par Jacques Cheminade
Face à une désintégration du système financier et monétaire international, qui est en même temps l’une des pires crises sociales de l’histoire humaine, les vingt principaux pays du monde réunis à Washington n’ont été capables de présenter qu’un pudding mal cuit de mesures inconsistantes. Leurs efforts n’ont pas été mis à concevoir un ordre fondé sur le financement de grands projets d’équipement pour relancer l’économie, mais à maintenir le système monétariste existant.
Alors que l’effondrement des hedge funds hyperspéculatifs et des pyramides de produits financiers dérivés se profile à l’horizon, les participants ont préféré faire semblant de pouvoir guérir un mort plutôt que de changer de système. Ils se sont ainsi rendus complices d’une nouvelle barbarie. Désormais le défi, pour nous tous, est clair : briser avec une règle du jeu devenue folle, dans laquelle les joueurs participent à leur propre destruction.
Ce sera le thème de l’intervention de Lyndon LaRouche sur Internet le 18 novembre à 19 heures, heure française, que vous aurez déjà pu voir et entendre en lisant ces lignes. Simplement, il faut dire tout de suite quatre choses :
Bref, par rapport à l’objectif d’un Nouveau Bretton Woods, conçu contre la barbarie financière et une conception prédatrice de l’homme, la réunion de Washington ne représente aucun progrès. Les pratiques désastreuses des changes flottants, des paradis fiscaux, des détournements d’épargne par les « carry trade » (on emprunte à bon marché dans une devise pour effectuer des placements spéculatifs dans une autre) et des montages financiers destructeurs n’ont pas été réellement mises en cause. On a simplement tenté de distribuer quelques carottes à la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil pour qu’ils ne perturbent pas la danse macabre. L’ignominie rejoint ainsi l’incompétence. Le pudding mal cuit est de surcroît empoisonné, comme dans ces nouvelles anglaises où une vieille dame apparemment faible et doucereuse finit par avoir raison de tous ses invités.
Un Nouveau Bretton Woods, non frelaté et non faussé, c’est au contraire un retour positif à la « cause de l’humanité », inspiré par les choix du New Deal de Roosevelt et de la reconstruction d’après-guerre en Europe. En se rappelant que ces politiques impliquent que le gouvernement prenne un pouvoir de contrôle sur les banques et le commerce extérieur.
Le moment est venu, dans le monde entier, pour que des citoyens reprennent en main leur propre destin et imposent ce que Jaurès appelait « un ordre juste », seule solution, alors comme aujourd’hui, pour échapper à l’horreur.