Les repères
Notre pays se trouve sous la coupe d’une fausse élite issue de la connivence entre la grande banque, le monde des affaires et des intermédiaires affairistes, les grands corps de la haute administration, la politique, la justice, le journalisme parisien, les arts et les lettres et l’édition. Il s’agit d’une caste imprégnée de ce culte de l’avoir et de la jouissance immédiate que propagent ceux qui opèrent sur le court terme des marchés. Cette élite pervertie est l’émanation de la mondialisation financière : elle dégrade les êtres humains en exacerbant leur désir de posséder, en tourmentant leurs anxiétés et en flattant leurs ressentiments.
C’est cette fausse élite que ma campagne combat. Les Français la rejettent. Cependant, face à elle, ils sont indignés, atterrés ou passifs et ne conçoivent donc pas d’alternative. Ma candidature vise à leur redonner force et confiance, une fonction présidentielle retrouvée ayant pour mission de redéfinir les principes de l’action publique en éclairant le peuple, en émancipant sa participation citoyenne et en combattant ses ennemis.
Je ne passerai pas mon temps à blâmer les fautes des autres même si elles sont terribles – et elles le sont – mais à apporter une espérance avec un projet rassemblant les forces vives et créatrices de mon pays. Le défi est de rouvrir le champ politique à ceux qui en ont été progressivement et insidieusement exclus.
Ma candidature vise à leur redonner force et confiance.
Cela, comme je l’affirmais en 2012, revient à prendre au sérieux les principes de nos textes fondateurs, que la France a signés et ratifiés et dont nos dirigeants trahissent l’esprit :
Mon objectif est de faire revivre ces textes et leur esprit en ouvrant des pistes pour « élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine », comme le voulait Lazare Carnot. Car pour moi, la liberté ne consiste pas seulement à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, mais à faire à son avantage tout le bien qu’on voudrait qu’il nous fit.
C’est possible si l’on est convaincu que la France est « une certaine idée » qui s’accomplit dans l’histoire, en prenant constamment conscience de son sens, pour le bien commun non seulement d’elle-même mais de tous les peuples. C’est possible si l’on croit à l’article 2 de notre Constitution, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Ma candidature présidentielle vise à redonner substance à ces repères, dans la réalité concrète de l’action quotidienne, pour qu’ils ne restent pas le décor cynique d’une farce politique au moment où le monde est sous la double menace d’un chaos financier et d’une guerre de tous contre tous s’ils continuaient à ne plus être respectés.
Je suis convaincu que notre peuple devient plus que jamais capable de comprendre son intérêt si quelqu’un lui fournit les repères nécessaires à son intelligence et à son cœur. Je pense que nous sommes dans la situation de ce que Rosa Luxemburg appelait une « grève de masse », dans laquelle le peuple ne veut plus de ceux qui l’ont abusé mais ne sait pas vers qui ou quoi se tourner. C’est une situation à la fois très dangereuse et très prometteuse, vis-à-vis de laquelle, malgré mon âge biologique, je me sens bien plus jeune que ceux qui ont fait carrière dans les écuries du pouvoir et se prétendent tous contre le système qui les a nourris. La souveraineté nationale, pour servir la cause des Français et celle de l’humanité, et la souveraineté individuelle, pour servir les causes de la souveraineté nationale et de l’humanité, sont ce qui inspire mon combat et celui des jeunes qui m’entourent. Tous nous exigeons un futur, contre ceux qui oppriment notre part d’humanité.
Ceux qui m’ont lu et écouté en 1995, en 2007 et en 2012 pourront constater que mes principes et la façon de les exprimer n’ont pas changé. C’est parce que ceux à qui je m’oppose n’ont pas arrêté de les trahir.
...malgré mon âge biologique, je me sens bien plus jeune que ceux qui prétendent être tous contre le système qui les a nourri...