Surtitre essai
Parlant de l’Ukraine, Macron ne cesse de scander que « c’est notre guerre » (à nous, les Européens), phrase qui correspond au titre du dernier livre de Nicolas Tenzer (Notre guerre : le crime et l’oubli, pour une pensée stratégique, janvier 2024), soutien notoire du candidat Macron en 2017. Bardé de diplômes, Tenzer a occupé des postes de haut niveau dans plusieurs gouvernements. Président du Centre d’études et de recherches sur la décision politique (CERAP) de Science Po, il est devenu le président exécutif du très américain Aspen Institute France. En 2021, il est adoubé par le Center for European Policy Analysis (CEPA), autre lobby américain financé directement par la « Russia Initiative » de l’US European Command (Pentagone), la NED, Lockheed Martin, Amazon et les fondations Smith Robertson et Scaife, grands mécènes de l’ultra-droite va-t-en guerre néo-conservatrice américaine.
Le 29 janvier, M. Tenzer était l’un des « experts » audités par une commission sénatoriale sur l’ingérence dans la vie politique de puissances étrangères, principalement la Russie et la Chine, qualifiées la moitié du temps non seulement d’« hostiles » mais carrément d’« ennemies » de la France (rien à voir avec nos « amis » américains). Sans hésitation, Tenzer accuse la Russie d’amplifier toute forme d’opposition à Macron, depuis les Gilets jaunes jusqu’aux agriculteurs qui contestent les énormes cadeaux faits à l’Ukraine au détriment de l’agriculture française. Quelle honte ! Pour Tenzer, tout Français qui affirme qu’on risque une guerre nucléaire, que l’Ukraine a perdu la guerre et qu’il est temps de négocier, ne fait que répéter la propagande de Moscou. Les sénateurs sont sommés de traquer et harceler financièrement les « collabos », qu’il s’agisse de Sarkozy, Fillon, Raffarin ou de voix dissonantes telles que le Centre français de recherche sur le renseignement d’Eric Denécé (qui a démystifié de nombreux récits anglo-américains sur la Syrie et l’Ukraine) ou encore l’ancien colonel français Caroline Galacteros, présidente du groupe de réflexion Geopragma. Tous devront être dénoncés et réduits au silence, selon M. Tenzer.
Le 26 février, le secrétaire du Parti socialiste français, Olivier Faure, a qualifié d’« inquiétante légèreté » la déclaration d’Emmanuel Macron sur la possibilité d’envoyer des troupes françaises en Ukraine. Entrer en guerre avec la Russie serait une « folie », selon le premier secrétaire du PS, qui affiche ainsi une position radicalement opposée à celle de Raphaël Glucksmann, le candidat du même PS pour les européennes... Ce dernier ne cesse d’appeler le gouvernement à « passer en mode économie de guerre ». Pour régler la facture des 800 000 obus en achat groupé à l’échelle européenne, mobilisons l’épargne des Français ! Raphaël est le fils d’André Glucksmann qui, avec son ami Bernard-Henri Levy, sont devenus de sombres néo-conservateurs français.
Entre 2005 et 2012, Raphaël Glucksmann a été conseiller du président géorgien Saakachvili, marionnette du milliardaire George Soros. Son épouse, Léa Salamé, est la fille de Ghassal Salamé, ancien ministre libanais de la Culture qui siège actuellement au conseil d’administration de l’International Crisis Group (Bruxelles), créé à l’origine avec des fonds de l’Open Society Foundations de Soros. À la télévision française, la journaliste Léa Salamé peut inviter son père le matin, puis son mari, plus tard dans l’après-midi, pour y dénoncer comment Poutine mène la guerre contre nos démocraties.