Communiqué de Solidarité & Progrès

L’assemblée des hypocrites ou les peines à mourir

jeudi 16 juillet 2026

L’assemblée des hypocrites ou les peines à mourir

Communiqué de Solidarité et Progrès

Après bien des hésitations, des retournements et des frictions, l’Assemblée nationale a fini par avoir le dernier mot : la proposition de loi sur l’aide à mourir a été définitivement votée après trois rejets par le Sénat et trois adoptions par l’Assemblée nationale, par 291 votes pour et 241 contre. « Tout devrait être réglé avant l’élection présidentielle » selon l’ex-député et actuel membre du Conseil consultatif national d’éthique, Alain Claeys. Eh bien ! Tout se mesure-t-il selon les échéances électorales ?

Ce serait « un droit en plus, pas un droit en moins » a justifié Philippe Vigier (Modem), corapporteur général. Ne serait-ce pas plutôt : un vote en moins, pas un vote en plus. Car quel serait le citoyen qui pourrait exprimer son avis post mortem ?

Les communautés religieuses réagissent vivement. Le président de la Conférence des évêques, Jean-Marc Aveline parle de l’aide à mourir marquant « une rupture grave dans notre pays ». Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chem-Eddine Hafiz, a diffusé une « réflexion islamique » sur l’aide à mourir, défendant « une vie humaine sacrée ». Le grand rabbin de France a distribué aux membres des deux chambres un livret intitulé « aider à vivre : Pour des vies dignes d’être vécues jusqu’au bout ». Sébastien Lecornu a lui-même saisi pour avis le Conseil constitutionnel.

Quitte à se répéter, Solidarité et Progrès tient à souligner ici que, selon l’article 221-3 du code pénal français,

« le meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat ».

L’auteur ou le complice du délit est puni de la réclusion criminelle à perpétuité. Car qui peut assurer que l’on a pas mis à mort des personnes fragiles à qui l’on aurait pu et du apporter plus d’attention. Qui ?

Pire encore, le recours aux soins palliatifs qui par ailleurs ne sont pas financés, ne sera pas proposé avant que ne soit prise la décision de recours à l’aide à mourir.