Intervenants de la première session (de gauche à droite)
Helga Zepp-LaRouche, présidente internationale de l’Institut Schiller : voir pages précédentesarticle précédent.
Zhang Weiwei, professeur de relations internationales à l’Université Fudan (Chine) :
Posant la question de savoir pourquoi, alors que l’Asie défend une approche « gagnant-gagnant », l’Europe semble ne connaître que le « perdant-perdant », Zhang Weiwei a décrit l’approche opposée adoptée par la Chine, qui place le développement économique en tête des priorités, ainsi que les échanges culturels et civilisationnels, dans une perspective de respect mutuel et de coexistence pacifique. C’est une approche gagnante, a-t-il souligné, contrairement au libéralisme axé sur la « fin de l’histoire ».
Donald Ramotar, ancien président du Guyana :
« Nous devons appeler l’Occident à joindre ses forces à celles des BRICS pour mettre fin à la pauvreté, de notre vivant. »
Naledi Pandor, ancienne ministre d’Afrique du Sud :
« La création de la Nouvelle Banque de développement des BRICS et ses premiers succès laissent espérer la création de nouvelles institutions et de nouvelles pratiques. »
Chas Freeman, ancien ambassadeur des Etats-Unis :
« L’imprudence a fait de la guerre nucléaire entre la Fédération de Russie et l’Occident collectif une possibilité imminente. La Chine et les États-Unis se préparent chacun à une guerre à propos de Taïwan, dont tous deux reconnaissent qu’elle pourrait devenir nucléaire. La Corée du Nord promet de répondre à toute tentative de changement de régime par une attaque nucléaire contre les États-Unis. Israël cherche à éliminer l’Iran, qui agit contre ses politiques génocidaires et son expansion territoriale, et n’exclut pas d’utiliser son arsenal nucléaire pour y parvenir. »
Larry Wilkerson, ancien chef de cabinet du Secrétaire d’État américain Colin Powell :
« Le monde connaît un mouvement colossal de retour à la situation d’il y a 3000 ans, lorsqu’il était centré sur l’Asie, la Chine étant une source de vitalité. » En luttant contre ce changement « inexorable », l’Amérique est donc la nation la plus apte à nous amener au seuil de la destruction, a-t-il déclaré. « Tous les empires vont et viennent, et l’on doit empêcher celui-ci de s’effondrer violemment, comme l’ont fait tous ceux qui l’ont précédé. »
Hossein Moussavian, ancien ambassadeur d’Iran en Allemagne :
Pour répondre à la difficile question des contrôles à imposer à l’Iran pour l’empêcher de fabriquer la bombe, M. Moussavian proposa de créer un consortium multilatéral d’enrichissement, similaire à l’URENCO européen, mais au sein du Moyen-Orient ou de la région du golfe Persique, qui pourrait fournir plusieurs pays de la région en uranium à usage civil uniquement.
Dmitri Trenin, directeur de recherche à l’Institut d’économie et de stratégie militaire mondiales de l’École supérieure d’économie de Moscou :
« L’Ukraine n’est pas un cas isolé. Ce n’est pas non plus un cas unique. Un affrontement entre les États-Unis et la Chine, portant en apparence sur Taïwan et/ou la mer de Chine méridionale, se profile à l’horizon. Au Moyen-Orient, on craint à juste titre que l’administration Biden ne profite de la situation actuelle pour tenter de détruire l’infrastructure nucléaire iranienne. On a donc au moins trois grands foyers de conflit susceptibles de déboucher sur une guerre mondiale, impliquant tous des puissances nucléaires. »
Scott Ritter, ancien inspecteur de l’ONU sur les armes nucléaires en Irak :
Concernant « l’éventualité d’un conflit nucléaire entre la Russie et les États-Unis, il ne s’agit pas seulement d’une possibilité, mais de plus en plus d’une probabilité, compte tenu de la détérioration des relations entre Washington et Moscou, en particulier sur la question de l’Ukraine. La situation mérite d’être décrite comme une menace existentielle pour la survie non seulement des États-Unis et de la Russie, mais aussi du monde entier. » Il apporta son soutien aux élus américains qui militent pour faire voter au Congrès une résolution interdisant à l’Ukraine d’utiliser des ATACMS contre le territoire russe.
Ján Čarnogurský, ancien Premier ministre de Slovaquie :
« Les Etats-Unis, soutenus par la Grande-Bretagne et l’OTAN au grand complet, sont actuellement les plus grands destructeurs de l’ordre démocratique mondial. Il est difficile d’entamer des négociations avec de telles élites. »