Qui est Judith ?

jeudi 27 mars 2025

Judith [était veuve] (...) belle et très séduisante. Elle apprit donc que le peuple, découragé par la pénurie d’eau, avait adressé de dures critiques au chef de la ville (...) [et] qu’Ozias (...) leur avait juré de livrer la ville aux Assyriens au bout de cinq jours. (...) Elle leur dit :
« Écoutez-moi, chefs des habitants de Béthulie : elle n’est pas droite, la parole que vous avez prononcée aujourd’hui devant le peuple, non plus que ce serment prêté entre Dieu et vous, quand vous vous êtes engagés à livrer la ville à nos ennemis, si le Seigneur ne nous portait secours dans le délai fixé. (...) Qui donc êtes-vous pour mettre en ce jour Dieu à l’épreuve (...) ?
« En réalité, vous qui scrutez les intentions du Seigneur souverain de l’univers, vous n’y comprendrez jamais rien ! (...)
« Je vais accomplir une action dont le souvenir parviendra aux fils de notre race, de génération en génération (...) »

[Puis, seule, s’adressant au Seigneur :]
« Ô Dieu (...) C’est toi qui as fait le passé, le présent et l’avenir ; ce qui est maintenant et ce qui viendra, ton esprit l’a conçu (...) Par la tromperie de mes lèvres, (...) par la main d’une femme, [renverse l’ennemi] (...) »

(...) Elle chaussa des sandales, mit ses anneaux de chevilles, ses bracelets, ses bagues, ses boucles d’oreilles, et toute sa parure (...) [Avec sa jeune esclave] elle sortirent (...) et se rendirent à la porte de la ville de Béthulie (...)

Les Assyriens d’un avant-poste se portèrent à leur rencontre. [Elle leur dit :] « Je viens voir Holopherne (...) pour lui donner des renseignements sûrs (...) pour se rendre maître de toute la région (...) »
Sa beauté les plongeait dans une vive admiration. […] Ils détachèrent alors cent de leurs hommes (...) [qui] les conduisirent jusqu’à la tente d’Holopherne.

Holopherne se reposait sur son lit, sous un voile tissé de pourpre, d’or, d’émeraudes et de pierres précieuses. On la lui annonça, et il se présenta sur le seuil de la tente (...) Elle se prosterna devant lui (...) :
« Si tu suis les conseils de ton esclave, Dieu mènera une action à bon terme avec toi, et mon seigneur n’échouera pas dans ses projets. (...) ».
Les paroles de Judith plurent à Holopherne (...) [qui] ordonna de l’introduire (...) Elle demeura trois jours dans le camp (...)

Le quatrième jour, Holopherne organisa un banquet [et l’invita]. « Ce serait, [dit-il], perdre la face que de laisser passer une telle femme sans avoir eu de relation avec elle. (...) »
[Judith accepta], mit son plus beau vêtement (...) Le cœur d’Holopherne en fut transporté, son âme troublée, et il fut pris d’un violent désir de s’unir à elle (...). [Il] était sous son charme ; il but du vin en très grande quantité (...)

Quand il se fit tard (...) Judith fut laissée seule dans la tente, avec Holopherne effondré sur son lit, noyé dans le vin. (...) Debout près du lit, Judith se dit en son cœur : « Seigneur, Dieu de toute puissance, en cette heure, tourne ton regard vers les œuvres de mes mains (...) »

Elle s’avança vers le montant du lit, proche de la tête d’Holopherne, elle en détacha son sabre, elle s’approcha du lit, empoigna la chevelure d’Holopherne et dit : « Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d’Israël. »

Par deux fois, elle le frappa au cou, de toute sa vigueur, et en détacha la tête. (...)