A la colère venue

dimanche 22 décembre 2024

En octobre 2009, Solidarité & progrès avait distribué un tract à un million d’exemplaires, dédié « à la colère qui vient ». Depuis, la colère est venue. La voici prête à exploser. Nos dirigeants se livrent à leurs débats vulgaires et subalternes, au lieu de s’occuper des affaires réelles de leur pays et du monde. Pour eux, leurs positions respectives comptent plus que le bien commun. Ils n’aiment pas le peuple et le peuple le leur rend bien.

Je suis encore plus en colère qu'en 2009.

La chute du gouvernement Barnier sur la suppression de l’indexation des retraites n’est qu’un révélateur. Argument : on ne peut pas continuer à indexer parce que les caisses sont vides. On doit réduire les dépenses parce que sinon, les marchés ne nous prêteront plus. Il faut donc laisser l’inflation dévorer le pouvoir d’achat des retraités. C’est ce que l’on nous dit cyniquement et c’est vrai dans le système dominant. Seulement, voilà : ce système dominant ne sert ni la science, ni l’industrie, ni l’agriculture, ni le secteur public ; il sert les créanciers de dettes illégitimes. La cause réelle est donc bien ce système dominant ! Ceux qui exercent le pouvoir en son nom en gèrent l’inefficacité et l’injustice. Ceux qui le contestent, RN et LFI, multiplient des promesses qui ne peuvent être tenues en son sein. François Bayrou, l’un des principaux créateurs politiques de la nocive potion Macron, apparaît dans ce crépuscule, non pas sur le cheval fringant d’Henri IV mais sur le vieux cheval de retour des mœurs de la IVe République. Les réseaux sociaux manifestent, eux, un sentiment légitime de rejet d’un ordre qui exclut l’humain, mais s’en prennent à des individus, les Bill Gates et autres Klaus Schwab, au lieu de combattre l’ordre social qui les a produits, et dégénèrent ainsi dans un conspirationnisme qui discrédite leur opposition.

Je suis encore plus en colère qu’en 2009. Nos responsables vont à leurs affaires comme si le risque d’une troisième guerre mondiale n’existait pas. Comme si les menaces nucléaires du STRATCOM américain n’existaient pas. Comme si le système financier occidental était éternel. Comme si l’école et l’hôpital pouvaient encore fonctionner dans les conditions actuelles. Comme si les crèches n’étaient pas victimes des ogres de la finance et les EHPAD celles des fossoyeurs. Comme si nos agriculteurs pouvaient encore vivre. Comme si la drogue ne ravageait pas toute la France. Ils découpent la réalité en morceaux et proposent des mesures pour chacun d’entre eux, comme un médecin qui traiterait chaque organe en négligeant la santé de l’organisme malade ! Ils parlent de paix et continuent à tolérer la politique criminelle d’un gouvernement israélien qui trahit les principes du droit international et du judaïsme. Ils entretiennent en Europe le déroulement d’une guerre de tranchées aussi barbare que la boucherie de 14-18, dans une Ukraine qui ne compte plus que 32 millions d’habitants alors qu’elle en avait plus de 50 il y a 40 ans.

L’on ne peut s’en sortir et éviter le pire qu’en changeant les règles du jeu. En se battant pour substituer à la géopolitique internationale actuelle, à la loi des féodalités financières visant à l’hégémonie, une politique de développement et de sécurité mutuels, en Europe et dans le monde. Une politique de Paix de Westphalie, fondée sur la souveraineté des nations et un ordre gagnant/gagnant, avec la charpente d’un crédit public à long terme et faible taux d’intérêt pour de grands travaux à l’échelle du monde. C’est le respect de leur souveraineté que défendent les pays membres des BRICS, avec lesquels la France doit coopérer au nom de sa propre souveraineté.

Les pessimistes répondent que c’est une utopie. Quoi qu’ils en disent, c’est ce principe de développement mutuel qui a inspiré les meilleurs moments de notre histoire. Nous devons ainsi puiser notre énergie à la source de ceux qui ont construit les fondements de notre nation, non pour calquer leurs œuvres mais pour redevenir créateurs à leur image. Une épée de Damoclès nucléaire est au-dessus de nos têtes, il est temps d’arrêter ceux qui jouent avec le feu, en créant les conditions de la paix. ▪