Que veut dire ce titre ? Que les régimes en place dans les pays occidentaux nous trompent en vidant les mots de leur sens réel et que définir la paix comme volonté de bien nourrir les êtres humains ramène à la réalité ! Cette réalité est bafouée par les tenanciers du tripot financier mondial, dont Donald Trump est devenu le croupier en chef. Tout son entourage de milliardaires organise ou participe à ce jeu, avec paris sur produits financiers dérivés, paris sur les prix et non sur la valeur réelle des biens et, désormais, avec le grand jeu des cryptomonnaies.
Les noms de David Sacks, le roi des cryptos à la Maison-Blanche, Scott Bessent, secrétaire au Trésor, Stephen Miran, chef du Conseil d’analyse économique à la Maison-Blanche, Paul Atkins, à la tête de la Security Exchange Commission, ou surtout Peter Thiel ne vous disent rien ? Ce sont pourtant eux qui, publiquement, estiment devoir être les maîtres du monde, avec leurs mentors historiques de la City de Londres. Eux qui font de l’argent avec de l’argent, sans autre investissement dans l’univers physique que le réarmement pour imposer leur fausse monnaie. Eux pour qui Donald Trump et sa famille sont des marionnettes vouées à dominer par la peur.
Donald Trump entend créer un Conseil de paix – voilà un mot volé – censé se substituer aux Nations unies, dont il feint de déplorer la faiblesse. A sa main : il en sera le premier président et pourra le rester jusqu’à la fin de ses jours, son règlement prévoyant qu’il ne peut être remplacé qu’en cas de démission volontaire ou d’incapacité constatée à l’unanimité de son Conseil exécutif.
Sur la scène, on entend Trump proclamer que rien ne peut l’arrêter si ce n’est ce qu’il appelle sa « propre morale », se prétendant juge, partie et haut-parleur. La mainmise sur le Venezuela, toute l’Amérique latine, le Groenland et le Canada sont au programme. L’Union européenne étant, elle, vassale par nature, tombée tête baissée dans le piège de l’Ukraine, avec sa « Coalition des volontaires », divisée et va-t-en guerre, empêchant par ses gesticulations toute alternative avec la majorité mondiale, la Chine et la Russie. La finance, ainsi livrée à elle-même, détruit tout, même les banques qu’elle transforme en casinos, et fait des Etats ses serviteurs qu’elle organise pour la guerre et son ordre impérial.
La France et même les Etats-Unis sont colonisés par ce système de crédit et de capital fictifs. Aujourd’hui, c’est la politique de Hjalmar Schacht et de ses Mefo Bills, les cryptos de l’époque, qui prévaut : une fausse monnaie pour alimenter une machine de guerre, assassinant et kidnappant ceux qui s’opposent à elle, comme en son temps elle a parrainé l’assassinat des frères Kennedy et tenté d’éliminer De Gaulle.
Alors, que faire ? D’abord ne pas jouer leur jeu. Or, chez nous, l’union des droites et ultra-droites s’y livre. Elle a accueilli Trump en sauveur, lui qui prétend vouloir que le pouvoir revienne à des patriotes en Europe. Sans voir que par « patriotes », il entend domestiques. Il n’a pas tort : Marine Le Pen et Jordan Bardella vont à Flamanville pour appeler à brancher l’énergie nucléaire française sur la production de bitcoins. Au Sommet des libertés de juin 2024, Pierre Noizat, le roi français des bitcoins, avait un stand et était à l’honneur, tandis que Sarah Knafo se rêve en Seigneur des anneaux.
Hélas, trop de souverainistes croient à l’affaire, et bien que l’extrême-gauche ait présenté une proposition de loi pour sortir de l’OTAN, d’une part elle ne prépare en rien les moyens d’y parvenir et d’autre part, elle n’a aucun projet économique qui ouvre au peuple les yeux sur ce que devrait être une politique d’ensemble positive pour tous, et non un pari sur des positions électoralistes.
Paix.
Alors, la bonne bouffe ? La France doit, par sa nature, s’y identifier. C’est la révolte de nos paysans à laquelle il faut répondre par une politique de justice et de cohésion nationale et c’est, à l’international, une nouvelle architecture de développement et de sécurité mutuels pour tous, repère et horizon. Peut-être en réfléchissant que la France et la Chine ont un même goût pour la bonne bouffe et qu’elle ne peut exister là où règne la malbouffe monétaire. C’est cela être réaliste. Cela s’appelle la paix. <carre|>



