Oh, femme fière, qu’as-tu fait ?Toi qui contemples, interdite,Derrière cette tente maudite,Trônant au loin, ta cité, dis :Qu’abritent tes pensées mutiques ?Et tandis qu’à tes pieds agilesGît le colosse insolent,Tombé sous le glaive tranchantDe tes charmes subtils…- Indolent comme l’ange, lascif telle une statue -Dis : rougis-tu ? Doutes-tu ?Toi qui de tes noires pupillesAdmires cette beauté antique :- Il vacilla, l’implacable, abandonnant ses idolâtres... -Songe donc, avant que du fier coq,Le clairon ne résonne :Que feront donc les prêtresDe tes doigts audacieux ?Et que diront les tièdes,Quand s’allumeront les cieux ?Comment les myriades de sièclesDemain, vont-ils juger ton geste ?Sauront-ils seulement qu’en de telles circonstancesL’épée est bien moins lourde qu’une noble conscience ?Combien se souviendront, parmi tes descendants...Qu’il faut savoir trancherPour frayer le chemin ?--Quoi, tu trembles encore ?Courage ! Avant que l’aube ne se lève,Rends à tes mains toute leur sève- Il le faudra -Ressaisis-toi et marche, vite,Pour faire germer demain !O belle, ô pieuse, ô céleste Judith...Maëlle Mercier
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