Élections
Avant toute démarche auprès des banques, il faut se munir de bonnes chaussures de marche, d’un téléphone et s’armer d’une bonne dose de patience. Le 14 juin, la Préfecture confirmait ma désignation en tant que mandataire financier de Jacques Cheminade, candidat pour la 11e circonscription des Français de l’étranger.
Le 15 juin, partie de bon matin à l’ouverture des agences bancaires, j’allais à la rencontre de leurs conseillers financiers. Munie au préalable d’un plan de la ville sur lequel j’avais pointé les adresses d’une dizaine de banques, je partis frapper à leur porte. Je ne peux nier que l’accueil fût des plus aimables, quelle que soit l’enseigne. Tous prirent mon dossier, me promettant une réponse sous 15 jours. Or, nous étions le 15 juin et en ajoutant 15 jours, on arrivait au 30… le jour des élections !
Il me restait malgré tout une autre option : déposer un recours de droit au compte auprès de la Banque de France (BdF)… Mais là encore, contretemps : pour pouvoir le faire, nous devions attendre 15 jours la fameuse réponse, positive ou négative, des banques. Vous pouvez recalculer si vous voulez.
Ici, il faut une explication : le remboursement des frais de campagne par l’Etat est engagé si le candidat a obtenu plus de 5 % des voix. Or, ce remboursement n’est possible qu’après le dépôt légal du compte de campagne et sur présentation des relevés bancaires de ce compte. Bien évidemment, si le candidat ne possède pas de compte bancaire, pas de remboursement ! Il existe une alternative : un parti politique peut prendre en charge les frais de campagne du candidat mais il ne peut demander de remboursement.
Un événement inattendu vint à mon secours. Face à l’afflux inhabituel d’appels à un recours venant de mandataires paniqués, la BdF prit une mesure exceptionnelle : « Sans aucune preuve d’un refus d’une banque, le mandataire peut déposer un recours. » Ce que je fis immédiatement et le 16 juin, j’obtins un rendez-vous rapide auprès de la BdF. Un courrier désignant d’office une banque devait me parvenir dans les plus brefs délais. Malheureusement, la réponse tardait. Du coup, faute de pouvoir recueillir des dons sur un compte (inexistant), le parti S&P dut prendre en charge les frais de la propagande électorale et de campagne sur le terrain, comme il en a légalement le droit.
Sitôt le compte ouvert, il faudra le fermer.
Pour fournir la propagande électorale, un délai bien trop court de 24 heures après l’approbation de la Commission de propagande nous était imposé. Si la BdF a répondu favorablement à notre recours, son courrier ne nous est parvenu que le 15 juillet, et le 24 juillet, j’obtenais enfin un rendez-vous avec le conseiller de la banque officiellement désignée par elle. C’est donc 24 jours après le premier tour de l’élection que l’on a enfin pu monter un dossier d’ouverture de compte, chéquier et carte bancaire devant m’être envoyés par courrier dans un délai de 15 à 30 jours…
Mais sitôt le compte ouvert, il faudrait le fermer puisqu’il restera inactif, n’ayant plus le droit d’y déposer de l’argent, la date des élections étant dépassée. Bizarre ? Non, on a l’obligation légale d’ouvrir un compte électoral et nous devions déposer nos comptes de campagne à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) avant le 11 octobre 2024.
Bien sûr, ce compte ne servira à rien et il n’y aura rien à déposer à la CNCCFP. Ce qui ne veut pas dire que ces élections n’ont rien coûté puisque c’est le parti Solidarité & Progrès qui a pris en charge tous les frais de campagne...
Voici un petit aperçu des aventures rocambolesques d’un mandataire financier en quête de compte de campagne électorale. Nullement découragés, nous avons immédiatement repris nos actions militantes et nous vous invitons à rejoindre les équipes de Solidarité & Progrès et à les soutenir par vos dons ! ▪