Les analyses de Jacques Cheminade
Les analyses de Jacques Cheminade sont publiées tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade2007.org, et consitutent le principal regard du candidat à la présidentielle de 2007 sur l’actualité française et internationale.
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Les chiffres du scandale
En outre :
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Vous avez dit logement social ?
En même temps, les maires de droite mais aussi de gauche refusent de donner leur aval à des constructions d’HLM et l’Etat a libéré les institutionnels (AGF, Crédit lyonnais, GAN, Crédit foncier) de toute contrainte en matière de loyers. L’offre de logements sociaux ou même à loyer modéré est donc très insuffisante dans les villes. Tout le monde le sait, personne ne fait rien et la bulle de l’immobilier haut de gamme ne cesse de se gonfler. Le logement a été « rendu au marché » et les plus démunis livrés à la loi de la jungle. |
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Succès de la manifestation du 3 septembre
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Après les incendies qui se sont produits à Paris dans des immeubles insalubres ou squattés, avec près de cinquante morts, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il ne fallait plus laisser des êtres humains courir ce risque. Sa « solution » est de faire expulser brutalement les squatteurs et les mal-logés, sans mobiliser de moyens pour les accueillir dignement. Résultat ? Les sans-papiers retournent à la clandestinité et les autres s’entassent dans des hôtels ou du provisoire (par exemple, le Centre sportif Bourneville-Kellerman pour les sinistrés de la rue Edmond Flamand). Le cycle destructeur de l’insécurité et de l’insalubrité n’est donc pas interrompu et l’apartheid social se trouve ainsi institutionnalisé. Aucune réquisition de logements vacants sur 40 000 disponibles à Paris n’est entreprise, alors que ces familles vivent actuellement dans des conditions totalement inacceptables.
L’on sait que Nicolas Sarkozy est un admirateur des néo-conservateurs américains et de l’administration Bush. Il vient d’en administrer la preuve. Car son attitude vis-à-vis des pauvres est la même que celle de George W. Bush. A la Nouvelle-Orléans, en effet, celui-ci n’a rien fait pendant plusieurs jours pour des pauvres entassés dans un stade, dépourvus d’eau potable, de nourriture, d’électricité et d’installations sanitaires, et menacés par des épidémies. Les riches avaient pu s’enfuir, les autres ont été abandonnés ou livrés à la « charité privée ». Finalement, ils ont été entassés dans des bus cinq à huit jours après la tempête et acheminés vers d’autres stades ou, au mieux, vers des foyers d’accueil improvisés. Les malades sont souvent morts dans les hôpitaux de la ville, faute de soins.
George W. Bush a souhaité, pour conclure, qu’un « raz-de-marée de compassion » se lève dans son pays. On ne pouvait aller plus loin dans l’hypocrisie, alors qu’il est triplement coupable : pour avoir refusé des fonds pour consolider les digues protégeant la Nouvelle-Orléans, désorganisé la Federal Emergency Measures Administration (l’agence de lutte contre les catastrophes) en réorientant les fonds disponibles vers la lutte contre le terrorisme, et s’être montré incapable, une fois la catastrophe survenue, d’organiser l’intervention des secours. Le vice-président Cheney, qui tenait les commandes du pays à Washington, est sans doute davantage encore impliqué. Bush et Cheney sont responsables et coupables de la mort ou de l’abandon de milliers d’êtres humains.
On parle désormais d’un « katrinagate » à Washington, où l’on s’aperçoit que les principes du nouvel ordre néo-conservateur frappent de plein fouet le peuple américain lui-même.
Sarkozy au pouvoir en France, avec les mêmes convictions et le même abandon des plus démunis, conduirait aux mêmes conséquences. Une Europe constituée autour de l’axe Merkel-Blair-Sarkozy ne serait pas en effet un changement de majorité, mais un changement d’ordre politique : l’abandon de fait de la République, avec le rejet des démunis et de l’égalité des chances, et le règne du triage social affiché sans scrupules. Avec l’Etat policier chargé de le faire respecter.
Dernier point de détail : les quarante-huit victimes des incendies de la rue de Provence, de la rue Edmond Flamand et de la rue du Roi-Doré étaient toutes d’origine africaine. Comme la quasi-totalité des victimes de la Nouvelle-Orléans...
Dans un article publié dans Libération du mercredi 7 septembre, Louis Bertrand, doctorant à l’Institut d’urbanisme de Paris (Paris XII) et membre du Collectif des jeunes chercheurs contre la précarité, dénonce l’aggravation de la situation des plus démunis dans l’accès au logement. Tout y contribue, dans la logique d’une société à priorité financière ne servant que le « marché rentable » :
Conclusion : 30% des SDF travaillent mais n’ont pas de logement, et quand on est intérimaire, en CDD ou en contrat nouvelle embauche, on ne peut ni contracter un emprunt ni « répondre à l’inflation des exigences des propriétaires à l’entrée dans un logement ». Il se crée ainsi une catégorie sociale en augmentation continue de travailleurs appauvris et mal logés, exclus à la fois de la propriété et d’un loyer abordable.