Les mesures malthusiennes de diminution drastique du nombre de médecins, d’infirmières et les contraintes budgétaires imposées depuis 40 ans par les gouvernements successifs mettent le service de santé public dans un état de délabrement intolérable. Leurs ministères de la santé ont imposé une « régulation financière sans négociation », et ceci année après année, par un ONDAM (Objectif national de dépenses d’Assurance-maladie) hospitalier inférieur à l’augmentation des dépenses, mettant la plupart de hôpitaux en déficit et entraînant la fermeture de 100 000 lits sur les 20 dernières années par pure rentabilité financière.
Aussi la pandémie de Covid n’est qu’un révélateur d’une crise profonde des services hospitaliers publics. Celle-ci n’est que la conséquence fatale de la mise en place, en 2009, de la loi HPST, Hôpital, Patients, Santé et Territoires qui a imposé la T2A (tarification à l’acte) et entraîné l’épuisement d’un personnel de santé de plus en plus réduit.
Par cette loi, on a appliqué à l’hôpital public les dogmes de la pensée néolibérale issue des années 1980 de l’école ultra-libérale de Chicago : « Toute activité humaine pouvant donner lieu à une activité privée tarifiée doit être mise en concurrence car celle-ci permet d’obtenir la qualité au plus bas coût, la meilleure efficience ». Depuis, une direction de gestionnaires — sans aucun cursus médical — à la tête d’un hôpital devenu entreprise imposent le « néomanagement » bureaucratique à flux tendus. Aujourd’hui l’hôpital public compte 103 000 personnels administratifs qui imposent leur « optimisation de la chaîne de valorisation » des actes médicaux à 99 000 médecins.
Au contraire, le service public doit être supervisé par des citoyens responsables et organisé avec la participation des personnels de santé :
Nous appelons à un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, pour de vrai, sans élucubrations patriotardes.