L’Empire criminel des fausses monnaies

jeudi 10 juillet 2025

Vous êtes jeune, trentenaire ou quarantenaire, vous constatez la hausse faramineuse des cryptomonnaies, vous essayez d’y prendre part. Vous voilà hameçonné par l’Empire criminel du XXIe siècle. Vous exagérez, répondrez-vous, c’est juste un moyen de se faire de l’argent facile sur les marchés financiers. Je peux vous prouver au contraire que vous êtes devenu le collabo d’un ordre féodal. Un ordre mondial de la fausse monnaie, sans contrepartie dans la réalité.

Le bitcoin, le roi des cryptos, a vu le jour en janvier 2009, dans le Far West financier créé le 15 août 1971 par le découplage entre l’or et le dollar et après la crise des subprimes de 2008. Sa valeur progressera par bonds successifs, ne reposant que sur la crédulité cupide des participants. Les gains ont été sans précédent : sa première estimation était de 0,001 dollar, par rapport au coût de l’électricité nécessaire pour en miner un. Aujourd’hui, il vaut entre 90 000 et 110 000 dollars ! Les principales cryptomonnaies émises avec la même logique spéculatrice (Ethereum, Ripple, Solana, etc.) ont engendré des gains tout aussi vertigineux. Le défi dès lors était de donner une base politique à une pyramide de Ponzi, qui sans cela aurait explosé. Donald Trump est ainsi devenu le crypto-président des Etats-Unis et JD Vance son crypto-vice-président ! Leur politique a consisté à associer les bulles crypto au fonctionnement de la finance classique, elle-même empoisonnée par les paris sur les produits financiers dérivés.

Le pont a été la création de stablecoins, des cryptos soi-disant stables car à leur valeur d’un dollar correspond un dollar « classique », investi dans des bons du Trésor américains. Deux grands acteurs, Tether et Circle, monopolisent le système, car il y a bien un monopole du pouvoir privé qui infecte la Réserve fédérale U.S. Le stablecoin permet d’effectuer des transactions dans le monde des cryptos sans devoir transiter par les monnaies classiques, en évitant au passage une taxation des plus-values. Ainsi communiquent un monde traditionnel de la monnaie d’Etat et un « écosystème ouvert »… à toutes les spéculations. C’est plus « moderne » – plus directement prédateur – que la messagerie interbancaire Swift ou les réseaux de paiement comme Visa et Mastercard. La monnaie d’État, déjà soumise aux manipulations de toute sorte sur les marchés, se trouve livrée à la DeFi, la finance « décentralisée », la surveillance des transactions étant livrée aux utilisateurs privés eux-mêmes à travers les registres des blockchains, sans contrôle ni protection publique.

La mort de l’Etat-nation proclamée par un « nationaliste »

Proclamant sa volonté de « faire de l’Amérique la capitale mondiale des cryptos », Donald Trump a nommé David Sacks, responsable des cryptos auprès de la Maison-Blanche, Paul Atkins à la Security Exchange Commission (il pense que « rien n’est plus américain que la dérégulation financière ») et Scott Bessent, secrétaire d’État au Trésor, lesté d’un demi-million de ces ETF qui permettent de s’exposer aux actifs numériques en Bourse sans les posséder directement. On voit donc bien que l’Empire de la fausse monnaie se met en place par-dessus les banques et les Bourses. Féodal, avec sa cour de milliardaires autour de Trump, qui lui-même spécule sur les tokens (40 % de ses actifs y seraient investis) et de ses deux fils, Eric et Donald, devenus stars au firmament des conflits d’intérêt. Le 7 mars, le président lui-même avait convoqué un sommet des cryptos… à la Maison-Blanche. C’est la mort de l’Etat-nation proclamée par un « nationaliste ».

Ce système infecte toute l’économie, depuis BlackRock, gérant environ 230 000 bitcoins pour le compte de ses clients, jusqu’à des fonds de retraite comme le californien Calpers. En France, le « Sommet des libertés » de toutes les droites a accueilli un stand How to Bitcoin ! Et le Crédit agricole a obtenu, pour sa filiale Caceis Bank, la possibilité d’offrir des services sur cryptoactifs.

Trump affirme vouloir la paix. Il faut combattre son illusion criminelle de la construire sur les sables mouvants de cette mafia. La porte de sortie est ce que nous défendons ici, refonder une économie physique et humaine qui développe nos capacités créatrices. ▪

A l’agenda

Samedi 8 novembre
Grande réunion publique et Assemblée générale de Solidarité & Progrès, à Paris. Plus d’informations à venir.