Chronique stratégique du 9 avril 2020 (pour s’abonner c’est PAR ICI)
Alors que partout l’on se gargarise sur le « monde d’après » et sur le fait que tout devra changer, le moins que l’on puisse dire est que les médias français font peu d’efforts pour se changer eux-mêmes, bien au contraire. En plein confinement, ils entretiennent plus que jamais une vision franco-centrée et ne permettent aux Français de voir la situation mondiale que par le petit bout de la lorgnette.
Ils participent ainsi à freiner la possibilité d’une réponse coordonnée à l’échelle planétaire, seul moyen de vaincre la pandémie. Certes, les premiers pas vers une coopération faits par Donald Trump, Xi Jinping, Vladimir Poutine, et dans une certaine mesure Giuseppe Conte et Emmanuel Macron sont importants. Mais la lenteur de la coordination fait courir un grand danger aux populations de l’hémisphère sud, où l’épidémie menace de déferler à tout instant.
Car, sans une aide internationale, les pays sous-développés seront impuissants à empêcher une terrible tragédie, comme on peut déjà le voir en Asie – et en particulier en Inde et en Indonésie – où les gouvernements, qui ont ordonné le confinement fin mars, sont dépassés par une exode massive des travailleurs pauvres hors des grandes villes.
Le sous-développement est le talon d’Achille de l’humanité et, dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, ne pas s’engager dans une coopération planétaire reviendrait à se rendre complice d’un crime sans nom.
Exode massive
Si les mesures de distanciation sociale sont possibles…