Le déferlement de propagande contre la Russie et son intention présumée d’envahir l’Ukraine — comme une incantation démente à ce que cela se produise — doivent nous faire réfléchir. Selon un mécanisme désormais bien rodé, la presse expose le narratif censé devenir réalité, auquel chacun est prié de souscrire sans réserve, mais en oubliant cependant de préciser que les populations russophones d’Ukraine font l’objet de mesures discriminatoires de la part de leur propre gouvernement.
Nous savons pourtant ce qu’ont coûté les narratifs de l’OTAN et des USA en vies humaines, dévastations et destructions. Rien que pour l’Irak, il y a eu, en 1991, les « couveuses koweïtiennes » puis, en 2003, les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein, mensonge asséné par Colin Powell lui-même, n’hésitant pas à présenter comme preuve un flacon contenant prétendument de l’anthrax.
Le résultat : changement de régime, guerre, une région à feu et à sang, des millions de réfugiés.
Faut-il rappeler l’incident du Tonkin, ayant entraîné la guerre du Vietnam et ses horreurs ?
Ces mensonges ont amené au déclenchement de guerres que rien ne justifiait, si ce n’est, pour ceux qui les ont provoquées, de garder leur pouvoir. En 2022, le pouvoir des médias semble être suffisamment fort pour s’affranchir de toute preuve ; la parole des services de renseignements doit être suffisante car, qui aurait l’audace de la mettre en question ?
Rappelons quelques faits connus :
Côté atlantiste :
Dans cette configuration désastreuse, où un seuil de non-retour risque d’être franchi à tout moment, faisant courir le risque d’une annihilation nucléaire pure et simple, les Européens n’ont visiblement pas encore compris qu’ils seraient les premières victimes. Pas simplement victimes physiques, mais victimes du même monstrueux calcul géopolitique qui a déjà produit deux guerres mondiales : empêcher à tout prix l’union de l’Europe de l’Ouest et de l’Eurasie, afin que l’immense potentiel physique, économique et humain demeure inexploité, ou passe sous contrôle d’un empire financier aussi rapace qu’aveugle. Tant il est vrai, comme le disait Jean Jaurès, que « le capitalisme porte en lui la guerre, comme les nuées portent l’orage ».
Il est donc temps d’exiger une nouvelle architecture internationale de sécurité, de stopper le train fou de l’OTAN avant qu’il ne soit trop tard et d’entamer un véritable dialogue stratégique avec Moscou et Pékin, sans rompre avec Washington de notre fait, mais en retrouvant notre indépendance par le rejet du commandement intégré de l’Alliance. Mission impossible ? Non, si la France devient médiatrice, catalyseur et inspiratrice d’un nouvel ordre économique mondial de développement mutuel, brisant avec le système de mondialisation financière actuel qui recourt aux armes comme instrument de chantage et non de défense nationale. Pour cela, nous devons nous rendre crédibles, non pas en posture mais par la volonté politique d’actes exemplaires et en faisant nôtre les paroles prononcées par de Gaulle le 30 juin 1966 à Moscou, lorsqu’il appelait à mettre en œuvre « la détente, l’entente et la coopération ».