Séminaire organisé par l’Ambassade de Chine en France
C’est au Centre culturel de Chine que s’est tenu, le 26 août, en présence de M. l’Ambassadeur Deng Li, un séminaire à l’occasion de la parution en français du Ve volume de Xi Jinping, La gouvernance de la Chine. Les interventions et les riches échanges qui s’ensuivirent ont montré une réelle volonté de la part des responsables français présents de comprendre la perspective de la Chine et de voir comment l’intérêt bien compris de la France est de coopérer avec elle, dans le contexte de la vision qu’elle propose d’un avenir partagé de l’humanité.
Cette réunion s’est tenue à un moment où le monde risque de basculer, de proche en proche, vers un conflit nucléaire qui représenterait ce que le général de Gaulle appelait un anéantissement de l’humanité, si rien n’est fait pour mettre en place une nouvelle architecture de paix, un ordre gagnant-gagnant pour le bien commun.
Christine Bierre,
Rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité.
« L’Ambassadeur Deng Li a souligné dans son discours que le tome V de Xi Jinping : La gouvernance de la Chine, est une clé pour comprendre la théorie et la pratique de la modernisation à la chinoise, et mieux comprendre la Chine d’aujourd’hui. La modernisation à la chinoise se caractérise par une population très nombreuse, la recherche de la prospérité commune, l’équilibre entre les civilisations matérielle et immatérielle, une coexistence harmonieuse homme-nature et la poursuite de la voie du développement pacifique. La direction du Parti communiste chinois est le trait le plus marquant et le plus grand atout de la modernisation à la chinoise.
Selon l’Ambassadeur Deng Li, depuis que le président Xi Jinping a proposé l’Initiative pour la gouvernance mondiale il y a près d’un an, celle-ci a fait l’objet d’un large soutien de la communauté internationale. Guidée par la vision de la communauté d’avenir partagé pour l’humanité, la Chine entend promouvoir la mise en œuvre de ses Initiatives mondiales pour le développement, la sécurité, les civilisations et la gouvernance, et contribuer avec la France, l’Europe et tous les autres pays du monde à la paix, au développement et à l’ordre international.
M. Jacques Cheminade, président du parti Solidarité & progrès, M. Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement, Mme Sybille Dubois-Fontaine, directrice générale de Comité France-Chine, M. Jean-Pierre Page, ancien responsable du Département international de la CGT et ancien membre du comité central du PCF, ont participé au séminaire. Selon eux, le tome V de Xi Jinping, La gouvernance de la Chine, est une référence pour la communauté internationale pour comprendre la modernisation à la chinoise. Les importantes réflexions et initiatives avancées par le président Xi Jinping visent à servir le peuple chinois et à promouvoir la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. Elles apportent espoir et certitude à un monde en bouleversement.
Les ministres Chen Li et Shen Gang de l’Ambassade de Chine, le représentant du Bureau des publications en langues étrangères de Chine, Zhang Liang, ainsi qu’une soixantaine de personnalités françaises ont assisté à l’événement. »
Fin du communiqué de l’Ambassade
La modernisation de la Chine, un ordre gagnant-gagnant pour le monde
Si vous vous étiez endormis pendant cinq ans dans une grande ville française ou européenne, vous ne seriez pas trop surpris en vous réveillant. Vous verriez relativement peu de changement. En Chine, au contraire, vous constateriez que ce n’est plus comme avant et vous devriez faire un effort pour réadapter votre regard, percevant les constructions nouvelles tout en reconnaissant en même temps leur caractère chinois : une nouvelle ère du socialisme aux caractéristique chinoises.
La pensée de Xi Jinping anime ce changement. Le cinquième volume de sa gouvernance de la Chine élève à un niveau plus global ses trois initiatives précédentes, Initiative pour le développement mondial (21 septembre 2021), Initiative pour une sécurité mondiale (21 avril 2022) et Initiative de civilisation mondiale (15 mars 2023). Aujourd’hui, son Initiative pour la gouvernance mondiale, du 1er septembre 2025, porte le flambeau avec les yeux du futur.
Il ne s’agit pas, bien entendu, d’une addition de concepts mais du développement légitime d’un principe directeur, impliquant une mobilisation pour la paix mondiale située dans une vision de longue portée. Chacune de ces Initiatives a son propre objectif mais elles se renforcent mutuellement. Me vient à l’esprit ce que confiait Confucius : « Si on veut s’élever, il faudra aussi aider l’autre à s’élever, aider aussi l’autre à parvenir là où l’on entend parvenir. »
Ensemble, les Initiatives de Xi Jinping apportent une espérance et une certitude dans un monde menacé par la guerre, la désintégration du système financier occidental, et par une géopolitique fondée sur le réarmement et les sanctions menaçant de conduire à une catastrophe mondiale. La Chine, elle, se tient du bon côté de l’histoire, celui de la paix et du progrès de l’humanité, en préconisant l’unité et la coopération plutôt que la division et l’affrontement.
Il serait indispensable d’examiner d’abord point par point le contenu de ces Initiatives de Xi Jinping et de son cinquième tome de la gouvernance de la Chine. Faute de temps, nous ne pouvons pas le faire ici. Cependant, nous pouvons nous enrichir des principes qui ont orienté l’approche de sa pensée et la manière de la mettre en œuvre. En ayant constamment à l’esprit que cette pensée s’inscrit dans une dynamique de continuité, nourrie d’éléments nouveaux visant à servir le peuple chinois et à élever constamment le niveau de la communauté de destin pour toute l’humanité, en intégrant la théorie et la pratique.
Le Parti communiste chinois joue le rôle d’éclaireur, d’organisateur et de promoteur dans cette longue marche entamée depuis 77 ans. Il est impératif, affirme Xi Jinping, « que chacun d’entre nous n’oublie jamais son aspiration première et sa mission fondatrice, en demeurant constamment modeste, prudent et voué à un travail intense, et que nous ayons le courage et la capacité de poursuivre notre combat ». Ainsi le Parti communiste est fondé sur la primauté du peuple et celle de « guider la révolution sociale par son auto-révolution ». Mal comprise en Occident, cette notion d’« auto-révolution » est pour moi fondamentale car elle se fonde sur la fidélité aux principes fondateurs dans l’esprit de la dynamique révolutionnaire, en étant préparé à « explorer l’inconnu », comme l’a dit un jour Xi Jinping sans craindre de citer le grand penseur indien Rabindranath Tagore. Ainsi le Parti est composé de chercheurs, d’ingénieurs, de scientifiques qui portent la Chine de l’avant.
Le gros œuvre de « modernisation socialiste » anime le XVe Plan quinquennal reposant sur « l’indépendance et la puissance des sciences et technologies chinoises », pour « aller de l’avant à pas assurés vers la prospérité commune ». Je juge ce rapport entre les deux choses, « science et prospérité commune », comme la détermination fondamentale sur laquelle repose « le régime socialiste à la chinoise ». Ce mode de penser évite à la fois l’immobilisme doctrinal et une fuite en avant dangereuse, en mettant l’accent sur la découverte de nouveaux principes physiques – les sciences – et leur application sous forme d’innovations communes au bénéfice de tous.
C’est ainsi que la Chine a arraché à l’extrême pauvreté toute sa population, atteignant une durée moyenne d’espérance de vie supérieure à l’américaine. Elle est parvenue au premier essai à poser un rover sur Mars, avec une fusée, un orbiteur et un atterrisseur chinois, et à faire un pas décisif en avant dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la robotique. D’une société modérément prospère, la Chine se trouve engagée, avec la pensée Xi Jinping, vers une société de culture socialiste avancée. Une attention très grande, à travers les moyens numériques modernes, est donnée par le Parti aux besoins et aspirations du peuple – une démocratie délibérative à la base et consultative au sommet. Il y a ainsi dans chaque région, entre la base de la population et le Comité central du Parti, non seulement une circulation de l’information mais une forme de participation que trop souvent, les pays occidentaux ne veulent pas voir.
Je conclurai en disant que pour la France, la Chine, médiatrice, inspiratrice et catalyseur de forces, ne devrait en aucun cas constituer une menace, mais doit devenir un partenaire pour définir un avenir en commun. Je voudrais que la France puisse jouer ce rôle avec la Chine, pour la paix par le développement mutuel.
Permettez-moi de vous dire, au-delà des malentendus, que la visite du pape Léon XIV en France peut aider à définir cette démarche gagnant-gagnant, entre le basculement du monde vers l’Asie et un esprit occidental retrouvant ses sources, qu’il a aujourd’hui malheureusement abandonnées. Ses sources qui ont inspiré en janvier 1964 le général De Gaulle à reconnaître la République populaire de Chine.
Déjà, en Chine et parmi les pays membres des BRICS, en particulier le Brésil, on exprime la volonté de parvenir à une nouvelle architecture de paix par la sécurité et le développement mutuels. Je sais que Xi Jinping en est pleinement conscient car il a mentionné à d’assez nombreuses reprises l’esprit de la Paix de Westphalie, exprimé en Chine par celui de Liuchi Abbey. Ce que Xi Jinping appelle une diplomatie de peuple à peuple, dans un esprit gagnant-gagnant, définit pour moi un chemin fondamental vers la paix. Il y a urgence : les forces du lobby techno-militaro-financier qui occupent les pays occidentaux nous mènent à la guerre, si nous ne nous battons pas pour l’alternative. Soyez convaincus que l’Institut Schiller international, présidé par Helga Zepp-LaRouche, et de nombreux mouvements pour la paix dans le monde, sont associés à cette ardente obligation que nous partageons.
Jacques Cheminade en tournée pour dédicacer son livre

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