Selon le secrétaire général de l’ONU, « cette résolution doit être appliquée et un échec serait impardonnable ». Le ministère de la Santé du Hamas venait de présenter un nouveau bilan faisant état de 32 333 morts et 74 694 blessés dans la bande de Gaza.
Le 27 mars à Genève, Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, n’a pas mâché ses mots : « Après près de six mois d’attaques israéliennes incessantes sur la bande de Gaza occupée, il est de mon devoir solennel de rendre compte du pire de ce dont l’humanité est capable (…) L’histoire nous enseigne que le génocide est un processus et non un acte unique. Il commence par la déshumanisation d’un groupe en tant qu’’autre’, la négation de l’humanité de ce groupe, et se termine par la destruction du groupe en totalité ou en partie. La déshumanisation des Palestiniens en tant que groupe est la marque de leur histoire - nettoyage ethnique, dépossession et apartheid. » Pire encore, « Lorsque l’offensive terrestre a commencé, le nombre de victimes quotidiennes a semblé diminuer, mais en fait, le niveau des atrocités a augmenté. (…) L’une de mes principales conclusions est que l’exécutif, les dirigeants militaires et les soldats israéliens ont intentionnellement déformé la réalité de la guerre. Il s’agit d’un génocide... »
L’administration Biden refuse de reconnaître ce génocide qu’elle pourrait faire cesser par un simple coup de fil. Alors que tout vote du Conseil de Sécurité est contraignant, car il ne s’agit pas d’une « résolution » au sens européen, mais d’un « ordre » au sens anglo-américain, Matthew Miller, le porte-parole du département d’État américain, s’est empressé de préciser que pour les Etats-Unis, cette « résolution » était non-contraignante. L’ONU devient donc ce fameux « machin » contre lequel De Gaulle mettait en garde, le cache-sexe d’un impérialisme décomplexé.
Une nouvelle question se pose désormais : les autres membres du Conseil de sécurité (dont la France) auront-ils le courage d’exiger l’application de leur propre charte ? Quel crédit l’ONU pourra-t-elle encore revendiquer, dès lors qu’une « résolution » exigeant un cessez-le-feu devient contraignante ou non-contraignante en fonction des intérêts d’une superpuissance disposant de l’arme atomique ? De toute évidence, Biden se soucie avant tout de sa réélection et de l’argent qu’il doit trouver pour financer sa campagne. L’électorat démocrate votera blanc.