L’affaire Epstein est comme un rideau de théâtre s’ouvrant sur une société criminelle. Les « élites » savaient ou auraient dû savoir. Le peuple découvre leur trahison. Il ne s’agit pas simplement d’atroces abus sexuels, utilisés comme instrument de perversion et de chantage, mais de la partie émergée de l’iceberg d’un système économique et social prédateur. D’une mafia mondiale du crime organisé, dont les éléments visibles dans notre pays sont la prolifération de drogues, l’essor de la prostitution de mineurs et la loi de la jungle sur les marchés financiers, ce monde dont la City de Londres, Wall Street et la Banque des règlements internationaux sont les lessiveuses de l’argent sale.
Commençons par le premier échelon. D’où cet homme pauvre et sans diplômes tenait-il ses moyens ? Sa carrière commence comme expert en produits financiers spéciaux, engagé par Alan Greenberg à la banque d’investissement Bear Stearns en 1978. Après la faillite de Bear Stearns en 2008, ses activités seront reprises par JP Morgan, qui restera jusqu’au bout la banque de Jeffrey Epstein. Le haut de gamme, donc, abritant le crime. Epstein est parrainé par le milliardaire Lex Wexner, qui, dès les années 1990, lui donne procuration totale sur sa fortune. Puis Leon Black, un ex de Drexel Burnham Lambert (qu’il avait quittée juste avant que n’éclate le scandale Milken des « obligations pourries »), prend le relais pour verser des sommes énormes à Epstein, y compris après sa condamnation pour prédation et criminalité sexuelles en 2008.
Les services de renseignement américains, israéliens et britanniques ont recours à ses services et lui offrent des « protections inhabituelles ». Les meilleurs avocats de la place sont à sa disposition. Entre 2005 et 2008, contre l’avis de policiers de l’Etat de Floride, écœurés par le spectacle, Kenneth Starr, l’avocat d’Epstein, s’arrange avec Alex Acosta, alors procureur général de Floride, pour réduire sa condamnation à 18 mois de prison, en résidence peu surveillée. Tout continuera alors comme avant jusqu’en 2018-2019. Kenneth Starr avait été le procureur indépendant qui avait mené la charge contre Clinton dans l’affaire Lewinsky, et Acosta, devenu ministre du Travail de Donald Trump, devra démissionner face au scandale en 2019. Tout le monde de la finance et de la justice américaine nageant dans les mêmes eaux corrompues !
Le second échelon, que Le Nouvel Obs aborde dans son long article du 19 février 2026, « Sexisme, racisme, eugénisme », est celui de la « biologie sociale », ou plus simplement du crime organisé contre l’humanité. Epstein a fréquenté de nombreux experts, savants et prix Nobel, essayant de leur faire partager ses obsessions transhumanistes et ses expérimentations. Le nouveau « fascisme tech » apparaît ici sous différentes formes idéologiques, toutes ayant pour objectif de maîtriser l’IA et les technologies pour en faire des armes de guerre rendant prétendument invincible. Tout en contrôlant l’émission et la circulation de monnaie, avec les produits financiers dérivés et des stablecoins attachés à la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. Les milliardaires autour de Trump, les Peter Thiel, Alex Karp, Howard Lutnick, Scott Bessent ou David Sachs, sont les héritiers du rêve eugéniste britannique. Le monde de Hobbes, avec son nouveau Léviathan pour tenir en respect des hommes refusant d’obéir à leurs « protecteurs », et celui d’un Julian Huxley, qui proclamait en 1941, qu’« une fois pleinement saisies les conséquences qu’implique la biologie évolutionnelle, l’eugénisme deviendra inévitablement une partie intégrante de la religion de l’avenir ».
Une occasion de vie ou de mort.
La bonne nouvelle est que tout cela se produit en plein effondrement de la pyramide de Ponzi du système financier ! C’est une occasion de vie ou de mort à saisir. Et de nous battre pour la nouvelle architecture de sécurité et de développement mutuels, dont une part croissante de l’humanité et de nos concitoyens perçoit par contraste la nécessité.
Céder au pessimisme et aux délectations morbides serait alors abandonner sa part d’humanité.


