Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente internationale de l’IS, a rappelé la récente déclaration du président américain Donald Trump, affirmant qu’il n’est pas lié par le droit international, mais uniquement par sa propre volonté, justifiant ainsi les actions fondées sur le principe du « droit du plus fort ».
Son appel à augmenter le budget de la défense américain de 1000 milliards de dollars à 1500, conjugué au renforcement militaire en Europe, démontre que nous nous dirigeons vers une guerre nucléaire mondiale. Cependant, comme l’a souligné Mme LaRouche, du fait que nous sommes la seule espèce dotée de raison, nous pouvons et devons agir pour infléchir cette trajectoire désastreuse. Dans cette perspective, elle a présenté sa proposition de « Dix principes pour une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement », dont les grandes lignes figurent également dans les quatre initiatives mondiales du président chinois Xi Jinping.
Elle a plaidé pour un retour aux principes de la paix de Westphalie de 1648, plaçant au-dessus de tout le concept d’« une seule humanité », ainsi que celui de « coïncidence des contraires », présenté par Nicolas de Cues au XVe siècle comme moyen de résoudre les différends en adoptant une vision supérieure unifiée. Nous devons nous tourner vers tous les grands penseurs de nos différentes cultures, tels que Confucius, Platon et Leibniz, pour restaurer un véritable amour de l’humanité à travers l’agapè.
Naledi Pandor, ancienne ministre des Relations internationales et de la Coopération d’Afrique du Sud, a exprimé son indignation face à l’horreur suscitée dans le monde entier par les actes illégaux perpétrés contre le Venezuela, avertissant qu’une attaque contre Cuba serait « une catastrophe ».
Aujourd’hui présidente de la Fondation Nelson Mandela, elle est à l’origine de la requête déposée par l’Afrique du Sud auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ) pour enquêter sur le génocide commis par Israël à Gaza.
Pour Mme Pandor, ce qui se produit actuellement constitue « la violation du droit international la plus grave depuis 1948 ». Alors que la plupart des pays occidentaux estimnt que l’Occident peut passer outre les intérêts de la Russie et des pays du Sud, les BRICS, le Groupe de La Haye (formé en janvier 2025 par les pays du Sud pour soutenir l’enquête de la CIJ sur le génocide en Palestine), l’Union africaine et les autres organisations internationales « doivent redoubler d’efforts pour rétablir le droit international », et les organisations de la société civile doivent également faire entendre leur voix. En garantissant la protection des plus vulnérables contre les plus forts, la Charte des Nations unies visait à abolir le joug colonial dont souffraient les pays en développement. Aujourd’hui, cependant, l’ONU doit être réformée afin que ceux qui enfreignent les règles de cette Charte soient traduits en justice. Et chacun d’entre nous doit aussi se mobiliser pour une contestation constructive.
Le professeur Zhang Weiwei a exprimé à son tour son indignation face aux actions de Trump au Venezuela, les qualifiant de « dangereux précédent ». Il a rappelé que les États-Unis avaient une « longue histoire d’invasions inconsidérées », estimant que la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine (NSS), qui confère aux États-Unis un pouvoir sur l’ensemble de l’hémisphère occidental, est « à courte vue et contre-productive », car elle détruit leur « soft power » en menant des opérations de changement de régime par la force, sous couvert d’une « justification humanitaire fondée sur des valeurs ». Alors que l’action américaine bafoue la Charte des Nations unies, « forgée par deux guerres mondiales », il a appelé toutes les nations à s’unir pour la sauver. Il a condamné les récentes initiatives du Japon, visant à rétablir les politiques militaristes qui ont causé tant de destructions pendant la Seconde Guerre mondiale. La Chine « n’acceptera pas le retour du militarisme japonais », a-t-il martelé, avertissant les États-Unis, entre autres, que le monde refuserait la suppression de la Charte de l’ONU.
Chas Freeman, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite, a soutenu la récente dénonciation du président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui accuse les États-Unis d’être responsables de la « dégradation des valeurs » et d’avoir laissé le monde devenir un « repaire de voleurs ». « Mon pays, a-t-il déclaré, a suivi Israël dans sa loi du plus fort », agissant comme une mafia et pratiquant le racket. « Nous entrons dans un nouvel âge des ténèbres », et le génocide à Gaza démontre que « les mots ne suffisent pas » face à de tels crimes contre l’humanité. La censure de la liberté d’expression est une « erreur de jugement désastreuse », alors même que les médias refusent de rapporter que la Russie avait des raisons d’envahir l’Ukraine, l’acte flagrant de piraterie d’un navire russe, ou que les États-Unis ont fait du Venezuela une colonie. Désormais, ils menacent même leurs alliés, le Groenland, par exemple. Concernant la « réaffirmation brutale » par Trump de la doctrine Monroe, il avertit que « le Venezuela n’est qu’un premier pas ». Face à un tel « abîme de tyrannie, la rhétorique ne suffit pas : si nous ne parvenons pas à convaincre nos gouvernements de respecter le traité de Westphalie, nous périrons ». Nos règles ont échoué, et si l’ONU ne peut imposer la paix, nous devons « trouver une solution de contournement » pour « la réparer ou la remplacer ». Assurément, a conclu l’ambassadeur, « nous pouvons enrayer cette course vers la guerre nucléaire ».
Dmitri Trenin, stratège militaire et économique russe, a donné une vision plus sombre de l’avenir, mettant en garde contre le recours à la force. Il a notamment déclaré que Trump « ne s’arrêtera pas tant que personne ne ripostera ». Si ce forum a été provoqué par l’attaque contre le Venezuela, est-ce là la véritable cause ? Il a suggéré de regarder plutôt vers l’Iran et la guerre israélo-américaine contre ce pays, qui illustre le pire de ce que peut engendrer cette situation. L’arrivée au pouvoir de Trump, a déclaré Trenin, a modifié les priorités des États-Unis, mais il s’agit toujours des mêmes politiques menées depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, « l’Occident collectif mondialiste » n’existe plus ; il s’agit désormais de la force personnelle de Trump, tandis que l’hégémonie américaine demeure. Concernant le Venezuela, l’analyste russe estime qu’il s’agissait d’un « complot interne », comme ce fut également le cas lors de la guerre en Irak. Que faire ? Trenin a proposé une coopération accrue entre la Chine et la Russie, et a suggéré que l’Iran renforce sa défense. Il craint que, ces dernières décennies, la possession de l’arme nucléaire n’ait été la seule protection des États.
Donald Ramotar, ancien président du Guyana, pays voisin du Venezuela et menacé par ce dernier au sujet de territoires contestés, a néanmoins affirmé que l’enlèvement du président Nicolás Maduro constituait un « immense recul pour l’humanité ». Les États-Unis s’affirment comme une « superpuissance coloniale, même contre leurs alliés européens ». Il y voit une forme de « MAGA » mafieuse. Le respect de la souveraineté et du droit international est bafoué, comme on l’a déjà constaté à Gaza. La cible immédiate est la Chine et les BRICS, afin de « chasser la Chine d’Amérique du Sud et des Caraïbes ». Cette offensive contre les BRICS s’explique par l’échec des sanctions visant à détruire la Russie, comme prévu, et par la crainte des États-Unis de perdre leur position de puissance unipolaire. Les défenseurs de la démocratie aux États-Unis sont impuissants et le chaos s’installe désormais dans les grandes villes américaines. Le complexe militaro-industriel contre lequel Eisenhower avait mis en garde a pris le contrôle de la politique étrangère et s’étend maintenant à la politique intérieure. Cette politique risque de déclencher une nouvelle guerre mondiale de libération, voire une guerre nucléaire. Les États-Unis doivent se mobiliser contre cette folie. Pour finir, Ramotar a félicité Diane Sare pour avoir annoncé sa candidature à la présidence des États-Unis.
Ancien sous-secrétaire général de l’ONU, Hans-Christof von Sponeck, qui a étudié et travaillé aux États-Unis, a reconnu que le pays qu’il observe aujourd’hui n’est plus celui qu’il appréciait. Il propose que l’ONU active l’article 6 de la Charte des Nations unies, qui permet d’exclure un État qui viole systématiquement la Charte, tout en suggérant qu’il serait peut-être préférable de suspendre l’adhésion des États-Unis au préalable. Il a également plaidé pour la création d’un forum social international intégré, une institution de la société civile chargée d’influencer les politiques mondiales.
Maria de los Angeles Huerta, ancienne membre du Congrès mexicain, a mis en garde contre une « brutalité sans précédent qui menacera l’année 2026 », son pays étant une cible toute désignée. Elle a décrit cette situation comme « l’agonie d’un système financier en faillite ». S’inspirant des Dix Principes d’Helga Zepp-LaRouche, elle a proposé la construction d’une liaison ferroviaire transocéanique entre les océans Pacifique et Atlantique, la création d’un fonds énergétique et financier pour protéger les pays d’Amérique latine, ainsi qu’un pacte de sécurité pour dissuader « la nouvelle politique fasciste de Donald Trump ». Elle a appelé à former un Groupe d’action chargé de trouver de nouvelles solutions et à se joindre aux actions internationales organisées le 17 janvier par le groupe Un monde sans guerre.
Namit Verma, expert en sécurité basé à New Delhi, en Inde, a déclaré que les agissements de Trump sont « si aberrants qu’ils ont forcé le monde à prendre conscience de la situation actuelle ». Le monde porte lui-même une part de responsabilité, car après la Seconde Guerre mondiale, un accord avait été conclu pour arrimer le dollar à l’or, garantissant ainsi la stabilité des taux de change. Or, le 15 août 1971, Nixon a pris la décision unilatérale de mettre fin à cette politique, et nous l’avons acceptée. Sans oublier bien d’autres trahisons. Aujourd’hui, l’Amérique est en faillite. « Avons-nous vraiment besoin de sauver un empire en faillite ? s’est-il interrogé. Le pragmatisme a fait place à l’opportunisme. » Il est temps de dénoncer la duplicité des États-Unis et de Trump.
Dennis Small, rédacteur en chef d’EIR Ibéro-Amérique, a montré l’ampleur de la bulle de la dette et des agrégats financiers du système occidental, qui s’élève à 2,4 millions de milliards de dollars. Le système est en faillite, et la situation s’aggrave encore avec la bulle des cryptomonnaies et les plans de sauvetage. Il s’agit d’une économie « schachtienne », telle que celle conçue par Hjalmar Schacht, le banquier central d’Hitler : imprimer de l’argent pour financer un renforcement militaire massif afin de sauver la bulle et l’Empire. C’est ainsi qu’un tiers du budget américain sera consacré à Wall Street par le biais des dépenses militaires et du service de la dette. L’économie mondiale est désormais gouvernée par les ambitions militaires des dirigeants occidentaux qui se préparent à une guerre contre la Russie. Small a évoqué les « Quatre Lois » de LaRouche comme alternative cruciale, notamment un Glass-Steagall mondial, la création de nouvelles banques nationales pour fournir du crédit et un contrôle des changes pour tous les pays, afin de susciter une dynamique de développement économique, avec une forte augmentation de l’emploi dans des secteurs productifs. Imaginez un pont terrestre mondial reliant les continents !
Le lieutenant-colonel (Retr.) suisse Ralph Bosshard, ancien conseiller militaire du secrétaire général de l’OSCE, a déclaré que l’attaque unilatérale contre le Venezuela envoyait au monde le message que le droit international universel était voué à disparaître. Ce n’est pas nouveau, a-t-il affirmé, car le bombardement de la Yougoslavie en 1999, sans l’aval de l’ONU, constituait déjà une violation du droit international. Aujourd’hui, des nations forment des coalitions militaires parmi les 150 pays qui ne font pas encore partie d’alliances de ce type. Parler d’une nouvelle doctrine Monroe est absurde, car la doctrine originelle visait à empêcher les puissances coloniales espagnole et portugaise d’entreprendre des opérations en Amérique du Sud, et non à faire des États-Unis une puissance coloniale, comme c’est le cas actuellement.
Une discussion entre les orateurs a suivi. Vous pouvez la retrouver dans la version en français de la vidéo de l’événement.


