Les éditoriaux de Jacques Cheminade
« N’ayez pas peur » de l’Europe, nous a lancé Jacques Chirac dans son intervention télévisée du 14 avril. Ce faisant, il a volontairement confondu l’Europe dans son sens historique et culturel avec l’Europe de la « Constitution », et pour défendre cette dernière, il a fait lui-même de la peur son premier argument. Le chantage est clair : si nous votions non, la France cesserait d’exister politiquement, il n’y aurait plus de politique agricole commune et une Europe désintégrée ne pourrait pas se défendre vis-à-vis des Etats-Unis.
Nous avons vu (cf. analyses de Jacques Cheminade, « Dix arguments du oui face aux faits ») que ces considérations sont sans objet. Les partisans du non, de leur côté, perdent souvent toute crédibilité en ne présentant aucune alternative. Nous l’avons fait dans nos numéros précédents. Ici, nous entendons rappeler quatre points fondamentaux :
Sans ces quatre engagements, étroitement reliés entre eux, l’Europe ne peut exister. Or la Constitution européenne empêche de les mettre en oeuvre. Par ses articles III-181 et III-188, elle interdit en effet deux choses essentielles : l’émission de crédit public productif, en reprenant les articles 104 et 109 de Maastricht, et l’intervention des institutions de l’Union européenne et des Etats membres auprès de la Banque centrale européenne et des banques centrales « nationales ».
Nous n’avons pas peur de l’Europe. Au contraire. C’est pourquoi nous voterons non à cette pseudo-Constitution castratrice, en exigeant l’extension des pouvoirs de la puissance publique, européenne et nationale, pour susciter, animer et défendre la raison d’être de notre continent.