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La pire erreur que l’on puisse commettre en Europe serait de se décourager et de cesser de mobiliser tous azimuts contre le danger d’une guerre avec l’Irak. Car la guerre n’est pas fatale. Tout n’est pas joué aux Etats-Unis et le parti des faucons n’a pas encore les mains libres. Bien sûr, on peut regretter que tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU aient voté la résolution anglo-américaine. Mais cela ne veut pas dire que la guerre s’ensuivra automatiquement.
Aujourd’hui, comme en 1932-1933, la combinaison de la dépression économique et de la crise financière mondiale est à l’origine de la dynamique de guerre. Le fascisme et la guerre menacent à nouveau et le pire serait d’en taire les causes profondes, à savoir l’effondrement financier. Si nous voulons vraiment empêcher la guerre, nous devons changer l’agenda de la politique mondiale.
A Phnom Penh, un premier pas dans ce sens a été franchi lors du sommet des chefs d’Etat de l’ASEAN, de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et de l’Inde. Là, ils ont envisagé la réalisation de la ligne ferroviaire transsibérienne reliant Pusan, en Corée du Sud, à la Russie et au-delà à l’Europe, autrement dit le pont terrestre eurasiatique comme stratégie consciente pour éviter la guerre. L’idée est d’unir l’Eurasie de l’Atlantique à la mer de Chine, en traçant des corridors de développement pour désenclaver les régions les plus démunies et créer un vouloir-vivre en commun, s’étendant vers l’Afrique et le reste du monde. Ils ont également discuté de la nécessité d’une coopération économique étroite entre l’Asie et l’Europe afin de surmonter la crise économique mondiale.
Il faut tout faire pour empêcher la guerre contre l’Irak, menée comme une véritable « guerre des civilisations », menaçant dans leur fondement même l’existence de quelque 150 pays multiethniques et risquant d’entraîner l’effondrement de l’ordre mondial, comme l’a souligné à juste titre l’ancien Premier ministre russe, Primakov. Mais le danger de guerre ne doit en aucun cas détourner notre attention de la nécessité de faire absolument tout pour vaincre la crise économique, véritable cause de la guerre.
L’Europe, et en particulier la France, avec l’Allemagne, s’est mobilisée pour entraver le chemin vers la guerre. Il nous reste à élaborer et à défendre une stratégie pour la paix, extirpant les racines mêmes de la guerre que sont l’injustice sociale et le pillage organisés par l’oligarchie militaro-financière.
Par conséquent, battons-nous partout dans le monde pour un nouveau système financier mondial - un nouveau Bretton Woods, réorientant l’argent vers la production, le travail et les infrastructures - et pour la mise en place du pont terrestre eurasiatique.
Il est encore temps, plus que jamais temps !
Hega Zepp-LaRouche