GAFAM ? BRICS ?

Macron doit choisir !

mercredi 5 juin 2024

Avez-vous entendu parler du sommet Choose France qui s’est déroulé le 13 mai à Versailles ?

Manifestation contre la retraite à 64 ans.
Manifestation contre la retraite à 64 ans.
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Le président de la République y a reçu près de 200 grands investisseurs internationaux qui ont fait 56 annonces d’investissements en France, pour un total de 15 milliards d’euros et 10 000 emplois potentiels. Ces investissements, prétend M. Macron, seraient la clé pour une réindustrialisation rapide de notre pays.

Le gouvernement s’est aussi vanté, à cette occasion, que la France ait été désignée, pour la cinquième année consécutive, comme « le pays le plus attractif d’Europe pour les investissements de l’étranger (IDE) ». En 2024, 1194 projets ont été recensés en France, selon le cabinet EY, contre seulement 985 au Royaume-Uni et 733 en Allemagne.

Regardons cependant de plus près de quoi il s’agit, car nous savons tous qu’en matière d’emploi et de niveau de vie des populations, notre pays va mal, et même très mal.

Une OPA de Wall Street ?

Ces banques sont soupçonnées de ne pas respecter les régulations sur le blanchiment d’argent sale.

Ce qui est d’abord inquiétant est la présence à ce Choose France des principales banques de Wall Street : JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley, à qui, selon Les Echos, notre Premier ministre « a déroulé le tapis rouge ». Le quotidien d’information économique note également que M. Macron « cultive des liens privilégiés avec Jamie Dimon, (...) patron de la première banque de Wall Street, JP Morgan ».

Or, depuis la crise de 2008, ces banques sont régulièrement soupçonnées par les autorités de contrôle de ne pas respecter les régulations sur le blanchiment d’argent sale. A ce titre, elles devraient aussi intéresser les autorités de lutte contre le trafic de drogue qui veulent mener une vraie guerre contre ce fléau en France (voir article N° 4).

Autre sujet de préoccupation, et non des moindres, les plus grosses annonces d’investissements viennent de Microsoft (4 milliards d’euros) et d’Amazon (1,2 milliard d’euros), deux membres des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), ces géants de la communication, maîtres aussi de l’espionnage des populations, qui, avec l’intelligence artificielle, sont venus renforcer considérablement la puissance militaire des Etats-Unis.

Or, Choose France nous est présenté par M. Macron comme la clé pour réindustrialiser et rétablir la souveraineté de la France ! La ficelle est un peu grosse pour l’homme qui a bradé Alcatel, Alstom, Arcelor et Technip !

La réalité derrière Choose France

Première question à se poser : combien nous coûte la participation de ces investisseurs ? On les attire par de fortes incitations fiscales, notamment le crédit impôt recherche (CIR), que la Terre entière nous envie car il permet de déduire jusqu’à 30 % des dépenses de R&D, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, qui ne tient pas compte du capital ni des revenus du déposant (un véritable cadeau pour les investisseurs richissimes) et la baisse des impôts de production. Pour Vincent Vicard, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), cette politique coûte à l’État « entre 50 et 60 milliards d’euros de dépenses fiscales par an, des sommes importantes qui pourraient être utilisées ailleurs ».

Et c’est là où le bât blesse : « Ailleurs », dans les hôpitaux, les écoles, les transports, dans une France smicardisée, les employés peinent à survivre avec des salaires de misère. « Ailleurs », non seulement l’État ne crée pas de travail, mais impose l’austérité au peuple. Plus difficile d’être exigeant avec des chefs d’entreprise richissimes que de couper les allocations à un chômeur ou d’éliminer deux ans de retraite à des Français qui ont durement travaillé toute leur vie.

En réalité, ce qui répondrait à notre propre besoin de réindustrialisation, c’est l’offre de paix par le développement économique des BRICS, et de meilleurs salaires pour nos populations.