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AccueilPlusConférence internationale de l’Institut Schiller Flörsheim, Allemagne, 24-25 novembre 2012

Ali Reza Sheikh Attar : Les conséquences globales de l’instabilité au Moyen-Orient

La rédaction

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Transcription

Discours de Ali Reza Sheikh Attar, Ambassadeur de la République Islamique d’Iran en Allemagne.

Le 24 novembre 2012

Mesdames et messieurs : Tout d’abord, je voudrais exprimer ma gratitude envers l’Institut Schiller pour avoir organisé cette conférence, en particulier Mme LaRouche et ses collègues. Ensuite, je dois dire que j’apprécie et admire le discours informatif de Mme LaRouche, qui m’évite de dire ce que souhaitais vous dire. Et je ne souhaite aucunement répéter toutes ces choses.

Mon discours aura pour thème les Conséquences Globales de l’Instabilité au Moyen-Orient, ce qui se situe dans la continuité de ce que Mme LaRouche a mentionné.

Avant d’en venir au coeur de ce que je souhaite dire, il nous faut comprendre tout d’abord ce qu’est le Moyen-Orient. Car, selon les textes classiques, le Moyen-Orient est constitué en gros du monde arabe, plus l’Iran. Et selon les critères qu’on utilise, la Turquie fait également partie du Moyen-Orient. Mais à l’heure actuelle, si on observe ce qui se déroule en Afghanistan et au Pakistan, et les conséquences de ces groupes qui sont actifs et qui ont été entraînés dans cette région, dans tout le Moyen-Orient, je pense que nous ne pouvons exclure l’Afghanistan et le Pakistan du Moyen-Orient.

Le Moyen-Orient est important à plus d’un titre. Il y a son importance géographique, car il est un pont entre trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Et il y a de très importantes voies de communication au Moyen-Orient – peut-être les plus importantes au monde, comme le Canal de Suez, le Détroit d’Hormuz, le Golfe Persique, ou encore Gibraltar, Bab el-Mandab, qui sont cruciaux pour l’économie mondiale.

Il y a également l’importance économique du Moyen-Orient. Presque les deux-tiers de l’énergie exportée dans le monde civilisée est produite, ou transite par cette région.

On ne peut pas ignorer non plus l’importance culturelle du Moyen-Orient : il est le creuset de la civilisation. Les civilisations qui ont compté le plus dans l’évolution de l’espèce humaine depuis des milliers d’années sont nées dans cette région, en Mésopotamie, en Iran et dans d’autres pays du Moyen-Orient.

Enfin, dernier élément et non des moindres : son importance politique. Car aujourd’hui, et depuis le XXe siècle, les crises les plus importantes, celles qui ont concerné le monde entier, ont été générées depuis le Moyen-Orient.

A présent, après cette brève introduction, je voudrais souligner ce qui constitue les points communs, les causes premières de l’instabilité au Moyen-Orient ; les conséquences régionales et globales des instabilités ; le double-jeu de certains acteurs ; et souligner trois points importants qui, aujourd’hui au Moyen-Orient, préoccupent les intellectuels du monde entier. La crise civile, la cause du conflit, et les enjeux nucléaires de l’Iran.

Le Moyen-Orient est à l’origine de nombreuses religions et civilisations. Toutes les religions d’Abraham sont basées sur la paix et depuis des siècles, les membres de différentes religions ont vécu en paix les uns avec les autres au Moyen-Orient. Il est intéressant pour chacun d’entre vous de savoir qu’au cours des Croisades, tous les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans se sont unis pour défendre Jérusalem, Bethelmoqadas (Jérusalem en perse, NDT) des envahisseurs venus d’Europe. Ainsi, en fait, les Croisades n’ont jamais été des guerres de religion, car au Moyen-Orient, toutes les religions défendaient ensemble leur identité, leur civilisation et leur territoire.

Je me souviens, une fois que j’étais à une conférence, Samuel Huntington, qui a créé cette théorie bizarre du « Choc des Civilisations », évoquait des affrontements entre Chrétiens, entre la Chrétienté et le Judaïsme, qui sont selon lui du même niveau qu’entre l’Islam et le Bouddhisme, etc. J’ai levé la main et je lui ai dit, « Professeur Huntington, pourquoi n’évoquez-vous pas le fait que durant les Croisades, les juifs du Moyen-Orient et les Chrétiens défendaient leurs pays côte à côte, avec les Musulmans ? » Il m’a fait une réponse très étrange. Il a dit que « selon nous, lorsque nous parlons de la chrétienté, nous parlons des Chrétiens occidentaux ». [Rires] En d’autres termes, peut-être que les Chrétiens qui vivent ailleurs qu’en occident sont des chrétiens de seconde zone, ou pas chrétiens du tout. C’est ce qu’il a dit – c’est une citation.

Ainsi, l’atmosphère, l’atmosphère historique et culturelle originale du Moyen-Orient ne relève pas de la compétition, avec affrontements et crises. Il s’agit plutôt de compétition dans la paix. Pourquoi cela n’est-il pas véritablement le cas ? Les causes fondamentales des instabilités au Moyen-Orient remontent à la politique du « diviser pour régner » qu’ont suivi les puissances mondiales dans la région, en particulier les britanniques, depuis le début du XXe siècle.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’un des principaux objectifs des forces alliées, en particulier les britanniques et les français, a été la désintégration et la disparition de l’Empire Ottoman. Bon, à vrai dire, ils avaient des problèmes historiques avec eux depuis le XVIe siècle, et après que l’Empire Ottoman devienne l’« homme malade de l’Europe », ils ont profité de l’occasion et ont cru qu’ils pouvaient maintenant prendre leur revanche pour tout ce qu’ils avaient enduré avec l’Empire Ottoman.

C’est ainsi que, juste après la Seconde Guerre mondiale, ils ont essayé de dessiner de nouvelles frontières, des divisions artificielles au Moyen-Orient. Bien sûr, le souvenir des Croisades était encore très vivace dans leur esprit. Sykes, le britannique, autant que Picot, le français, au début des années 1920, ont dessiné de nouvelles frontières au Moyen-Orient, qui étaient complètement artificielles et qui n’avaient aucun lien avec les réalités historiques. Ils ont créé ni plus ni moins des pays artificiels ! L’Irak en fait partie. Bien que Bagdad, comme l’a mentionné Mme LaRouche, il y a mille ans de cela, fut une glorieuse capitale de culture reconnue à travers le monde entier, et en particulier dans le monde musulman, l’Irak, dans le contexte actuel, n’a pas et n’a jamais eu cette authenticité et cette originalité historique.

La Turquie également ; la Turquie qui existe actuellement, si vous parcourez l’histoire, n’était pas cela. La Syrie, le Liban, la Jordanie, même l’Arabie Saoudite – toutes ces frontières ont été tracées artificiellement, dans le but de « diviser pour régner ».

Et ceci a été la raison pour laquelle des ethnies, des minorités variées, ont été instaurées dans tous ces pays. Ainsi, les problèmes ethniques, les problèmes inter-ethniques ont été créés de toute pièce dans cette partie du monde. Les Kurdes-Arabes, Chiites-Sunnites, Druzes,... Wahhabites et autres Sunnites. Et il semble que les deux personnes qui ont fixé ces frontières ont suivi les mêmes cours à la même école : car Staline, lorsqu’il a dessiné les frontières des républiques de l’ex-Union Soviétique, a fait la même chose : il a désintégré le Tajikistan, l’a découpé en morceaux et l’a donné à l’Ouzbékistan. Et même de nos jours, c’est un sujet conflictuel entre ces pays, ou entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Ces frontières artificielles, mis à part les problèmes ethniques, ont créé un autre problème très important, qui, avec le temps, a rendu son importance d’autant plus visible : c’est le problème de l’eau.

Les rivières, qui irriguaient les pays du Moyen-Orient sans aucun problème depuis des centaines de milliers d’années, ont été découpées en fonction de ces divers pays. Et aujourd’hui, quel est le problème crucial entre la Syrie et la Turquie, l’Irak et la Turquie ? C’est le Tigre et l’Euphrate.

Une autre cause d’instabilité au Moyen-Orient, c’est la création d’Israël, et l’apport d’un soutien inconditionnel pour cela. Bon, ils ont essayé de créer une raison idéologique pour la création d’Israël. Ce n’est ni le lieu ni le moment pour évoquer ce problème, mais je pense qu’il a suffisamment été évoqué, même parmi les juifs eux-mêmes, qu’Israël n’était pas le pays des Juifs qui avait été promis par le Prophète Mahomet.

La création d’Israël, c’est la Déclaration de Balfour, le Ministre des Affaires étrangères britannique en 1917. Et ils ont encouragé les Juifs d’Europe orientale – il est intéressant de noter qu’il n’en a pas été de même pour les européens occidentaux, car les Juifs d’Europe occidentale vivaient dans de bonnes conditions économiques ; et les Juifs d’Europe orientale pouvant leur causer des problèmes, ainsi qu’à toute l’Europe occidentale, en particulier suite à la création du Communisme. Ils ont donc incité les Juifs d’Europe orientale à partir au Moyen-Orient, et leur migration ne s’est pas faite de manière naturelle.

Bien qu’à l’origine, ils n’étaient qu’en quête d’un territoire, après avoir créé une communauté, ont alors débuté les affrontements entre cette communauté et les autochtones de cette région. Et à partir de là – nous sommes au milieu des années 1920 – jusqu’à aujourd’hui, environ 90 ans, ces affrontements se sont intensifiés.

Une autre cause est le soutien de la corruption et de l’inefficacité des gouvernements dictatoriaux au Moyen-Orient. Les Moyen-Orient et l’Iran sont un des berceaux de la démocratie. En 1905, en Iran, s’est produite une révolution constitutionnelle, et la monarchie d’Iran s’est transformée en monarchie constitutionnelle. Mais cela ne s’est pas produit ailleurs, même en Turquie, où ce fut différent.

Au Moyen-Orient, presque tous les pays étaient des dictatures. Et, bien que la démocratie, comme en occident, est sensée être le principe de base, ce principe n’a pas été décliné au Moyen-Orient, et les meilleurs alliés de l’occident au Moyen-Orient, furent les plus grandes dictatures ! Maintenant, cela est parfaitement évident pour tout le monde. Quant aux puissances occidentales, pour un temps les britanniques, puis les américains, et bien sûr les français, ont fait de leur mieux pour apaiser les voix de la démocratie et de l’indépendance, et ce dans tout le Moyen-Orient. Si vous faites de l’histoire comparative, vous pouvez trouver de nombreux exemples de cela.

Même l’Union Soviétique, qui considérait l’occident comme un rival, puis à voulu avoir également une présence au Moyen-Orient, a soutenu des dictateurs, et n’a soutenu aucune démocratie. Il est intéressant de noter qu’elle a soutenu ces régimes, qui ont massacré des membres du parti communiste dans son pays, comme l’Irak et la Syrie. Elle a soutenu le parti Ba’ath. Le parti Ba’ath est un parti avec une idéologie spécifique mais, soutenu par les occidentaux, l’architecture de Ba’ath reposait sur Michel Aflaq, un chrétien syrien qui a étudié en France, et le parti Ba’ath a toujours été soutenu à la fois par l’Union Soviétique et les occidentaux. C’est vraiment ironique.

Une autre cause, c’est l’intervention et l’occupation pour contrôler les ressources naturelles, car comme je l’ai dit, la majorité de la production de pétrole dans le monde se fait au Moyen-Orient. En d’autres termes, le Moyen-Orient est comme le cœur d’une personne, qui pompe le sang, et le Moyen-Orient pompe le pétrole de l’économie. Et pour les pays occidentaux, avoir le contrôle des ressources naturelles et des ressources énergétiques du Moyen-Orient est absolument crucial.

La première politique de conciliation envers le mouvement qui était opposé à ce contrôle, se déroula en Iran. En 1951, lorsque le gouvernement de Mossadegh, un gouvernement élu de manière parfaitement démocratique, arriva au pouvoir, et nationalisa l’industrie du pétrole iranien, et au bout de deux ans, avec l’aide de britanniques et d’américains, au cours d’un coup d’Etat militaire – et non pas au cours d’une élection – il fut renversé et mis en prison. Nombre de ses collaborateurs furent mis en prison puis exécutés. Bien sûr, Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis il y a quelques années, a déclaré dans un de ses discours : « Oui, nous sommes absolument désolés pour ce qui s’est passé. »

Et il y a eu beaucoup d’autres exemples. L’un d’entre eux fut le soutien à la guerre de l’Irak contre l’Iran. Saddam Hussein a été encouragé par les américains, et aujourd’hui on sait que Donald Rumsfeld, le président du Comité de la Défense de l’administration Reagan à cette époque, qui fut au cours de l’administration Bush Junior secrétaire à la Défense, est allé en Irak, a rencontré Saddam Hussein, et maintenant, tous les documents sont disponibles. Ils en ont même fait un film. Et on peut regretter que même un pays comme l’Allemagne, dans ce pays où nous sommes, eh bien ce sont des entreprises de ce pays qui ont soutenu Saddam Hussein en fournissant la technologie d’armes chimiques, et c’est Saddam Hussein qui a utilisé des armes chimiques pour la première fois depuis la Première Guerre mondiale, qui ont fait 100 000 victimes. Et aujourd’hui, la majorité d’entre elles ont développé différents types de cancers, et meurent jour après jour, 20 ans après.

Le deuxième exemple récent a été l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, au XXIe siècle, et pour laquelle Mme LaRouche a mentionné quelques-unes des raisons. Je ne vais pas les répéter. Mais à présent, il est assez évident pour tout le monde que cela s’est fait grâce à une documentation frauduleuse, afin de démarrer une guerre contre eux, soit à cause du 11 septembre, soit à cause d’armes de destruction massive supposées, en Irak. Et cette tragédie a causé la mort d’un million de personnes autochtones et locales.

Madame LaRouche a évoqué les victimes parmi les américains ; je ne veux pas le répéter. Mais un million de personnes ont été tuées en Irak et en Afghanistan, directement ou indirectement, à cause des sanctions, à cause des armes, à cause des armes radioactives, d’armes de faible radioactivité que les Etats-Unis ont utilisé contre elles, et à cause de beaucoup d’autres raisons.

L’autre raison fondamentale, c’est le soutien de sectes et autres groupes séparatistes. Comme je vous l’ai mentionné, il s’agit de frontières artificielles. Des groupes ethniques ont été parcellés, et ces problèmes ethniques ont été provoqués et nourris. En soutenant des groupes extrémistes, les britanniques, par exemple, ont beaucoup aidé à soutenir la création du Wahhabisme ou du Salafisme au XIXe siècle. Aujourd’hui, de nombreux documents, y compris celui de M. Humphrey, le diplomate britannique d’alors, dont le livre a été publié, explique comment il a encouragé Abdul Wahhab, et comment il l’a aidé à créer une nouvelle fraction dans l’Islam. Et c’est à cause de cette fraction extrémiste que nous avons, aujourd’hui encore, après plus d’un siècle et demi, des problèmes avec le Salafisme et Al-Qaïda. Cela remonte à cette époque.

Il est ici question de soutien aux groupes séparatistes en Iran, Irak, Turquie, etc. comme les Kurdes, les Arabes, les Balochs. A nouveau, rien de tout cela n’est caché. Par exemple, les leaders de ces groupes séparatistes kurdes, en Turquie ou en Iran, comme le PKK, vivent en paix, ici, en Allemagne. Et au moment où une quelconque opération terroriste se produira en Iran ou en Turquie, ces leaders qui vivent ici en Allemagne vont s’exclamer, « oui, cela s’est produit ! » Et personne ne va aller leur demander pourquoi cela a eu lieu, qui ils sont, quels sont les liens avec eux ? J’espère qu’un jour le Tribunal Constitutionnel réalisera une enquête sur ces conspirations.

Et puis il y a eu récemment la création du concept de « Croissant chiite », une nouvelle manifestation du « diviser pour régner », pour se servir des différences religieuses. Rappelez-vous d’il y a quelques années, tout d’abord, le Roi Abdallah de Jordanie a dit : « Regardez, ceci est un grand danger que le croissant chiite qui s’étend du Liban à la Syrie, l’Irak, une partie de l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Iran, le Bahreïn, le Pakistan, l’Afghanistan, cela forme comme un croissant, et ce croissant est la cause réelle de l’instabilité et des guerre dans la région ! » Il était temps qu’il le mentionne. Ironiquement, les ancêtres du Roi Abdallah étaient Chiites. Ils étaient soutenus par l’Arabie Saoudite.

L’Arabie Saoudite, en apparence, avait d’excellentes relations diplomatiques avec l’Iran, le plus grand pays chiite. Mais au moment où l’on pouvait facilement s’entendre, comme pour la guerre au Liban, ou la guerre civile en Irak, eux, à cause de cette phobie – j’appelle cela une phobie, une phobie du « Croissant chiite » - ils se refusaient de procéder à une quelconque réconciliation. Et vous voyez où cela nous a mené dans cette région.

Et l’une des plus importantes raisons d’instabilité dans le Moyen-Orient, c’est le double-jeu, le double-jeu de l’occident. Lorsque vous pensez que la démocratie ou les droits de l’Homme sont une valeur, cela ne doit pas être le cas uniquement dans certains pays. Les droits de l’Homme, dans tous les pays, devraient être une valeur, devraient être respectés, et leur violation devrait être punie.

Maintenant, je vous demande à vous : décapiter ceux qui ont été accusés d’activités criminelles, ou leur couper les mains, cela, selon les normes occidentales, va définitivement à l’encontre des droits de l’Homme. Or, il se trouve que le meilleur allié de l’Occident, dans notre région, décapite des gens. Bien sûr, je ne vous recommande pas de regarder cette séquence à l’écran. Il s’agissait d’un film sur une femme indonésienne, qui était en Arabie Saoudite, travaillant pour une famille saoudienne. On a dit qu’elle avait tué son maître ; elle a été décapitée dans l’un des jardins de la ville, puis un hélicoptère a pris sa main et l’a faite voler à travers la ville pour la montrer au peuple pour servir de leçon. C’était au cinéma. Et personne n’a dit un seul mot là-dessus dans les pays occidentaux !

Voilà ce qu’est le double-jeu. Mais lorsque quelqu’un, dans un pays qui n’est pas en bons termes avec l’Occident, est jeté en prison, toutes les associations de droits de l’Homme crient au scandale, que ce soit à tort ou à raison.

La démocratie est une valeur universelle. Tout le monde aime la démocratie. Même l’Islam est en accord total avec la démocratie. Mais, ironiquement, nous constatons que l’argent de ces pays, qui n’ont jamais goûté à la démocratie, et qui n’ont jamais laissé la démocratie grandir dans leur pays, financent l’opposition en Syrie, pour la « protection » de la démocratie, et ce financement est fait sur instruction des pays occidentaux, ceux-là même qui disent à qui veut l’entendre qu’ils veulent que la Syrie devienne démocratique. C’est vraiment une blague.

Une fois, au cours d’une conférence comme celle-ci, j’ai mentionné qu’au XXIe siècle, nous sommes témoins de deux blagues qui sont vraiment, vraiment à mourir de rire : l’une est qu’Israël, avec ses 300 têtes nucléaires, se fait du souci à cause des activités nucléaires de l’Iran, qui ne possède même pas la plus petite arme, et dont personne ne dit qu’il l’a posséderait ! Et l’autre, c’est que ces pays, comme le Quatar et l’Arabie Saoudite, financent de manière très conséquente et soutiennent l’opposition dans un pays comme la Syrie, afin d’instaurer la démocratie. Ce sont vraiment des blagues à mourir de rire.

Ce sont là des exemples d’un double-jeu. Au Bahreïn, lorsque la majorité monte et proteste contre la dictature et la discrimination de son gouvernement, alors les saoudiens débarquent dans ce tout petit pays, et personne ne proteste ! Personne ne proteste. Au contraire, on les soutien. L’opposition bahreïni n’est même pas autorisée à manifester ou à tenir des conférences.

A Gaza, vous vous souvenez de ce qui s’est passé ces dernières semaines : les Israéliens suspectaient des groupes terroristes – comme ils les appellent – ou des groupes de résistance à Gaza. Ils ont bombardé des maisons, des enfants ont été tués. Gaza et le Hamas ont répondu en tirant des missiles. Puis ils ont bombardé de plus en plus – quelles ont été les victimes de ces bombardements ? Les militants ? Non. Aujourd’hui, ça n’a plus d’importance. Enfants, femmes, vieillards, non militants ! Ils ont même bombardé un grand immeuble – ça ne pouvait pas être une erreur – qui abritait tous les masse médias, et les journalistes étaient là.

Et personne n’a accusé qui que ce soit ! Au contraire, ici, en Occident, ils ont dit qu’il s’agissait du « droit des israéliens à défendre leur sécurité ». Mais ce droit est-il exclusif pour Israël ? Les palestiniens n’ont-ils pas le droit de défendre leur sécurité ?

Que se passe-t-il en Syrie, maintenant. Je vais y venir, mais comme un exemple de ce double-jeu. Soutenir et armer des groupes extrémistes, dont la plupart sont des étrangers. Vous savez, au moment où je vous parle, selon des documents authentiques, il y a plus de 5000 mercenaires, des mercenaires étrangers qui combattent en Syrie, sous l’étiquette al-Qaïda ou jihadistes, car les jihadistes sont, dans un certain sens, différents d’Al-Qaïda. Et ils sont soutenus et financés par ces pays que j’ai mentionnés, et par les Occidentaux. Dans ce cas, le jihadisme ou l’al-Qaïdisme n’est pas mauvais – cela doit être admiré ! Mais aux Etats-Unis ou en Europe, quiconque porte une longue barbe est quasiment arrêté, parce qu’il est suspecté de faire partie d’al-Qaïda.

Bien sûr, je ne veux pas défendre les longues barbes ; ma propre barbe n’est pas longue ! [Rires] Et je ne veux pas défendre non plus ceux qui se sont fait arrêter, je ne veux rien avoir à faire avec cela. Je parle juste de la notion de double-jeu.

Voilà, ce sont là les causes fondamentales des problèmes au Moyen-Orient. Maintenant, quelles sont les conséquences du « diviser pour régner » ? La multiplication de conflits régionaux, la plupart des conflits passés, créés par les puissances coloniales depuis la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas encore été résolus. Et de nouveaux ont été créés : comme le conflit palestinien, libanais, la crise kurde, la guerre civile en Afghanistan, et maintenant la guerre civile en Syrie, l’instabilité pakistanaise, la situation au Yémen. C’est une accumulation de crises.

Deuxièmement, la loi du long terme de dictatures corrompues. Les puissances mondiales soutiennent les dictatures pour conserver leurs intérêts. Et c’est une véritable honte : tout le monde se souvient que Hosni Mubarak, jusqu’à ses derniers jours, était soutenu par l’administration des Etats-Unis et par les Européens.

Une autre conséquence est l’accumulation de problèmes sociaux, politiques, économiques. Mme LaRouche a montré des statistiques, mais il y a bien bien plus que ça sur la pauvreté, l’illettrisme et l’arriération sociale au Moyen-Orient. On peut comparer cela à l’Afghanistan. Même en Arabie Saoudite, qui est un pays très riche, les différences entre classes sont grandes. Au Yémen, qui est un pays très pauvres. En Egypte.

Des millions de gens sont morts dans des conflits internes et régionaux. Comme je vous l’ai dit, en Irak et en Afghanistan, un million de personnes environ ont perdu la vie. Sans parler des blessés, amputés...

Ces instabilités de la région coûtent des milliards de dollars à la région et à l’Occident.

Pourquoi une telle frustration ? Cette frustration est un phénomène réellement dangereux, selon les experts en sociologie et psychologie, la raison majeure pour laquelle la jeune génération se rallie à l’extrémisme et à des groupes extrémistes, c’est la frustration, l’absence d’espoir, la perte d’espoir en l’avenir. Et ceci est une réalité qui se produit ici même. Pourquoi en Libye, qui a été menée d’une main de fer par un dictateur comme Kadhafi, aujourd’hui, c’est al-Qaïda qui prend le pouvoir ? Qu’est-il arrivé à l’ambassadeur américain, ou qu’est-il arrivé aux docteurs iraniens ? Eh bien, bien entendu, en raison de l’empire qu’exercent les masse médias, la prise en otage des docteurs iraniens – sept docteurs iraniens ! - qui étaient là pour aider le pauvre peuple de Libye à la suite de ces conflits internes, ont été pris en otage par des groupes pro-al-Qaïda. Et aucun média n’en a fait état ! Cela a été censuré !

Pourquoi cela se passe-t-il en Libye ? Qui pourrait imaginer qu’en Libye, qui n’est pas un pays pauvre, l’extrémisme a été créé et s’étend ? C’est à cause de la frustration de la jeune génération. Ils ont été frustrés pendant le régime de Kadhafi ; ils ont été encore plus frustrés suite à l’effondrement du régime, et après l’invasion des occidentaux, ici.

Une autre conséquence de cela, qui n’est pas mentionnée ici, eh bien, vous savez, au cours des récentes années, le système unipolaire, qui a été inventé par Blair et Bush à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, aujourd’hui, plus personne ne veut de cette théorie. Cela n’est plus acceptable, et des puissances émergentes ont fait leur entrée en scène. L’une d’elle est la Russie elle-même ; l’autre est la Chine ; bien sûr, il y en a d’autres, comme l’Inde. Ces puissances émergentes ne sont pas seulement des puissances économiques. L’enjeu est qu’elle veulent avoir le droit de parler dans l’arène politique, sur la scène politique. Vous avez vu ce qui s’est passé aux Etats-Unis en ce qui concerne la Syrie. Je suis sûr que ni la Russie ni la Chine sont des amoureux de Bashar al-Assad. Mais elles ont défini de nouveaux intérêts pour elles-mêmes, et il en va d’une autre conséquence : que ces puissances émergentes, qui ont par définition de nouveaux intérêts pour elles-mêmes, intensifient indirectement ces conflits.

Venons-en au conflit syrien : le conflit syrien est soutenu par deux groupes. Les vieilles puissances coloniales, à savoir le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis. Et les sectes dont j’ai parlé tout à l’heure, ambitieuses : Arabie Saoudite, Qatar, qui sont des sectes, et la Turquie, qui est une puissance émergente ambitieuse. Les pays-secte ont une peur phobique du Croissant chiite. La totalité du gouvernement de Syrie, le régime syrien, en tant qu’Alawite, est ami de l’Iran, et doit donc être renversé. Ce n’est pas de la démocratie dont ils ont peur, car il y avait beaucoup plus de démocratie en Syrie qu’en Egypte ou au Yémen.

La Turquie est une puissance émergente qui a de grandes ambitions, et elle a en tête la situation de l’Empire ottoman. Elle veut reprendre son influence régionale.

Le conflit syrien a déstabilisé toute la région : le Liban, l’Irak, la Turquie, la Jordanie et l’Arabie Saoudite. Et n’oubliez pas que la déstabilisation de ces pays, la première région qui sera affectée c’est l’Europe. Vous pouvez vous imaginer ce qui pourrait se passer en Turquie, après la déstabilisation de la Syrie. Les conflits turquo-kurdes, qui ont leurs racines dans les décennies précédentes, et aujourd’hui l’armée turque est impliquée là-dedans. Pouvez-vous imaginer que, Dieu me pardonne, si une guerre civile se déclenche en Turquie, quelles peuvent en être les effets en Europe ?

Les conflits extrémistes, en Egypte, en Libye, en Afrique du Nord, vont s’intensifier après qu’ils auront réussi en Syrie. Pouvez-vous imaginer si le scénario d’Afghanistan se répète ? Regardez la situation de l’Afghanistan et du Pakistan actuellement. Le Pakistan, qui soutient aujourd’hui les groupes extrémistes talibans, est victime des Talibans ! Regardez la situation au Pakistan.

La Jordanie, qui, comme la plupart des analystes le disent, pourrait être la première victime de cette instabilité, car le système en Jordanie n’est pas un système démocratique ; les gens sont frustrés, et pendant ce temps, les groupes extrémistes prennent racine ; les palestiniens sont là. Vous pouvez vous imaginer ce qui se passera en Jordanie.

Arabie Saoudite : la discrimination et les conflits entre Chiites et Sunnites en Arabie Saoudite, et la politique de conciliation des mouvements chiites, dans leur région orientale riche en pétrole.

Les groupes terroristes qui sont entraînés en Syrie s’étendront ensuite partout dans le monde, en particulier en Europe.

Un autre problème, comme exemple de crise régionale, c’est le problème nucléaire iranien. Je ne veux pas entrer dans les détails, je n’ai pas assez de temps, je veux seulement souligner certains points : la cause principale du problème nucléaire entre l’Iran et l’Ouest se trouve à nouveau dans le double-jeu. Avant la création de la République Islamique en Iran, ce sont les Etats-Unis qui conseillaient et faisaient des recommandations à l’Iran, de développer des centrales nucléaires – pas une, vingt ! Ce plan a été réalisé sous la présidence Gerald Ford. Et conseillés par des entreprises américaines, ce sont des entreprises allemandes qui ont commencé les premières le projet à Bushehr, et le second a été démarré par des entreprises françaises au Khuzestan, près de la frontière avec l’Irak. Immédiatement après que la République islamique a été formée, et que le régime dictatorial du Shah a été renversé par le soulèvement du peuple, tous ces projets ont été arrêtés !

Aujourd’hui, si vous allez fouiller dans les dossiers, même à l’époque, l’enrichissement faisait partie du projet. Je pense que même un enfant pourrait répondre à cette question : pourquoi l’énergie atomique, l’activité nucléaire, est légale, logique, lorsqu’elle fait partie du développement d’un régime dictatorial, mais est illégale, dangereuse et cause des problèmes de sécurité pour un gouvernement élu démocratiquement ? Ces projets, le projet Bushehr était abouti à 85%, par les entreprises allemandes, et ils l’ont abandonné.

La politique nucléaire de l’Iran est fondée sur notre croyance, qui est l’Islam. Et la première de ses bases est la justice. Nous voulons jouir de nos droits, en accord avec le NPT [Traité de non prolifération nucléaire], dont nous faisons partie, parmi les premiers signataires en 1968.

Ensuite, il est question de résistance contre la discrimination : nous défendons nos droits et résistons contre les pressions.

Troisièmement, l’égalité. La technologie nucléaire pacifique pour tous, et les armes nucléaires pour personne, sans discrimination.

Voilà nos croyances et nos aspects idéologiques, qui forment la politique nucléaire de l’Iran, et à plusieurs reprises, nous avons mentionné que nous sommes prêts à être soumis à tout type de contrôle légal, mais non discriminatoires. L’enrichissement de l’uranium fait partie du NPT. Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi le Brésil peut faire de l’enrichissement, mais pas l’Iran.

Conclusion : étant donné le sujet de cette conférence, qui évoque un « nouveau paradigme », et avec Madame LaRouche, je voudrais utiliser un autre vocabulaire pour dire le même concept, « nouveau paradigme ». Ce nouveau paradigme peut être établi tout d’abord par la justice. La justice est l’un des cinq principes de notre système de croyance. Croyance en Dieu et en Son Unité ; croyance en le prophète, le Prophète Mohammed ; croyance en la vie après la mort ; croyance en le leadership de l’Imam, et la justice. Ainsi, la justice est semblable à l’Unicité de Dieu.

Deuxièmement, la croyance en la paix et la justice pour tous, politique, religieuse, et des groupes ethniques dans la religion. Si le nouveau paradigme est basé sur cela, alors il peut réussir. Il ne devrait y avoir aucune discrimination en ce qui concerne la justice, les droits de l’Homme, la démocratie, le développement parmi les religions, les groupes ethniques et les différents pays.

Les valeurs sont les valeurs des êtres humains ; ce ne sont pas les valeurs de l’« Ouest » ; ce ne sont pas les valeurs ethniques ; ce ne sont pas les valeurs nationales : ce sont les valeurs des êtres humains, et il ne devrait y avoir aucune discrimination à ce propos.

En Iran, nous avons un bon exemple de cohabitation pacifique de différents groupes politiques, religieux, ethniques, depuis des siècles. Il n’y a jamais eu de guerre religieuse en Iran, comme ce qu’il y a eu ici en Europe, avec la Guerre de Trente Ans, etc. Même aujourd’hui, même si nous avons de toutes petites minorités religieuses, nous avons environ 300 000 chrétiens, et environ 25 000 juifs, et environ 20 000 zoroastriens. Les Chrétiens ont trois membres au Parlement, parce que ce n’est pas – enfin, il faut que je vous dise qu’en Egypte, bien qu’il y ait beaucoup plus de chrétiens qu’en Iran, ils n’ont aucun membre au Parlement. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas de quota. Les minorités religieuses en Egypte sont des minorités partout. Donc quand elles vont voter, les non-religieux obtiennent leurs votes.

En Iran, ces minorités religieuses ont des quota, beaucoup plus que les musulmans. Car, selon nos lois, il y a un membre du parlement pour 300 000 iraniens ; mais les chrétiens, qui sont environ 300 000, en ont trois ; les juifs, qui sont 25 000, en ont un ; les Zoroastriens, qui sont 20 000, en ont un.

Un bon exemple de juifs et de musulmans qui vivent en paix en Iran, c’est un hôpital caritatif qui appartient à des juifs à Téhéran. Il appartient en totalité aux juifs, mais en général les juifs sont des gens riches, ils n’ont pas besoin d’aller dans des hôpitaux caritatifs, et cet hôpital se trouve dans un endroit pauvre de Téhéran, dans le sud de Téhéran. Un pour cent des patients qui vont à cet hôpital sont des musulmans, et presque tous les docteurs sont juifs. Et le président de cette charité est membre du parlement des juifs. Il était en Allemagne il y a quelques mois de cela. Il a demandé un rendez-vous avec le Conseil juif, M. Graumann, et ils ont refusé de lui accorder ce rendez-vous.

Voici donc la vie en Iran. Tous les touristes qui vont en Iran, ils peuvent voir la situation des églises. Nous n’avons jamais eu aucun conflit en Iran !

La paix par les bombardements, et imposer la paix par des drones, cela ne peut durer. Cela ne durera pas. En Afghanistan et au Pakistan, il a été prouvé que cela ne marche pas. La destinée des Syriens devrait être décidée par les Syriens, de manière démocratique. Les systèmes de gouvernement ne peuvent être imposés. Lorsque nous disons « peuple », nous ne disons pas gouvernement ou régime, nous disons peuple. Il y a différents mécanismes, et même la possibilité d’observations internationales là-dessus. Les interventions étrangères n’ont jamais mené à la paix et la démocratie, et y sont contraires.

Le réveil islamique est une réalité, l’Ouest souffre de légitimité et de crédibilité, à cause des politiques passées et actuelles – on ne peut le nier. Regardez le résultat des votes dans ces pays qui ont connu ce soit-disant printemps arabe, qui est en réalité le réveil islamique. Tout le monde, en Arabie Saoudite et au Bahreïn devrait pouvoir également bénéficier de droits égaux et de dignité. Regardez les droits des Chiites et comment on leur interdit de détenir des postes.

L’UE est le grand perdant des instabilités dans son voisinage, je veux dire, le Moyen-Orient. Les instabilités vont s’importer en Europe, via l’immigration et le terrorisme. Nous vivons dans un système mondial multipolaire, et la continuation des instabilités régionales bénéficie aux puissances émergentes.

Avant de terminer mon discours, je voudrais une fois de plus soulever certains points que Mme LaRouche a mentionnés, concernant les projets hydrauliques.

Je dois dire qu’il existe un énorme projet en Iran et un groupe de travail s’en occupe actuellement. L’étude de faisabilité a même été réalisée, pour relier la Mer Caspienne au Golfe Persique. Vous savez, l’Iran, contrairement aux pays arabes, n’est pas un désert. Seulement un tiers, presque 35% de l’Iran est un désert. Ces déserts se trouvent au centre et au Sud-Est de l’Iran qui, si un canal peut être construit de la Mer Caspienne au Golfe Persique, le flux de l’eau, l’humidité et toutes ces conséquences verdiront le désert. Et ce projet est confirmé par l’Iran, et maintenant, on en est aux détails d’ingénierie.

Un autre projet consiste à transférer de l’eau du Tadjikistan, car nous savons que le Tadjikistan, en Asie Centrale, possède d’énormes ressources en eau ; en transférant ces eaux par l’Afghanistan vers le Nord-Est de l’Iran, qui est une énorme région d’agriculture et de tourisme. Au Nord-Est de l’Iran, nous avons une énorme ville, Machhad. Machhad est une région de pèlerinage : chaque année 20 millions – 20 millions de pèlerins ! - se rendent à Machhad, et ils ont clairement besoin d’eau, de fruits, de nourriture. Et il s’agit d’un projet tripartite entre le Tadjikistan, l’Afghanistan et l’Iran.

La liaison des chemins de fer en Iran est une priorité. Maintenant, l’Iran termine sa liaison entre le Golfe Persique vers l’Asie Centrale par deux routes, pas qu’une seule ; le Pakistan est relié à notre réseau, et notre réseau était connecté au réseau turc, et à l’Europe, déjà. Le projet de liaison de l’Irak est presque terminé, et l’Iran, en raison de sa situation géopolitique et géographique, bénéficie de cette situation de transit.

Vous avez mentionné le développement de régions qui connaissent des crises : je peux vous donner un bon exemple avec l’Afghanistan : en Afghanistan, nous avons beaucoup dépensé pour le développement de la zone frontalière avec l’Iran, qu’on appelle Herat. Maintenant, quiconque est allé en Afghanistan affirme qu’il lui semble qu’Herat est une région différente, ou un autre pays que l’Afghanistan ! Car à Herat, ils ont des routes en asphalte, des autoroutes ; ils ont suffisamment d’électricité, des PME qui ont toutes été établies grâce à l’aide de l’Iran.

Merci beaucoup.

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La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Jacques Cheminade
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