Justes et imposteurs

vendredi 19 juillet 2024

Ne pas traiter une question fondamentale quand on sait, ou aurait dû savoir, que c’est une question de vie ou de mort, c’est faire preuve de lâcheté. Fausser la réalité, cela s’appelle imposture. Il faut le dire, même si les mots blessent : après nos élections législatives, le régime des partis nous plonge dans la lâcheté et l’imposture, comme au temps de notre IVe République vouée aux guerres coloniales.

Les trois grands rassemblements, Ensemble, Rassemblement national et Nouveau Front populaire, sont tous favorables à poursuivre la livraison d’armes à l’Ukraine. Tous se sont ralliés à la politique de l’OTAN. Souveraineté nationale ? Paix ? Comme si elles étaient possibles au sein du commandement intégré de l’OTAN ! Une OTAN qui ne peut même plus se prétendre alliance défensive, mais qui est bel et bien l’instrument de chantage d’un système financier qui s’efforce de survivre en s’imposant par les armes. Jusqu’à envoyer à la mort des centaines de milliers d’Ukrainiens dans une guerre par procuration et diaboliser la Russie au risque d’une escalade nucléaire.

Avantages sociaux légitimes ? Comme si l’économie de guerre et le réarmement imposés par l’oligarchie financière pouvaient tolérer la justice sociale ! Modération et apaisement ? Les programmes des uns et des autres font comme si la soumission au capital financier allait de soi ! Le « narratif occidental », adopté explicitement ou implicitement par tous, n’existe que pour faire en sorte que le peuple garde les yeux fermés sur la réalité de son exploitation et le tromper par de fausses promesses.

Je m’adresse ici à tous les électeurs abusés et trompés. Ceux qui croient à la Nation et ceux qui se battent pour la justice sociale rassemblés. Notre défi est de les inspirer par-delà les étiquettes réductrices. En commençant par leur expliquer où sont passés les 1000 milliards d’euros d’accroissement de notre dette publique depuis 2017. D’abord, que c’est une fausse monnaie qui n’engendre aucune richesse humaine, réelle. Elle est créée par des impulsions électroniques à but politique ! Elle a été utilisée pour compenser les fuites de notre substance, dues à un néo-libéralisme à tout va, sous forme de subventions pour les producteurs, d’allocations pour les pauvres et d’avantages sans limites pour les « gros ». Alors que dans ce système, les sociétés du CAC40 font plus de 80 % de leur chiffre d’affaires et de leurs profits hors de France et que les ultra-riches ont depuis longtemps « délocalisé » leur fortune loin de notre fisc. C’est cette fausse monnaie qui nous a rendus vulnérables à la procédure de la Commission européenne pour « déficit excessif ». Les riches veulent maintenant faire payer aux autres leurs « excès » !

Unité nationale et confiance.

Est-ce une fatalité ? Non, pourvu que nous sortions de la cage du système où nous avons été enfermés. En rejoignant l’appel à un nouvel ordre gagnant-gagnant, lancé par les pays membres des BRICS et l’Organisation de la coopération de Shangaï. Contre une oligarchie qui s’est emparée du dollar pour en faire son instrument. Avec Li Hui, Dilma Rousseff et Sergey Glazyev, affairés à jeter les bases de ce nouvel ordre économique plus juste. C’est ce que j’ai toujours défendu, à New York, à Moscou en 2002 et plus tard en Chine, et c’est la raison pour laquelle j’ai été jusqu’à aujourd’hui exclu du débat en France. Les pouvoirs en place redoutent toujours un peuple instruit.

Cela signifie, avec cet engagement international, mener une bataille de la production et de la participation, au sein de l’État et des entreprises, pour une nouvelle Libération. Sortir d’une éducation qui formate et classe, en redonnant aux enseignants les moyens et la mission d’émanciper les facultés créatrices de chacun. Lancer un réel programme de sécurité, à la fois civique et sociale, redonnant un sens au bien commun. C’est en amorçant cette dynamique que nous retrouverons espérance, unité nationale et confiance. Il en va de la paix et de notre bien commun. Le défi est de devenir des justes. ▪