Menace de guerre nucléaire
Les 12 et 13 mars derniers, lors du vote au Parlement sur notre politique en Ukraine, Solidarité & Progrès vous avait mis en garde contre les discours belliqueux du président de la République, qui appelait au déploiement de troupes françaises au sol en Ukraine, ce qui nous aurait pratiquement fait entrer en guerre contre la Russie.
Nous vous avions alors demandé, dans un appel pressant, une réponse claire, au-delà des querelles partisanes, disant : « Le temps de négocier la paix est arrivé. » Malheureusement, hormis quelques courants minoritaires qui appellent aux négociations, tous les partis représentés au Parlement veulent continuer à fournir des armes à l’Ukraine !
Depuis le mois de mars, le Royaume-Uni et les États-Unis nous poussent à intensifier le bras de fer engagé contre la Russie et ses alliés, à travers les deux guerres en cours, en Ukraine et au Moyen-Orient. Ils nous conduisent ainsi au seuil d’une nouvelle guerre mondiale, menaçant d’une escalade jusqu’au nucléaire, dans l’espoir de soumettre les États « totalitaires » à « l’ordre basé sur les règles ».
Le doute n’est plus permis. Le 20 août 2024, le New York Times révélait qu’en mars, Biden avait approuvé une stratégie hautement secrète, baptisée « Guide d’emploi du nucléaire » qui, pour la première fois, « réoriente la stratégie de dissuasion des États-Unis spécifiquement contre l’expansion rapide de l’arsenal nucléaire de la Chine », et contre « d’éventuels défis nucléaires coordonnés par la Russie, la Chine et la Corée du Nord ». Une stratégie qui repose, selon le spécialiste des conflits nucléaires, Théodore Postol, sur la modernisation en cours des missiles balistiques intercontinentaux américains.
Les missiles à longue portée ne peuvent être déployés sans la participation des Occidentaux.
La réponse de Moscou ne s’est pas fait attendre. Le 25 septembre dernier, s’adressant à son Conseil de sécurité national, le président russe a proposé une révision des règles d’utilisation de l’arme nucléaire, permettant d’abaisser considérablement le seuil de recours à ces armes.
La Russie pourrait ainsi riposter avec l’arme nucléaire dans les cas suivants :
Or, le grand débat aux États-Unis ces dernières semaines a été de savoir si les Occidentaux autoriseraient ou non les Ukrainiens à utiliser des missiles occidentaux à longue portée pour des frappes en profondeur en Russie, sachant qu’ils ne peuvent être déployés sans la participation des Occidentaux. Pour l’instant, seule l’opposition des militaires a empêché les États-Unis de leur donner cette autorisation.
Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs, faut-il rappeler qu’en cas de collaboration active avec l’Ukraine dans ce domaine, les capitales européennes ne sont qu’à quelques minutes de portée des missiles nucléaires russes ?
Il est temps pour la France de jouer son rôle historique de médiatrice.
Il est temps pour la France de jouer son rôle historique de médiatrice, en contribuant à créer une nouvelle architecture de sécurité et de défense en Europe, offrant une sécurité indivisible à tous les pays de la région, y compris la Russie. La seule chose que la Russie ait demandée, dans les traités qu’elle a soumis aux États-Unis et à l’OTAN en décembre 2021, est l’arrêt de l’extension de l’OTAN vers ses frontières et du déploiement de bases militaires chez ses voisins [1]. . Comme les États-Unis à l’époque du déploiement des missiles nucléaires soviétiques à Cuba, en 1962, la Russie a, elle aussi, besoin d’une sécurité à ses frontières.
Une France digne de son histoire doit coopérer avec le plan en six points élaboré par la Chine et le Brésil pour un cessez-le-feu. La seule option pour éviter l’embrasement est « une politique d’entente, de détente et de coopération ».
[1] VoirNouvelle Solidarité, janvier 2022, page 8.