Les BRICS offrent au monde une alternative à la guerre

lundi 21 septembre 2026

En ce mois de septembre 2026, le principal ennemi du président américain, et du complexe militaro-financier qui le pousse dans sa fuite en avant guerrière, pourrait bien être la réalité elle-même.

Comme l’a souligné Vladimir Poutine, à la veille du sommet des BRICS qui s’est tenu à New Delhi les 12 et 13 septembre, les dirigeants occidentaux, sous l’influence des « cercles globalistes », ont fait l’erreur systémique de se prendre, à la fin de la Guerre froide, pour des dieux de l’Olympe régnant sur le reste de l’humanité.

La poursuite de la guerre d’agression contre l’Iran a conduit les Houthis à lancer une marche éclair vers le sud, le long de la côte yéménite, s’emparant à la fois des terres en face du détroit stratégique de Bab al-Mandab, sur la mer Rouge, et de l’île située au milieu de ce détroit. De l’autre côté de la péninsule arabique, la fermeture du détroit d’Ormuz, autre conséquence de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, menace de couper totalement les exportations de pétrole et de gaz depuis le golfe Persique.

Par ailleurs, la politique de sanctions économiques, visant à renverser les gouvernements qui échappent au giron de Washington et Londres, se traduit par un bilan annuel de plus de 560 000 morts – « similaire au fardeau mondial de mortalité associé aux conflits armés », selon une étude rapportée par la revue médicale britannique The Lancet.

Toujours dans le domaine économique, il apparaît désormais clairement que les tentatives du secrétaire au Trésor Scott Bessent de baisser les taux d’intérêt n’aboutissent qu’à provoquer l’effet contraire au but recherché, et que ses menaces de transformer l’Iran (90 millions d’habitants) en un « paria économique » ont conduit son président Masoud Pezeshkian à jouer un rôle de premier plan lors du sommet des BRICS, qui s’est tenu du 12 au 13 septembre à New Delhi.

Les dirigeants de la moitié de la population mondiale s’y sont retrouvés pour délibérer sur la manière de façonner un nouveau paradigme mondial, libéré du fléau du pillage colonial et des guerres.

Ainsi que le président iranien l’a déclaré le 11 septembre lors de son discours devant le Business Forum des BRICS, en préparation du sommet de New Delhi, « du fait que le système financier actuel est vulnérable aux chocs politiques à cause de sa concentration sur un nombre limité de monnaies, afin de transformer la coopération commerciale en investissement réel, la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB) doit devenir le principal moteur de financement des infrastructures et de l’énergie dans les pays membres, via des lignes de crédit dédiées, le financement en monnaies locales et des instruments de garantie pour attirer le capital privé. »

Lors de ce même forum, Poutine a précisé que « la Russie a proposé de l’utiliser [la NDB] comme base pour créer une nouvelle plateforme d’investissement, qui nous [les BRICS] aidera à attirer des fonds privés supplémentaires vers les infrastructures, la technologie et d’autres domaines qui sous-tendent la compétitivité de nos États ».

Le président russe a mis en garde avec insistance contre le danger que représente l’obstination actuelle à vouloir maintenir en place un système économique en voie de disparition. Les cercles mondialistes occidentaux qui se considèrent comme des dieux infaillibles de l’Olympe ont cru que « premièrement, ils avaient tous les droits et deuxièmement, qu’eux-mêmes étaient incapables de se tromper. (…) Aujourd’hui, ils parlent d’envoyer des troupes sur le territoire ukrainien. Cela signifierait la guerre avec la Russie », a-t-il averti sèchement.

Par ailleurs, en marge du sommet des BRICS, les dirigeants des deux nations les plus peuplées de la planète – Xi Jinping, président des 1,41 milliard d’habitants de la Chine, et Narendra Modi, Premier ministre des 1,48 milliard d’habitants de l’Inde – qui représentent ensemble 35 % de l’espèce humaine, se sont rencontrés et sont convenus que « la Chine et l’Inde sont partenaires plutôt que rivaux ».

Déni de réalité

Dans une belle démonstration de parfait déni de réalité, Donald Trump a tenté d’expliquer que la hausse actuelle des prix du pétrole, d’une part était due non pas à sa guerre d’agression contre l’Iran mais à la guerre en Ukraine, et d’autre part, qu’elle retomberait dès que les combats auront cessé.

La réalité économique est que le Brent a atteint 108 $ le baril mardi, le lendemain du jour où le prix moyen du diesel aux États-Unis dépassait 6 $ le gallon (environ le double par rapport à l’année précédente) – ce qui aura des effets dévastateurs et en cascade sur l’agriculture, les transports et l’ensemble des secteurs situés en aval, à moyen et long terme. Les dirigeants du secteur pétrolier ont réitéré la semaine dernière que tous les mécanismes habituels pour éviter une envolée vertigineuse des prix étaient épuisés.

Réagissant à la proposition de Trump de cesser les combats en Ukraine, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, l’a qualifiée de « très bonne idée », tout en ajoutant : « Il est très important de clarifier la chose suivante : assurer le bon fonctionnement des raffineries de pétrole et augmenter le volume de production de produits pétroliers ne résoudra pas les problèmes mondiaux. »

Le seul moyen d’y arriver consiste à « lever les sanctions qui imposent des restrictions illégales sur l’approvisionnement énergétique du monde », de façon à mettre fin à la tentative d’étrangler économiquement les pays pour atteindre des objectifs politiques.

La réalité de l’esprit des BRICS

Le sommet des BRICS qui s’est tenu le week-end dernier à New Delhi a largement déjoué les manœuvres de Londres et Washington visant à diviser ce groupe, qui représente la moitié de la population mondiale, tout comme le sommet de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS) de Bichkek deux semaines plus tôt. Des discussions poussées ont eu lieu, comme l’a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, « concernant la création de plateformes de paiement alternatives, de mécanismes de règlement et de dépôt, d’un mécanisme de réassurance, d’une plateforme d’investissement et d’une bourse de céréales ».

D’autres événements sont prévus en septembre, notamment la rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le président Donald Trump le 24 à la Maison-Blanche, où le président Xi devrait de nouveau tendre la main aux États-Unis en leur offrant l’opportunité de coopérer sur les infrastructures et d’autres grands projets dans le Sud planétaire, ce qui serait bénéfique pour toutes les parties.

En préparation à ce voyage, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré son homologue iranien, Abbas Araghchi, lui assurant que Beijing est « prêt à renforcer le dialogue et la coopération avec l’Iran et à protéger ses droits et intérêts légitimes. »

Ce message, Xi devrait le communiquer personnellement à Trump lors de leur rencontre, en réponse aux menaces américaines et à l’exigence que toutes les nations coupent tous liens économiques avec l’Iran, but recherché par l’opération « paria économique » du département du Trésor. Xi présentera également à Trump des propositions permettant de résoudre pacifiquement la crise en Asie du Sud-Ouest, ainsi que celle de l’Ukraine.

Par ailleurs, Wang Yi a rencontré le 16 septembre Celso Amorim, conseiller spécial du président brésilien Lula, pour des discussions connexes.

Voir son entretien avec Dennis Small sur le site de l’Institut Schiller
https://www.institutschiller.org/Celso-Amorim-L-argent-pour-les-guerres-est-pris-au-developpement

Le Brésil est membre fondateur des BRICS, avec la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. En route vers la Chine, Amorim a fait halte à New Delhi, l’hôte du dernier sommet des BRICS, pour des discussions stratégiques avec le gouvernement Modi.

Lorsque l’Assemblée générale des Nations unies ouvrira son débat général annuel de haut niveau le 22 septembre, c’est le président brésilien Lula qui prononcera le discours d’ouverture.

Il est probable que des alternatives efficaces à la guerre mondiale qui menace, ainsi que des options fondées sur le concept que le développement est le nouveau nom de la paix, seront inscrites à l’ordre du jour à cette occasion et dans les délibérations qui suivront.

Le pape Léon XIV fera également entendre à nouveau son appel à la paix, lors de sa visite du 25 au 28 septembre dans un pays qui a renoncé à la diplomatie et se prépare à la guerre : la France.