Pour ceux qui pourraient encore en douter, les récents événements – de l’enlèvement du président vénézuélien Maduro au meurtre d’Alex Pretti à Minneapolis, en passant par les menaces de Trump sur le Groenland – démontrent que le monde est devenu une véritable poudrière prête à exploser à tout instant.
Cependant, une dimension échappe encore à l’immense majorité de la population, et qui explique en grande partie pourquoi nous en sommes là : les élites de « l’anglosphère » et une partie des populations de « l’Occident collectif » nagent dans un océan d’illusions, qui les conduit à croire en leur supériorité infaillible, y compris lors d’un conflit nucléaire.
Voici quelques exemples récents du type d’illusion dans lesquelles ils se complaisent :
- Tout va pour le mieux au Venezuela : l’Amérique va partager ses revenus pétroliers, ce qui entraînera un boom économique pour l’économie vénézuélienne et rapportera au peuple américain.
- L’embargo que les États-Unis vont mettre en place pour empêcher l’arrivée de capitaux à Cuba obligera ce pays à capituler en faisant « un deal » avec Trump.
- Les agents de l’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) à Minneapolis, injustement accusés de meurtres barbares, doivent être protégés.
- Imposer de nouvelles sanctions à la Russie la forcera à faire des concessions à l’Ukraine et à mettre fin à la guerre.
- Les Groenlandais et les Canadiens souhaitent faire partie des États-Unis, c’est évident.
- Les États-Unis et Israël pourraient facilement écraser l’Iran.
- Gaza sera reconstruite en une magnifique station balnéaire en moins de trois ans, et 2 millions de Palestiniens pourront y vivre dans un bonheur parfait.
- Après une guerre nucléaire, l’important sera de s’assurer que les Etats-Unis disposent de suffisamment d’armes pour préserver leur hégémonie mondiale.
- Le système de défense anti-missiles « Dôme d’or » protégera toute l’Amérique du Nord contre toute attaque nucléaire.
- Le président Trump a mis en œuvre la plus grande reprise économique de l’histoire américaine, qui n’a pour rivale que celle engagée sous l’administration Biden.
L’élite occidentale, fortement contaminée par cette soupe d’illusions, s’est réunie à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial, présidé par le PDG de BlackRock, Larry Fink (coprésident par intérim) qui lorgne sur l’Ukraine.
Percer le dôme des illusions
L’Institut Schiller international, présidé par Helga Zepp-LaRouche, et Solidarité & Progrès en France, sont sur le pont pour percer ce dôme d’illusions. La semaine dernière, deux contributions ont permis d’ouvrir des brèches.
Le 23 janvier, lors de la 138e réunion de la Coalition internationale pour la paix, Ted Postol, professeur émérite de science, technologie et politique de sécurité nationale au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a balayé l’argument selon lequel l’annexion du Groenland offrirait des avantages stratégiques aux États-Unis.
Il a également démontré, illustrations à l’appui, que le projet de système de défense antimissile multicouche, baptisé « Dôme d’or », est techniquement irréalisable. Neutraliser un ICBM (missile balistique intercontinental) lors de sa phase initiale de lancement ne nécessiterait pas moins de 1200 satellites, et pour maîtriser le lancement simultané d’une centaine de missiles, il en faudrait donc 120 000 !
A supposer qu’une telle contrainte physique puisse être surmontée, cela coûterait entre 8000 et 15 000 milliards de dollars, une somme énorme.
En quelques minutes, le scientifique a démontré que tous les arguments avancés dans la lettre étrange de Donald Trump au Premier ministre norvégien n’avaient aucun fondement réel.
La seconde intervention était celle du colonel (à la retraite) Douglas Macgregor, ancien conseiller de Trump à la fin de son premier mandat, et aujourd’hui ami et collaborateur de Diane Sare, candidate à la présidentielle américaine pour l’Organisation LaRouche.
En tant que président de la « National Conversation », un think tank s’opposant à la dérive des États-Unis vers la guerre civile et la guerre tout court, Macgregor a publié, le 22 janvier, une vidéo percutante de 10 minutes intitulée « Gain de fonction nucléaire ».
Dans cette vidéo, Macgregor rappelle que le traité START expirera le 5 février (à ce jour, le dernier traité de limitation d’armement encore en vigueur) et que le président Donald Trump n’a toujours pas répondu à la proposition du président Poutine visant à le prolonger jusqu’à ce qu’un nouveau traité de contrôle des armements nucléaires puisse être négocié.
Un électricien intervenant à votre domicile est soumis à davantage de réglementations de sécurité que les fabricants actuels de bombes nucléaires, assure l’ancien militaire, ajoutant qu’après l’expiration du traité, la recherche sur le « gain de fonction » concernant la létalité nucléaire n’aura plus de limites et qu’il n’existe aucun garde-fou pour protéger la population, y compris contre un lancement accidentel.
Le colonel Macgregor en appelle au président Donald Trump pour qu’il s’engage à « défendre un accord mondial de non-utilisation en premier des armes nucléaires » entre les neuf puissances nucléaires.
Les élites occidentales finiront bien par découvrir que ce n’est pas parce qu’elles affirment que la Lune est faite de fromage vert que c’est le cas, et que l’univers ne va pas se plier à leur délire. La question est de savoir combien d’êtres humains devront payer le prix de leurs agissements suicidaires.


