Le monde n’a sans doute jamais été aussi proche d’une guerre directe entre l’Otan et la Russie. En effet, les États-Unis semblent sur le point de donner à l’Ukraine leur feu vert pour utiliser des missiles à longue portée, permettant d’atteindre des cibles en territoire russe.
Toujours plus près du gouffre
Pendant l’été, nous avons averti que la période d’août à novembre (depuis l’attaque ukrainienne dans la région russe de Koursk, début août, jusqu’aux élections présidentielles américaines du 5 novembre) réunissait tous les ingrédients pour conduire à une troisième guerre mondiale, voire même à une guerre nucléaire, si rien n’était fait pour stopper la course folle des va-t-en-guerre de Washington et Londres.
Ceux qui seraient tentés de crier au « catastrophisme » ou de continuer à faire l’autruche feraient bien de considérer de près les récents développements suivants, qui se sont déroulés en l’espace de quelques jours.
L’armée ukrainienne ne peut ni attribuer de missions, ni guider par elle-même des armes de précision aussi sophistiquées, a en effet déclaré Poutine, ajoutant que par conséquent, si la décision est effectivement prise de les utiliser (...) cela signifiera leur implication directe [des États-Unis et l’Otan] dans le conflit, et cela changera clairement l’essence même, la nature même du conflit de façon spectaculaire. Cela signifiera que les pays de l’Otan – les États-Unis et les pays européens – sont désormais directement en guerre avec la Russie. Et si tel est le cas, alors, en gardant à l’esprit le changement dans l’essence du conflit, nous prendrons les décisions appropriées en réponse aux menaces qui seront posées à nous.
Tout cela en l’espace de trois jours. Deux jours plus tard, le dimanche 15 septembre dans l’après-midi, un homme a tenté d’assassiner Donald Trump, sur le terrain de golf du candidat républicain, à West Palm Beach. Arrêté par le FBI, l’homme, qui répond au nom de Ryan Routh, s’avère être un fanatique pro-ukrainien. Il s’était rendu à Kiev en 2022, bien qu’on ne sache pas s’il a combattu sur les lignes de front. Dans certains de ses commentaires retrouvés sur les réseaux sociaux, Routh affirmait : « Nous devons réduire le Kremlin en cendres et en finir avec Poutine et la Russie », ou encore : « Toutes les nations doivent être prêtes à bombarder Moscou maintenant, à tuer Poutine, à mettre fin à la guerre. »
Il n’y avait pas de meilleure façon d’enlever les mots de la bouche des docteurs Folamour du complexe militaro-financier de Londres et Washington...
Précisons que, pendant ce temps à Moscou, si Poutine n’est pas partisan de l’utilisation préventive de l’arme nucléaire, le camp de la guerre se durcit et pousse le président russe dans ce sens afin de montrer à l’Occident que la Russie ne bluffe pas. « Il est grand temps que nous déclarions que toute frappe massive contre notre territoire nous donne le droit de répondre par une frappe nucléaire », a déclaré le stratège chevronné Sergueï Karaganov dans le quotidien Kommersant. Karaganov, qui est suivi par de nombreux lecteurs, est président honoraire du Présidium du Conseil de la politique étrangère et de défense, et il a lancé à plusieurs reprises des appels à l’emploi des armes nucléaires.
Vendredi, juste avant la rencontre Biden-Starmer, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a admis que l’avertissement sévère du président russe avait bien été enregistré à Washington, déclarant que « oui, nous prenons ces commentaires au sérieux » ; ce qui ne l’a pas empêché d’ajouter avec dédain : « Mais ce n’est pas quelque chose que nous n’avons jamais entendu auparavant » — une déclaration qui montre que, même si Biden et Starmer n’ont finalement pas fait d’annonce officielle, les fous du canon sont bien agrippés au gouvernail américain.
Il s’agit d’une « situation extrêmement alarmante », a déclaré le 13 septembre Helga Zepp-LaRouche lors de la réunion hebdomadaire de la Coalition internationale pour la paix. « Je pense que nous sommes à un point de non-retour. (…) Cela rapproche le danger d’une escalade nucléaire à quelques jours de distance ».