Lundi bleu

mercredi 22 janvier 2025

Nous voici le troisième lundi de janvier, considéré comme le jour le plus déprimant de l’année. L’origine en est une campagne publicitaire, le Blue Monday, mais le fait qu’elle soit reprise est révélateur d’un pessimisme culturel auquel consent notre société. Il est urgent de sortir de cette complaisance impuissante. Que le monde soit près de s’embraser et notre horizon politique français enveloppé d’une mauvaise brume doivent nous faire réagir sans tarder. C’est ce que fit Martin Luther King, dont c’est aussi le jour, en dénonçant la guerre du Vietnam et en prenant la responsabilité politique d’appeler le peuple américain et les peuples du monde à s’unir pour la justice et le bien commun. C’est aussi le jour où un cessez-le-feu arrête le pire à Gaza et permet d’y faire parvenir l’aide humanitaire. Insuffisant face à l’ampleur du génocide ? Oui, mais considérons plutôt l’occasion à saisir.

La couleur des jours à venir dépendra de notre mobilisation citoyenne

C’est encore le jour de l’investiture de Donald Trump aux Etats-Unis. Par delà les élucubrations de son discours inaugural, la liste de ses invités d’une droite radicale sans empathie, la nomination d’un obligé de George Soros au Trésor et sa volonté d’expulser brutalement les migrants, comme s’ils n’étaient pas des êtres humains, retenons plutôt ses trois nominations dans le domaine du renseignement, qui sont de nature à briser la règle du jeu de l’oligarchie va-t-en-guerre. Tulsi Gabbard à la tête des services, Kash Patel à la direction du FBI et John Ratcliffe à la CIA ont pour dénominateur commun de ne pas appartenir directement au complexe militaro-financier et d’être en principe opposés aux actions politiques clandestines et aux révolutions de couleur. Ainsi se trouve défini un contexte plus favorable à la paix mondiale. Cependant, la présidence Trump peut également devenir un cauchemar si, pour défendre le dollar, les crypto-monnaies et Wall Street, elle en venait à une politique de guerre économique contre les BRICS et, au nom de son nationalisme identitaire, à s’en prendre aux nations déterminées à défendre leur propre souveraineté. L’économie de guerre conduirait alors à une escalade vers l’arme nucléaire, au risque d’anéantir l’humanité.

La couleur des jours à venir, après ce lundi bleu, dépendra donc de notre mobilisation citoyenne, en captant toutes les occasions qui se présentent pour déblayer le chemin vers une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement économique mutuels. C’est ici que se pose la question de la dette, car la paix dans le monde dépend de comment elle sera traitée.
Tant à l’échelle du monde qu’à celle de la France, trop de monnaie a été créée, sans contrepartie dans l’économie productive. Rester dans le système ne peut conduire qu’à effacer la dette par l’inflation contre les peuples ou par la guerre. L’extension de l’OTAN vers l’Est, en Europe et dans le Pacifique, découle de cet ordre soi-disant basé sur des règles, qui est en réalité l’ordre de créanciers avec des dents nucléaires.

C’est pourquoi nous menons en priorité ce combat pour une nouvelle architecture qui change la règle du jeu en faveur de la création et du travail humains. Car l’économie ne consiste pas à accumuler de la monnaie, mais à découvrir de nouveaux principes physiques, appliqués sous forme de technologies plus productives par être humain, par unité de surface et par quantité de matière utilisée. Cela veut dire, en clair, annuler les dettes illégitimes ou odieuses, celles ne répondant pas à l’intérêt général des peuples impliqués et/ou qui ont été imposées par la force ou la contrainte. Comme nous le dit le Traité de Westphalie, la paix est fondée sur trois principes : l’oubli des injustices infligées, l’avantage d’autrui en contrepartie du sien propre et l’annulation des dettes illégitimes.

Cela vaut bien entendu pour notre politique intérieure. Au lieu de débattre de ce que l’on peut faire malgré la dette, allons au cœur du sujet et frappons à la tête les mafias qui sont devenues le réel pouvoir dans le monde, le trafic de drogue incarnant l’addiction au pouvoir de l’argent. C’est dans ce contexte que peuvent se poser les questions fondamentales de la démocratie directe et du pouvoir judiciaire. Pour sortir, chez nous comme à l’échelle du monde, d’un pessimisme qui conduit toujours les moutons à l’abattoir. ▪