Il apparaît aujourd’hui que les réseaux britanniques sont pleinement mobilisés, depuis le début du second mandat de Trump, pour entraîner les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Sur le site de S&P, dans notre chronique du 3 avril, intitulée « Londres attire Trump dans le piège iranien », nous mettions en évidence l’implication de Sir Richard Dearlove, l’ancien chef du MI-6, qui appelait de ses vœux une opération israélo-américaine visant à renverser le gouvernement iranien et à bombarder ses installations nucléaires.
S’exprimant le 15 juin sur la radio britannique GB News, Dearlove a insisté sur le fait que l’Occident doit soutenir la guerre d’Israël contre l’Iran, dont le « but ultime », a-t-il déclaré sans détour, est un changement de régime : « Soyons francs, la disparition du régime iranien serait fortement dans notre intérêt national. »
Le même jour, sur la radio LBC, il a prédit une victoire militaire israélienne à terme, qualifiant le changement de régime d’« issue possible et crédible ». Il a affirmé que, bien qu’étant loin d’être un ami du président américain, même si ce dernier semble indécis, il a clairement exprimé son soutien à Israël, et que si des mandataires iraniens attaquent une base américaine, les Israéliens se réjouiront de l’intervention américaine.
Dans quelle mesure Sir Richard Dearlove est-il réellement impliqué dans la préparation de cette guerre et dans le piège tendu aux États-Unis ?
Dans une interview accordée le 21 mars au Jewish Chronicle britannique, il avait fait allusion à son propre rôle dans l’orientation des opérations israéliennes. « L’alliance iranienne visant à déstabiliser le Moyen-Orient et à s’étendre à des zones plus éloignées a été très, très sérieusement perturbée et démantelée », avait-il affirmé, qualifiant l’opération israélienne des bippeurs piégés contre les dirigeants du Hezbollah de « réalisation remarquable et très intelligemment conçue ».
Le Jewish Chronicle ajoutait :
« Dearlove a également révélé que, peu après avoir pris sa retraite du MI-6, il avait été invité en Israël dans le cadre de discussions sur la sécurité, suite à la guerre du Liban de 2006. Il a insisté, le sourire aux lèvres, sur le fait qu’il ne pouvait ‘pas entrer dans les détails’ des raisons de sa présence, mais a affirmé que les Israéliens avaient ‘vraiment pris leurs responsabilités’ après cette guerre pour faire face à la menace posée par le Hezbollah. »
Lors de son interview du 15 juin à LBC, Dearlove a fait deux autres déclarations révélatrices. Premièrement, en évoquant les raisons pour lesquelles il pense qu’Israël sortira victorieux de ses multiples conflits, il a cité le succès peu médiatisé de l’État hébreu dans la « destruction » des capacités militaires syriennes, faisant allusion au démantèlement des forces armées syriennes par le nouveau régime. Ce succès, combiné à l’opération des bippeurs piégés contre le Hezbollah, à l’« élimination du Hamas » par Israël à Gaza, et maintenant à cette « remarquable démonstration de puissance militaire et d’opérations de renseignement » contre l’Iran, justifie sa confiance.
Enfin, interpellé par l’animateur suite aux nombreux commentaires de Britanniques en colère inondant le studio à propos de son rôle dans le désastre criminel du changement de régime en Irak, Dearlove a déclaré sans vergogne que l’opération en Irak, avec ses millions de morts et la déstabilisation de l’Asie du Sud-Ouest, était nécessaire. Il n’a pas précisé pour qui… ▪ La rédaction