J’ai annoncé ma candidature car cette nation a besoin de leadership. J’ai eu le privilège de travailler avec Lyndon LaRouche, son épouse Helga Zepp-LaRouche et Jacques Cheminade, des figures de référence pour leur courageux combat contre l’oligarchie en Europe et le colonialisme dans le monde. J’ai vu comment LaRouche a réussi à changer le monde, malgré le vol systématique des voix de ses électeurs, les campagnes diffamatoires et son emprisonnement, ainsi que celui de ses proches collaborateurs. Néanmoins, grâce à sa proposition d’Initiative de défense stratégique et son projet d’établir, après la chute du mur de Berlin, des couloirs de coopération économique en Eurasie, depuis l’Europe jusqu’en Chine en traversant la Russie, les projets des LaRouche ont joué un rôle précurseur dans l’émergence de l’Union économique eurasiatique russe, très inspirée aussi par notre ami, l’économiste russe Sergueï Lavrov, dans le projet des Nouvelles routes de la soie de la Chine, ainsi que dans la montée de l’OCS et des BRICS.

Le moment des larouchistes et d’autres patriotes authentiques est enfin venu !

A Jacques Cheminade qui lui demandait comment elle s’y prenait pour faire campagne à l’échelle de tout le pays, en ralliant d’autres candidats indépendants qui ne se reconnaissent ni dans les républicains ni dans les démocrates, Diane Sare a expliqué que ce qu’on appelle le mouvement MAGA ne répond plus à Donald Trump, ses membres s’en éloignent et rejettent les deux partis.

Autour de José et moi, a-t-elle poursuivi, de nombreuses personnes se présentent aux élections en tant qu’indépendants, car elles détestent les deux partis ou, bien qu’étant membres d’un parti, elles se positionnent en électrons libres, refusant de suivre la ligne officielle. Parmi elles, on compte des anciens combattants, des vétérans comme Tony Aguilar, connu pour avoir fait tomber la Gaza Humanitarian Foundation en révélant la vérité sur son rôle pour cibler et tuer des Palestiniens. Une trentaine de personnes se présentent ainsi, comme cette femme du Massachusetts qui a déjà obtenu 37 % des voix lors des dernières élections il y a deux ans, ou encore Brian McGinnis, un autre vétéran (marine), candidat au Sénat américain en Caroline du Nord. Nous essayons de fédérer ce mouvement et de mettre à profit leurs compétences économiques pour aborder cette question.

Diane Sare conclut en lisant un message adressé à Trump par une ex-sympathisante sur le site de ce dernier, Truth Social, qui illustre l’effondrement de MAGA et ouvre la voie à notre projet : « Vos paroles et votre comportement. Depuis votre réélection, votre habituelle tendance à l’immaturité et à la démence s’installent. Je vous plains. Vous avez complètement livré les États-Unis à Israël. Votre besoin de flatterie et votre extrême susceptibilité à la contradiction sont l’étincelle qui a détruit en un an le mouvement MAGA dans ce pays et réduit à néant l’héritage que vous aviez bâti, passant ainsi de « MAGA à nada » (rien, en espagnol).

José Vega
Candidat au congrès dans le Bronx

Après Diane Sare, José Vega, candidat dans le Bronx, a pris la parole. Dans un véritable contrepoint à la terrible dégénérescence des Etats-Unis que nous avons tous pu constater, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, José Vega a rappelé les principes qui ont présidé à la fondation des Etats-Unis et à sa Déclaration d’indépendance de 1776. Il a défini son combat et celui de Diane Sare comme devant amener les Etats-Unis à retrouver cette raison d’être.

Il a pris comme exemple le succès de l’opération récente menée par la NASA : envoyer des astronautes sur la Lune, les emmener plus loin que jamais et les faire amerrir en toute sécurité dans l’océan Pacifique. Un véritable miracle, fruit du travail de milliers de personnes et d’ingénieurs.

Pensez aux décennies de créativité, de développement d’idées et de découvertes de principes physiques qui ont permis cette mission et de prédire, à la seconde près, l’heure de retour des astronautes sur Terre. De nos jours, il est même impossible de prendre l’avion sans que l’heure affichée soit totalement erronée !

Voilà ce dont l’humanité est parfaitement capable, a souligné Vega, notant qu’il avait à peine évoqué le rôle des États-Unis, tant cette mission avait impliqué de pièces et d’ingénieurs qui n’étaient pas exclusivement américains mais venaient du monde entier.

Jose Vega a fait le parallèle entre cette collaboration spatiale et les principes de collaboration internationale qui ont présidé à la création des États-Unis en 1776, fruit d’un processus s’étalant sur des siècles et intégrant les plus grandes idées : Confucius, Socrate et Platon, Nicolas de Cues, la Renaissance…

Les plus grands triomphes et erreurs de l’humanité ont mené à la création des États-Unis d’Amérique, a souligné Vega. La célébration du 250e anniversaire de leur fondation, cette année, doit s’inscrire dans la perspective d’un retour de notre pays à son engagement envers ce concept d’humanité que je viens de décrire, a-t-il poursuivi. Le combat de Diane Sare, candidate à la présidence, et le mien, candidat au Congrès dans le Bronx, l’un des districts les plus pauvres du pays, sont de faire en sorte que les citoyens se réengagent envers ce principe d’humanité et que ces idées créatrices soient les plus grandes ressources que cette planète puisse offrir. C’est cela que signifie « être humain ». Si nous pouvons trouver cet engagement ici, dans l’une des régions les plus pauvres du pays, nous pouvons le trouver partout sur la planète.

La révolution américaine a inspiré de nombreux pays à lutter pour leur indépendance et à bâtir une véritable république. On le voit avec le célèbre tableau « Washington traversant le Delaware », peint non pas aux États-Unis, comme beaucoup d’Américains le croient, mais en Allemagne, à une époque de grande instabilité politique. Au milieu du XIXe siècle, il y avait encore des rois et des reines en Europe – et il y en a encore aujourd’hui – mais nombreux étaient ceux qui réclamaient la liberté de pensée et l’indépendance que les États-Unis avaient conquises.

Cette idée a été reprise au XIXe siècle en France par des intellectuels comme Laboulaye, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire américaine et sa constitution, convaincu que ces idées devaient être préservées et enrichies. C’est un héritage que la France nous a légué, au même titre que la Statue de la Liberté, scellant ainsi à jamais notre partenariat égalitaire dans la lutte pour la liberté.

NOS CANDIDATURES EN FRANCE

Ce fut ensuite au tour de nos candidats français de s’exprimer. Odile Mojon-Cheminade, candidate en 2022 et 2024 dans la 10ème circonscription des Français à l’étranger, a annoncé sa candidature pour les prochaines élections législatives. Elle a souligné l’importance de sa circonscription par rapport à la bataille menée par S&P en faveur d’un monde enfin débarrassé d’un colonialisme toujours aussi vivace, comme on l’a vu récemment dans le Détroit d’Ormuz.

« Cette circonscription s’étend sur 49 pays, soit presque tout le Moyen-Orient et une grande partie de l’Afrique, à l’exception de l’Afrique de l’Ouest. C’est une zone où vous avez des guerres, mais en même temps, l’une des configurations les plus intéressantes qui soient. Il y a d’abord l’Afrique du sud, fondatrice des BRICS, mais aussi plusieurs nouveaux membres et partenaires des BRICS. Ce sont ces pays qui disent "nous voulons autre chose" et qui partagent avec S & P cette conception qu’il ne peut y avoir de sécurité sans développement mutuel. » Malheureusement la France s’est montrée incapable d’établir des projets gagnant/gagnant avec ces pays.

Si la France est aux abonnés absents dans le domaine d’une authentique coopération, c’est-à-dire sur des projets authentiquement transformateurs, d’autres pays ont pris les devants pour aider l’Afrique à créer, petit-à-petit, les conditions de son décollage. Il y a l’exemple du Ghana, avec un programme de développement de l’énergie nucléaire en partenariat avec la Chine et les Etats-Unis, ce qui assurera son indépendance énergétique. D’autres pays travaillent à leur indépendance technologique, comme la Tanzanie, qui se dote des capacités d’assembler, sur place, des trains diesel/électricité. En outre, elle est également impliquée dans le lancement sur le lac Tanganyika, dont elle est riveraine avec la RDC, la Zambie et le Burundi, de grands bateaux pouvant transporter jusqu’à 2000 tonnes de fret, révolutionnant ainsi les interconnexions dans la région.

Si l’on ajoute le projet de chemin de fer reliant Téhéran, Bagdad et Aman au Caire, ou cet autre projet reliant par autoroute Bagdad, Alep et la Turquie, si l’on pense encore au développement massif qu’induirait notre propre Plan Oasis dans tous les pays du Proche-Orient ravagés par les guerres, il devient clair que les guerres qui déstabilisent tel ou tel pays ont pour conséquence d’empêcher le développement pacifique de toutes ces régions, une situation qui n’est certes pas pour déplaire à la vision coloniale portée par les prédateurs financiers.

« L’objectif de mes campagnes, c’est de promouvoir une autre politique étrangère de la France, un visage de la France comme amie des peuples, et de rappeler aux Français qui vivent dans ces pays qu’ils ont un rôle important à jouer en ce sens. »

Benoît Odille Candidat dans la 5e circonscription de l’Essonne

Pour Benoît Odille, l’avantage de sa circonscription est d’héberger un gros centre scientifique que l’État a voulu comme « une Silicon Valley à la française ». Cependant, bien qu’on y croise énormément de gens câblés sur ces questions de science, d’industrie et de développement à longue terme, ils ne sont hélas pas la majorité dans la population, car nous vivons dans une économie de services.

On y rencontre pas mal d’adeptes de l’écologie décroissante, d’alternatives plus ou moins romantiques, un extrême centre bien ancré avec un socialisme à géométrie variable, enclin à aller dans le sens du vent, et une extrême gauche en embuscade qui, en gros, passe les plats entre les écologistes et les socialistes et essaie de faire son trou. Là-dedans, il y a une petite poche de souverainistes. Ils sortent de temps en temps, mais ils sont désorganisés et dans une stratégie quasiment d’attente.

Benoit Odille voit cependant comment l’oligarchie qui nous gouverne est en train de détruire ce qu’il y a d’humain en nous. « J’ai beaucoup milité sur les facs, les brocantes, les marchés et à la sortie des RER, avec cette phrase simple : est-ce que vous voulez arrêter la guerre mondiale ? » Réaction majoritaire ? « Eh ben ! Vous êtes ambitieux » ! Comme si c’était un jeu, un rêve qu’on déploie en public, sans conséquences.

Il y a cette déconnexion totale des gens, de l’horreur de ces guerres successives et de ce que l’humanité est en train de perdre avec cette situation.

Ils perdent la notion de comment coopérer avec son ennemi : on ne peut pas lui parler, mais alors que faire ? Le détruire totalement ? Non, ce n’est pas bien non plus. On doit faire l’effort de comprendre que celui qu’on a en face n’est pas une bête immonde, mais un être humain qui cherche, comme nous, à développer quelque chose dans sa société, et de voir ce que nous pouvons apporter à ce processus.

L’oligarchie cherche à tout prix à nous rendre bestiaux, à nous faire penser que les dirigeants des autres pays sont comme des bêtes assoiffées de sang, des barbares, et à toujours diaboliser les autres, pour nous déconnecter de leur part d’humanité.

J’ai beaucoup bataillé pour amener cette idée de coopérer avec son ennemi. L’idée d’une alliance de l’Occident avec les BRICS a été l’un de mes grands axes de campagne. J’ai essayé de voir ce qui empêche cette alliance, et ce qui, pour les gens, en est l’obstacle principal.

Il y a la propagande sur la guerre en Ukraine. Il suffirait de réunir les historiens et de mettre sur la table les raisons de cette guerre pour comprendre d’où ça vient et entamer un processus de réconciliation. Sur le Moyen-Orient aussi, on peut en trouver les causes et chercher à améliorer la situation avec le Plan Oasis soutenu par S&P.

Cette alliance est vue comme impossible car on pense que la Chine et la Russie sont des ennemis économiques. Dans le système de libre-échange qui nous a été imposé dans les années 1970, nous avons désindustrialisé au profit de pays comme la Chine, pensant avec condescendance qu’ils n’arriveraient pas à notre niveau si exceptionnel, mais comme ce sont des sociétés très anciennes, qui ont une grande fierté, elles ont réussi à nous dépasser technologiquement et deviennent maintenant une menace pour ce système de libre-échange.

Ce système s’est retourné contre nous, et au lieu de refuser de reconnaître qu’on s’est trompé, on devrait se rendre compte que la coopération avec ces pays qui ont un grand potentiel scientifique et de création du savoir technologique est, au contraire, la meilleure chose qui puisse nous arriver. Cela fait des années qu’on demande à ces pays de sortir de la pauvreté et aujourd’hui, au lieu de se réjouir de voir des millions de gens qui s’en sont sortis, on est en train de les désigner comme des ennemis du genre humain !

Ne pas voir cela montre que notre humanité a été assommée et que l’on doit retrouver cette part d’humanité qu’il y a en nous.

J’ai proposé d’organiser un débat national populaire, une discussion sur des sujets de fond structurants, pour inciter des gens qui ont des idées contraires en apparence à engager un dialogue serein pour faire émerger dans le peuple une réflexion sur les raisons profondes de cette crise. Je vous demande de m’aider.

Je propose enfin de faire des lectures de ce livret d’économie physique que nous avons publié avec Christophe Lavernhe chez S&P, sous forme d’ateliers, pour voir comment cette découverte peut nous lier aux BRICs, avec notre passé de nation qui a découvert beaucoup de choses, avec un grand respect pour tout ce que nous avons découvert au moment des 30 glorieuses.

Rémi Lebrun Candidat dans le Val-d’Oise

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Je suis candidat pour la première fois dans le Val-d’Oise, dans la 6è circonscription, contre tous les politiques. Pour l’anecdote, quand j’étais petit, dans mon village de la Drôme, nous nous cachions derrière les arbres et on gueulait sur toutes les voitures parisiennes ou lyonnaises, tellement ils étaient méprisants vis-à-vis des gens du coin.

Comment on s’attaque à la déshumanisation ? Il est urgent de faire la différence entre s’attaquer à la connerie et s’attaquer aux cons. En l’occurrence, l’actuelle députée de cette circonscription (plutôt de droite) est Gabrielle Cathala, du groupe LFI. Elle a eu beaucoup de courage sur la question de Gaza et a participé à l’une des flottilles pour essayer de briser le blocus. Sur la loi Yadan, elle s’est aussi énormément engagée, mais elle ne propose rien pour le sort des Israéliens. C’est là l’importance de notre Plan Oasis, une solution pour tout le monde, qui permet aux Israéliens de proposer quelque chose aux Palestiniens. Donc j’essaie de la rencontrer pour lui présenter le Plan Oasis, sans succès pour l’instant. La chose qui m’a beaucoup choqué sur la façon dont elle conçoit la politique porte sur l’affaire Quentin Deranque, ce jeune Lyonnais, vraiment fasciste, qui a été tabassé à mort par les antifascistes. Elle a expliqué que LFI avait participé à la minute de silence de l’Assemblée nationale parce qu’elle sentait bien que ne pas y participer aurait été un piège pour eux, mais que pour autant, jamais elle ne pleurerait la mort d’un facho. Je ne dis pas que c’est bien d’être un facho, mais ce n’est pas bien de tuer.

Pour réhumaniser notre société, il faut discuter avec les gens entre quatre yeux, prendre le temps de discuter avec eux, d’extrême gauche ou d’extrême droite, argumenter contre les conneries et essayer de les faire progresser.

Souverainetés

Je voudrais aborder deux sujets sur la question de la souveraineté qui pourraient participer à la ré- humanisation, et d’abord la souveraineté numérique qui est un grand enjeu du moment.

1. Souveraineté numérique

Il faut situer l’enjeu de l’IA dans une vision du monde qui rejette la géopolitique. Là où les GAFA ont une vision prédatrice de « pouvoir » par les données, il faut leur opposer une logique d’« Open Source », de mutualisation des compétences, comme le font la Chine ainsi que le groupe Mistral, qui misent sur la logique de l’outsider « à qui on va donner tout ce qu’on a inventé pour progresser ».

2. Il faut, dans ce contexte, éduquer philosophiquement nos gosses. On entend aujourd’hui tous les discours alarmistes contre ChatGPT : on craint que nos enfants ne réfléchissent plus. Il faut se rappeler qu’à l’époque de l’émergence du livre, on s’inquiétait déjà du danger de tuer la mémoire, parce que le livre n’allait plus faire appel à la mémoire orale. Or, le seul et véritable moyen de ne pas se faire manipuler est de penser par soi-même.

La France est malheureusement, sur cette question comme sur d’autres, le cul entre deux chaises. La semaine dernière, le gouvernement a décidé d’utiliser Linux pour un maximum d’agents territoriaux, dans l’éducation nationale. « En même temps », Tracfin, l’organisme du ministère de l’Economie qui traque l’argent sale, a décidé de faire appel à Palantir, l’entreprise IA de la CIA ! Dans quelle logique ? Impossible de répondre à plus de 200 000 signalements par an avec seulement 230 agents. Pourtant, la France avait développé une alternative nationale, pas aussi performante mais servant au même but : ChatVision.

Notre candidat Rémi Lebrun propose que l’État lance une « mission numérique », un service public des données, permettant de former le personnel public utilisant l’IA, mais aussi les entreprises. Quand l’IA servira l’économie réelle, elle décuplera son intérêt et sa valeur.

Deuxième sujet majeur de souveraineté : la « bonne bouffe » et faire en sorte que nos enfants mangent bien. Dans ce domaine, Rémi Lebrun propose de s’inspirer de la démarche adoptée en Dordogne, qui fait appel aux producteurs locaux pour assurer la nourriture des collèges du département, en exigeant que les commandes puissent être livrées en moins de deux heures, s’il le faut.

Sébastien Périmony Candidat en Seine-St-Denis

Je suis candidat dans la 6e circonscription de Seine-St-Denis : c’est Pantin et Aubervilliers. Il n’y a que deux villes, très denses, et on peut très rapidement se faire connaître. Je vous invite à m’y rejoindre, j’y suis toutes les semaines.

Je dis aux gens : si vous voulez changer la politique, il faut changer les politiciens ! Là-bas, la plupart des gens ne votent pas. Ce sont des quartiers très pauvres : entre 28 % et 40 % vivent au seuil de pauvreté. A Aubervilliers, c’est quasiment 40 %.

Ce sont des endroits totalement abandonnés, insalubres. Non pas que les gens ne soient pas politiques, mais ils sont complètement dégoûtés par la politique, parce que tous leurs élus sont corrompus. Le maire de Pantin a des dossiers à plusieurs millions d’euros, qui sont dévoilés dans Le Canard enchaîné, plus tous les cadeaux qu’il offre à sa femme, à son beau-frère, au voisin de sa femme, etc. On est dans une situation de baronnie et de mafia, et c’est pareil à Aubervilliers. Les gens voient bien qu’aujourd’hui, les politiciens en place ne défendent pas les sujets fondamentaux.

Outre la lutte contre la corruption, je leur parle du problème de la dette. Je distribue un tract où j’explique l’arnaque de la dette : entre 1974 et 2023, on a payé 1640 milliards d’euros à des banques privées et des assureurs, pour les seuls intérêts de la dette, pas pour le principal ! On n’entend aucun député expliquer cela à la tribune de l’Assemblée nationale.

Ni de la folie du système financier dans lequel on vit : le PIB de la France c’est 3000 milliards, le PIB mondial, 100 000 milliards, la spéculation, c’est 2 millions de milliards ! On est dans une bulle financière qui peut exploser à tout moment et qui engendre toute la politique de guerre dont Jacques Cheminade a parlé au début. La campagne aura probablement lieu en 2027, après la présidentielle il y aura dissolution de l’Assemblée nationale. Mais le système financier sera- t-il toujours debout à ce moment-là ?

Il y a d’autres idées que nous voulons défendre : la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires. Si nous sommes élus, nous porterons cette réforme pour protéger l’argent des citoyens des banques qui spéculent.

Aucun député ne propose explicitement de sortir de l’euro, de l’Union européenne et de l’OTAN, ni d’autres sujets comme la renationalisation de la Banque de France.