Qui était ce cinquième homme derrière Trump le 3 janvier ?

mardi 20 janvier 2026

Lors de sa conférence de presse du 3 janvier, où Donald Trump annonça la capture du président du Venezuela Nicolás Maduro, cinq responsables se tenaient derrière lui. Trois d’entre eux, le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, ont pris la parole, de même que le président américain.
Les deux autres sont restés silencieux : Stephen Miller, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche chargé de la sécurité intérieure, relativement connu du public, et Mike Davis, l’avocat moins connu qui a élaboré le cadre juridique de l’opération « Absolute Resolve » (détermination absolue) contre le président vénézuélien.

Si Davis n’a pas pris la parole à la tribune, en revanche il ne s’est pas privé de proférer des menaces sur son compte X, le même jour, à l’encontre de la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum, qui venait d’invoquer la Charte des Nations unies pour condamner la capture du président vénézuélien : « Ferme-la, Claudia, a-t-il écrit. Sinon, ce sera ton tour ! » et de s’adresser à Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, qui avait dénoncé une opération violant la souveraineté nationale d’un pays, pour lui dire d’aller « se faire foutre ».

Davis a également partagé l’avis de son acolyte, Will Chamberlain, [proclamant que ( « le seul véritable droit international est le droit américain ».

Depuis la mort de Renee Good, froidement abattue le 7 janvier par un agent des services des douanes et de l’immigration (ICE), dans le Minnesota, Davis suggère d’utiliser la loi sur l’insurrection pour réprimer « les ennemis de l’État », désignant ainsi tous les manifestants, les démocrates et quiconque défend les immigrants.

Davis et Chamberlain revendiquent fièrement leur appartenance à la Federalist Society, une association juridique déjà dénoncée en 2006 par l’homme d’État américain Lyndon LaRouche pour son rôle central dans la tentative de coup d’État de type hitlérien contre la Constitution des États-Unis, menée par le vice-président de l’époque, Dick Cheney, et ses acolytes néoconservateurs, pour le compte de la finance prédatrice qui domine Wall Street.

LaRouche, qui ne fut malheureusement pas écouté à l’époque, avait démontré comment la Federalist Society portait l’héritage juridique du nazisme.

Fondée en 1982 par des étudiants de l’Université de Chicago, cette société

« s’est organisée autour des idées de Carl Schmitt, le juriste nazi de premier plan qui élabora le cadre juridique permettant à Hitler de devenir dictateur, au lieu de simple chancelier », avait affirmé LaRouche le 18 janvier 2006, lors d’un entretien accordé à une radio publique du Wisconsin. C’est la même législation « qui servit par la suite pour autoriser et justifier les meurtres de ses opposants ».

Aujourd’hui, cette théorie est appelée « exécutif unitaire », avait expliqué LaRouche, mais il s’agit

« tout simplement de la même politique que celle élaborée par Carl Schmitt pour mettre en place la dictature nazie en 1933 (…) en Allemagne. Et Hitler est resté dictateur jusqu’en 1945… »

EIR (Executive Intelligence Review), le magazine dirigé par LaRouche, avait alors documenté la progression de la Federalist Society au sein des institutions américaines et son influence croissante en faveur d’une politique visant à gouverner par la terreur.

C’est dans cette perspective qu’il faut considérer l’organisation « Projet Article III » (A3P) de Mike Davis, dont Will Chamberlain est le principal conseiller, et qu’il se vante d’avoir fondée en 2019 comme « poing américain pour combattre la guerre juridique de gauche », en plaçant ses amis de la Federalist Society aux postes clés du pouvoir judiciaire et en préparant la formation de « la prochaine génération du pouvoir judiciaire ».