Des voix s’élèvent contre la guerre nucléaire

vendredi 2 octobre 2026

[(Trois déclarations majeures concernant l’utilisation des armes nucléaires ont été publiées au cours de la seule journée de vendredi, ce qui démontre d’une part l’extrême péril auquel l’humanité se trouve confrontée, et d’autre part la volonté de l’éviter qui existe heureusement parmi les plus hauts dirigeants de la planète.)]

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Trois déclarations majeures

À Washington, suite à la visite du président chinois Xi Jinping, la Maison-Blanche a publié un communiqué officiel(qui a certes suscité beaucoup moins d’attention médiatique que les deux pandas géants offerts par la Chine au zoo d’Atlanta), au bas duquel figure une phrase d’une importance cruciale : « Le président a plaidé pour des négociations trilatérales sur le contrôle des armements entre les États-Unis, la Russie et la Chine. » Le communiqué ne précise pas si le président chinois a approuvé cette proposition, il affirme seulement que les deux pays « ont convenu de construire une relation constructive de stabilité stratégique ».

Le même jour, à l’occasion de sa visite à Paris, le pape Léon XIV a déclaré, citant l’encyclique Pacem in Terris de Jean XXIII : « Les armes nucléaires doivent être interdites. Un accord général doit être trouvé sur un programme de désarmement approprié, avec un système efficace de contrôle mutuel. »

En ce même vendredi, lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre kazakh des Affaires étrangères a déclaré qu’avec l’expiration du traité New START, la 11e conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) avait échoué au printemps dernier « pour le troisième cycle consécutif ». Il a toutefois ajouté que son pays était prêt à accueillir des puissances nucléaires lors de leurs prochaines réunions. Par ailleurs, le 29 septembre, l’Assemblée de l’ONU a tenu sa réunion annuelle de haut niveau sur l’élimination des armes nucléaires.

Ambivalence à la Maison-Blanche

Bien entendu, dans le contexte actuel, le comportement pour le moins équivoque de Donald Trump constitue en soi l’un des principaux facteurs de déstabilisation internationale. En effet, d’un côté il affiche une intention tenace d’entretenir ses relations avec la Chine, tandis que de l’autre, il jette des barils d’huile sur le feu, comme le montre son rejet, samedi dernier, du plan iranien de sept jours visant à rouvrir le détroit d’Ormuz. Il aurait dit à son équipe que l’on reprendrait probablement les bombardements après les élections de mi-mandat, comme le rapporte le Wall Street Journal, s’appuyant sur des sources anonymes de haut niveau.

L’animateur et ex-trumpiste Tucker Carlson a déclaré au réseau américain de radiodiffusion NPR que lorsqu’il avait informé Trump dans le bureau ovale, quelques jours avant le 28 février, du coût de la guerre, celui-ci lui avait répondu : « Au final, nous mourrons tous de toute façon »... Précisons cependant que le cours des choses ne dépend pas du seul comportement de Trump, mais également de ceux qui l’entourent.

Par exemple, Nicholas Burns, ambassadeur à Pékin sous Biden, s’est exprimé suite à la rencontre entre les deux présidents, regrettant « la flatterie excessive du président Trump envers le président Xi », dont l’objectif serait « de nous dépasser au pouvoir » .

De son côté, Samm Sacks, l’experte de New America, a déclaré que Pékin considère Trump « comme pro-Chine, plus que quiconque autour de lui dans son cabinet et quiconque au Congrès », tout en sachant qu’« il y a dans les coulisses des antichinois endurcis qui veulent un découplage ».

Peter Thiel, le patron de Palantir, a déclaré qu’en appelant à faire preuve de plus de prudence en ce qui concerne l’intelligence artificielle, le Pape se comportait comme « un idiot utile pour le PCC [Parti communiste chinois] ».

Surmonter le piège de Thucydide

Ainsi que l’a fait observer la présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, les néoconservateurs de la trempe du secrétaire d’État Marco Rubio et du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth « ne sont probablement pas très contents de ce que Trump a fait avec Xi Jinping ». Peu de dirigeants sur cette planète suscitent le respect du président américain, et Xi, qui en fait partie, lui a dit en face qu’« il était possible de surmonter le piège de Thucydide », en vertu duquel deux nations rivales finissent forcément par se faire la guerre.

Le postulat que partagent les globalistes, et avec eux l’ensemble du complexe militaro-financier anglo-américain, de Burns à Thiel, est que les États-Unis sont en lutte pour dominer le monde et que cela justifie la guerre. A cette façon de penser pour le moins binaire et archaïque, le pape a proposé une autre perspective lors de sa visite à Paris : « La paix n’est pas un équilibre des pouvoirs ; au contraire, elle se construit jour après jour par le dialogue et la justice. »

Jean XXIII avait écrit Pacem in Terris en avril 1963, six mois après avoir aidé Kennedy et Khrouchtchev à sortir de la crise des missiles de Cuba, et deux mois avant de mourir lui-même. Déjà mourant lorsqu’il a écrit cette encyclique, il n’était pourtant pas question pour lui de se désintéresser du sort du monde en affirmant que « nous mourrons tous de toute façon ». Au contraire, c’est justement ce qui différencie l’être humain du simple animal : l’homme agit pour ceux qui vivront après lui, et la grandeur d’une nation se mesure à ce qu’elle bâtit pour l’avenir, non au pouvoir qu’elle est capable d’imposer aux autres.

Dans un discours télévisé prononcé en mars 1983, l’économiste et homme politique américain Lyndon LaRouche proposait aux deux superpuissances, États-Unis et URSS, de rendre toutes leurs armes nucléaires obsolètes grâce à l’Initiative de défense stratégique, et « ensuite, sur la base de cet accord, d’entamer un processus d’élimination des armes thermonucléaires ».Il avait expliqué la portée de ce programme :

« En évitant le danger immédiat de la guerre nucléaire qui se profile, nous pourrons acquérir une certaine maturité, puis, lorsque nous aurons un peu grandi, nous pourrons nous comporter en adultes et faire en sorte d’éliminer les causes de la guerre, plutôt que d’essayer simplement d’arrêter les armes (…). Et nous utiliserons cette technologie [à laser] pour contribuer au développement des pays dans le besoin, augmenter le bien-être général de l’humanité sur cette planète, devenir plus rationnels, plus scientifiques, plus enclins à réfléchir rationnellement (…). En nous engageant envers ce qui définit les objectifs communs de l’humanité, nous parviendrons, par ce grand effort, à trouver une solution. »

La question de savoir si les États-Unis « vont faire la guerre pour préserver leur domination est ce qui déterminera si l’humanité va continuer à exister ou non », a déclaré Helga Zepp-LaRouche à la Coalition internationale pour la paix de vendredi dernier. Car, comme elle l’a rappelé, l’utilisation d’une seule arme nucléaire risque de conduire en quelques jours seulement au déploiement de tout l’arsenal nucléaire existant, entraînant l’anéantissement de toute civilisation humaine.