4000 milliards de $, le coût réel de la guerre contre l’Iran

mardi 5 mai 2026


Le 29 avril, le sous-secrétaire du bureau de contrôle du Pentagone, Jay Hurst, a déclaré devant le Congrès américain que les 60 premiers jours de la guerre contre l’Iran avaient coûté au peuple américain environ 25 milliards de dollars. Si cette somme déjà plus que conséquente peut en effet représenter le coût des opérations militaires américaines durant cette période (d’autres affirment qu’il faut compter au moins un milliard par jour, donc 60 milliards), le bilan total est supérieur de plusieurs ordres de grandeur.

Les premières estimations indiquent en effet que si l’on prend en compte les dépenses militaires (munitions, armements, logistique), les dégâts causés aux installations militaires, les destructions infligées aux pays de la région, les retombées mondiales de la fermeture du détroit d’Ormuz et les pertes de production qui en découlent, les coûts réels atteignent au minimum 4000 milliards de dollars.

Dans un rapport d’avril dernier sur les perspectives économiques régionales, le FMI prévoit une croissance du PIB mondial de 2,6 % en 2026, dans son scénario défavorable (contre une tendance historique d’environ 3,7 %) et pouvant chuter jusqu’à environ 2 % dans le pire scénario – ce qui implique une perte de 1500 à 2000 milliards de dollars de production mondiale rien que pour 2026.

De son côté, un rapport de la banque Goldman Sachs estime que le blocage pendant 60 jours du détroit d’Ormuz devrait entraîner un recul de 0,9 % du PIB mondial et une inflation globale de 1,7 %. Le « plus grand choc d’approvisionnement énergétique de l’histoire », ainsi que l’a qualifié l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon Goldman Sachs, l’impact sur les flux pétroliers transitant dans le golfe Persique devrait se chiffrer à 17,6 millions de barils par jour, soit 18 fois la perte due à l’invasion russe de l’Ukraine.

A cela, il faut ajouter les dépenses directes générées par l’opération militaire israélo-américaine, estimées dans une fourchette allant de 40 à 200 milliards de dollars, ainsi que les destructions physiques en Iran, dans les pays du Golfe et dans les bases américaines, représentant entre 400 et 1000 milliards de dollars (le PNUD estime à 200 milliards de dollars les pertes globales sur le PIB arabe). Ainsi, l’addition pour 2026-2027 s’élèverait à environ 4000 milliards de dollars – soit, en 18 mois, la moitié de la facture cumulée au cours des deux décennies post-11 septembre dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Le facteur temps

Ajoutons que ce chiffre ne permet toujours pas de prendre la véritable mesure des destructions économiques engendrées. Alors qu’il n’a fallu que 60 jours pour détruire écoles, logements, industries et infrastructures dans l’ensemble de la région de l’Asie du Sud-Ouest (sans compter les milliers de victimes en Iran et dans les autres pays touchés), combien de temps faudra-t-il pour reconstruire ?
Quelle part des dégâts s’avère irréversible et quel sera le poids réel du fardeau subi par les pays les plus exposés ? Si l’on prend par exemple en compte la hausse des coûts de l’énergie liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, les difficultés qui se font ressentir dans les pays développés, avec la flambée des prix de l’essence, du gaz et des engrais, deviennent des questions de vie ou de mort dans les pays en développement.

Et qu’en est-il de l’impact sur le potentiel de densité démographique de la population mondiale, la mesure du véritable progrès économique physique ? Quel sera l’effet sur la capacité d’augmenter les capacités productives du travail, par habitant et par kilomètre carré, permettant de soutenir une population humaine croissante avec un niveau de vie en hausse ? Et comment estimer le prix en vies non vécues ?

Ce tableau fait émerger deux questions interconnectées : l’effondrement du système mondial en mode dépeuplement n’est-il pas l’intention même de la faction impériale depuis plus de 500 ans ?

Deuxièmement, les nations du monde doivent prendre conscience que si certaines mesures pourraient freiner l’effondrement, on ne pourra réellement l’arrêter qu’en remplaçant l’ensemble du processus géopolitique et de guerre par une nouvelle architecture mondiale de sécurité et de développement répondant aux objectifs communs de l’humanité, comme l’a préconisé dès 2022 Helga Zepp-LaRouche, la présidente de l’Institut Schiller international.

En associant cette nouvelle architecture à une ère de développement économique physique, inversant les effets pervers du colonialisme et du néocolonialisme, nous pourrons éliminer définitivement le système impérial – le reléguant à une époque révolue de la civilisation humaine.