Lettre ouverte de six personnalités allemandes
Six experts allemands de renom viennent de lancer dans le Berliner Zeitung un appel pour la paix en Ukraine. Dans une première lettre ouverte signée il y a deux ans déjà, ils appelaient à renoncer à l’illusion d’une victoire sur le champ de bataille et à privilégier la voie diplomatique pour résoudre le conflit.)]
Les signataires sont Peter Brandt, historien allemand et professeur émérite d’histoire moderne et contemporaine à l’Université de Hagen, Hajo Funke, professeur (à la retraite) de Sciences politiques à l’Institut Otto Suhr de l’Université libre de Berlin, Johannes Klotz, chef de mission adjoint à l’ambassade d’Allemagne à Lomé (Togo), Michael von der Schulenburg, diplomate et dirigeant politique du parti BSW, ainsi que secrétaire général adjoint des Nations unies, Harald Kujat, général de l’armée de l’air allemande (à la retraite), ancien chef d’état-major des forces armées (2000-2002) et président du Comité militaire de l’OTAN (2002 à 2005), et Horst Teltschik, ancien politicien et gestionnaire économique, qui fit partie du cercle rapproché du chancelier Helmut Kohl (1972 et 1990) et dirigea le Département de politique étrangère de la Chancellerie entre 1982 et 1990.
Intitulée « Ukraine et Russie : comment mettre fin à cette guerre par une paix négociée », lalettre ouverte a été publiée le 5 janvier dans le Berliner-Zeitung.
« Ce sont la raison, la coopération et l’égalité des droits pour toutes les nations qui détermineront l’avenir de l’Europe. La capitulation et les différends territoriaux non résolus ne conduiront pas à une paix durable. Les solutions équitables commencent par la façon dont s’amorcent les négociations de paix », affirment-ils en préambule de leur lettre, qui esquisse en détail une architecture paneuropéenne de sécurité et de paix d’après-guerre, créée et garantie par les États-Unis, l’Europe et la Russie.
Les accords d’Helsinki de 1975 serviront de cadre de référence.
« Il est important que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ainsi que d’autres États européens, aient décidé de s’engager activement dans les efforts du président Trump visant à élaborer un concept de négociation servant de base à l’ouverture de pourparlers de paix. Après tout, une paix juste et durable est dans l’intérêt de la sécurité de tous les Européens. Si les efforts de paix de Trump échouent, le risque est grand de voir la guerre dégénérer en un conflit européen majeur, avec la menace d’une escalade nucléaire. »
« Il est impératif de ne plus laisser les positions maximalistes compromettre le lancement des négociations de paix. Chaque partie devra faire des concessions douloureuses. L’expérience de ces dernières années nous a appris que le prix du refus de négocier est plus élevé que celui du compromis. Cela signifie également que le début des négociations ne doit être ni retardé ni mis en péril. Une défaite militaire de l’Ukraine ou un cessez-le-feu non encadré, sans cadre politique, aggraverait la situation sécuritaire en Europe, au lieu de l’améliorer. »
« Seul un accord de paix répondant aux intérêts de l’Ukraine et de la Russie et acceptable à la fois pour les États-Unis et l’Europe, permettra de créer les conditions d’un ordre de sécurité et de paix paneuropéen juste et durable. Dans un esprit d’affirmation de soi, les Européens doivent assumer la responsabilité de notre continent, d’une paix et d’une liberté véritables, d’une Europe stable et d’un ordre international qui apaise les conflits au lieu de les attiser. »
Les auteurs de cette lettre appellent les parties en conflit à cesser de se considérer comme des adversaires et à s’engager à revenir aux principes de sécurité égale et indivisible, à renoncer à toute poursuite des hostilités, à accepter une zone démilitarisée de 60 kilomètres de large, formée par la ligne médiane du front, ainsi qu’à accepter que cette zone soit surveillée par une force de maintien de la paix de l’ONU, conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, excluant la participation de forces armées d’États membres de l’OTAN. Tous les différends devront être résolus sans recours à la force, par la médiation des États garants ou, si nécessaire, par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Pour qu’un accord de paix soit possible, affirment-ils en outre, les deux parties doivent faire des concessions, y compris sur la question territoriale. Une importante concession que devra faire l’Ukraine sera de retirer de sa réforme constitutionnelle de février 2019 toute mention de son intention d’adhérer à l’OTAN. « L’Ukraine réaffirme son intention solennelle, écrite dans la Déclaration de souveraineté de l’État du 16 juillet 1990, de devenir un État neutre de façon permanente, ne participant à aucune alliance militaire et adhérant aux trois principes suivants : ne pas accepter, fabriquer ou acquérir d’armes nucléaires. Les fondements du futur État ukrainien ont été intégrés au préambule de la Constitution par la Déclaration d’indépendance du 24 août 1991, ainsi que le rappelle la lettre.
Les différends territoriaux seront résolus par référendum. La Russie et l’Ukraine retireront leurs troupes de Donetsk et de Louhansk. De plus, « tous les membres des forces armées étrangères, y compris les forces irrégulières, les conseillers militaires et les membres des services de renseignement étrangers, seront retirés du territoire ukrainien dans les 30 jours suivant la conclusion du traité de paix. » Les élections ukrainiennes se tiendront 120 jours après le traité de paix
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Les mesures suivantes pourraient constituer les premiers pas vers la création d’un ordre de sécurité et de paix paneuropéen après la conclusion d’un traité de paix.
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