Appel à la création d’un Conseil de la raison pour la paix mondiale

mercredi 18 septembre 2024

Le 23 juillet, Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente internationale de l’Institut Schiller a lancé l’appel suivant :

À en juger du récent sommet de l’OTAN à Washington, qui a défini la Russie comme la « menace la plus importante et la plus directe », la Chine comme un « défi systémique pour la sécurité euro-atlantique » et la perspective d’une OTAN globale, il semble qu’il n’y ait plus de place pour la diplomatie et le dialogue pour résoudre les conflits. Les escalades actuelles en Ukraine, au Proche-Orient et dans l’Indo-Pacifique, ont chacune le potentiel de dégénérer en conflit nucléaire.

Toutes les valeurs autrefois si chères, la « démocratie », les « droits de l’homme », la « liberté d’expression » et bien d’autres, ont été érodées par une politique de deux poids, deux mesures. En résumé, la communauté mondiale traverse une profonde crise civilisationnelle et culturelle, à laquelle il est urgent de remédier.

Il existe diverses initiatives de paix :
1- celle du pape François, qui a proposé sa médiation dans la guerre en Ukraine ;
3- le plan de paix sino-brésilien ;
2- celles de plusieurs dirigeants africains ;
4- l’accord de paix défendu par le président Erdogan de Turquie.

Cependant, tant que les principales institutions occidentales s’en tiendront à l’objectif d’infliger à la Russie une « défaite stratégique », comme le veut désormais la politique officielle de l’UE, la diplomatie et le dialogue seront bannis.

Le danger de voir le monde se diviser en deux blocs est grand, l’Occident collectif d’un côté, et la majorité mondiale de l’autre. Si cela se produit, nous pourrions non seulement assister à une nouvelle version de la guerre froide, à un découplage économique et à d’énormes chocs, voire à des krachs (financiers), mais aussi à un conflit nucléaire mondial annihilant toute trace de vie sur Terre.

Il semble que nos dirigeants aient oublié les expériences horribles des dernières guerres mondiales qui ont appris à leurs parents et grands-parents que personne ne sort victorieux de tels conflits. Le fait qu’il ne semble plus y avoir de place pour la diplomatie et la résolution des conflits par le dialogue devrait horrifier quiconque a une once de raison (...).

Les Nations unies nécessitent d’être réformées (voir article sur la résolution 377), mais elles restent le seul moyen de rassembler les nations. Lorsque ses institutions sont érodées, la loi de la jungle prend le dessus. Seuls quelques pays respectent actuellement la Charte de l’ONU, d’autres estiment qu’ils doivent présider un ordre fondé sur des règles qu’eux seuls ont écrit. Cela n’est pas le droit international, mais le droit appliqué au bon plaisir de certains.

Dans tous les pays, il existe des hommes et des femmes sages, issus pour la plupart des anciennes générations, qui suivent la crise mondiale actuelle avec grande inquiétude et qui pourraient et devraient apporter leurs connaissances et leur expertise pour formuler des options permettant de sortir l’humanité de cette crise par le haut.

Nous appelons donc les hommes d’État expérimentés, les leader religieux, les anciens diplomates et élus, les militaires à la retraite et d’autres dirigeants civils de toutes les nations à se manifester et à fonder un « Conseil de la raison » (ou Conseil de sages) pour élaborer les contours d’une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement prenant en compte les intérêts de tous.

Ce qui a existé par le passé a de quoi nous inspirer : le concile de Florence de 1439 qui a unifié l’Église chrétienne, du moins pour une courte période ; la paix de Westphalie de 1648, qui a mis fin à la guerre de Trente Ans et jeté les bases du droit international ; et la Commission sud-africaine pour la vérité et la réconciliation, qui a permis d’abolir l’apartheid.

Ces exemples doivent nous inspirer pour imaginer des idées nouvelles et audacieuses en vue de créer aujourd’hui un Conseil de raison, rassemblant toutes les sources morales et intellectuelles dont l’humanité dispose pour éloigner le monde du bord du gouffre. ▪