Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilChroniques stratégiques
X Logo S&P
Certains articles de S&P sont payants.
4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Hanoi : les leçons du sommet Kim-Trump

La rédaction
Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

On ne peut certainement pas résumer le second sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, qui s’est tenu dans la capitale vietnamienne les 27 et 28 février, par des constats simplistes, comme sont coutumiers du fait la plupart des grands médias occidentaux ; Telle une nuée de vautours se jetant sur une proie facile, ceux-ci se sont en effet précipités pour décréter l’échec du sommet et accabler le président américain.

Car la question des relations internationales est complexe par nature, d’autant plus dans le cas de la Corée du Nord, qui hérite d’une guerre restée en suspens depuis plus de 70 ans, et qui implique les États-Unis, la Chine, la Russie, la Corée du Sud et le Japon, dans le contexte actuel de fortes tensions géopolitiques.

Quand les faucons tournent autour...

Les observateurs scrupuleux du sommet de Hanoï se sont étonnés de la présence aux côtés de Donald Trump de Mike Pompeo, le secrétaire du département d’État, et surtout de John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale – présence non prévue au programme et qui, semble-t-il, a été décidée à la dernière minute.

On sait que Bolton (parfois surnommé John « bomb-’em » Bolton), un faucon de la pire espèce passé maître dans l’art de saboter des accords internationaux, exerce activement une influence néfaste dans les négociations avec la Corée du Nord, et ce depuis son arrivée dans l’administration américaine, en mars 2018 – ce que les responsables nord-coréens n’ont pas manqué de dénoncer publiquement. Avant d’être appelé aux responsabilités par Trump, Bolton avait ouvertement plaidé la « légalité » de frappes préventives américaines contre la Corée du Nord ; de plus, il ne cache pas que son modèle, en matière de désarmement nucléaire, c’est la Libye…

A Hanoï, Stephen Biegun, l’envoyé spécial américain en République populaire démocratique de Corée (RDPC), qui effectue un travail considérable depuis le sommet de Singapour de juin 2018, s’est littéralement retrouvé relégué au second plan : « Quand nous avons vu John Bolton assis à table et Stephen Biegun assis derrière, alors qu’il avait fait tout ce travail de préparation, nous avons eu l’impression que quelque chose de louche se passait ici », dit Christine Ahn, fondatrice et coordinatrice internationale du groupe militant Women Cross DMZ, citée par Newsweek.

De plus, les auditions explosives au Sénat américain de l’ancien avocat de Trump, Daniel Cohen, n’ont certainement pas facilité les choses. Le président américain, visiblement irrité, a lui-même admis que le fait qu’elles surviennent « au milieu de cet important sommet est vraiment terrible ».

Il n’est donc pas étonnant qu’aux dépens d’un Président américain affaibli, la ligne dure américaine l’ait emportée. Ainsi, tandis que Kim proposait de démanteler la plus importante installation nucléaire militaire du pays, qui se situe à Yongbyon, en échange de la levée des sanctions de l’ONU affectant les citoyens ordinaires, Bolton a exigé qu’il y rajoute les sites de production des armes biologiques, ce qui a amené Kim à réclamer la levée de toutes les sanctions, chose inacceptable pour la partie américaine qui s’accroche à l’idée que c’est elle qui fixe l’ordre du jour.

Trump s’est retrouvé du coup pris au piège de Bolton, contraint de pratiquer la mauvaise foi en affirmant que les Nord-coréens demandaient dès le début la levée de l’intégralité des sanctions américaines. Ce qui fut rapidement contredit par le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong-ho, qui a affirmé lors de sa conférence de presse que la Corée du Nord demande non pas la suppression totale, mais seulement l’allègement de cinq des sanctions des Nations unies. Comme le fait remarquer à Newsweek Catherine Killough, une spécialiste de la Corée du Nord au Ploughshares Fund, on serait plus enclin à croire la version nord-coréenne, car il paraît difficile de croire que Kim ferait l’effort de parcourir plus de 3000 kilomètres en train sans proposition réaliste.

Le rôle primordial de la Chine

Les pays directement concernés par le problème coréen ont tempéré le pessimisme zélé des médias occidentaux. Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré par exemple : « À chaque avancée, il est nécessaire de montrer une certaine flexibilité, de faire des concessions et d’accorder des progrès, même modestes. Il est impossible de résoudre d’un coup un problème aussi difficile ».

En Corée du Sud, après que le président Moon Jae-in et Trump se sont entretenus au téléphone, le porte-parole de Moon, Cheong Wa Dae, a rapporté que « malgré la déception du fait qu’aucun accord n’ait abouti, le président Trump a réaffirmé sa détermination à résoudre cette question par le dialogue, (…) et demandé au président Moon de jouer activement le rôle de médiateur ». De son côté, tout en soutenant la décision de Trump d’abréger le sommet sans conclure d’accord, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’est déterminé à rencontrer prochainement le président Kim.

En Chine, le Global Times, journal proche du pouvoir, estime que « tout n’est pas perdu suite au second sommet Kim-Trump » et souligne que le sommet était « mal préparé ». Le gouvernement chinois rappelle que cela ne pouvait pas être résolu en un ou deux sommets, et réaffirme sa volonté de jouer un rôle constructif. Peu après le sommet de Hanoï, le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Kil Song, a rencontré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à Beijing.

La surmédiatisation du bras de fer entre Donald Trump et Kim Jong-un depuis deux ans a largement fait passer à la trappe la dimension régionale du problème, et surtout le rôle le Chine. Car c’est bien elle qui a contribué à ramener Kim à la table des négociations, non pas Trump.

Les échanges avec la Chine représentent en effet 57 % des importations et 42 % des exportations de la Corée du Nord. À l’automne 2017, lorsque le leader nord-coréen a lancé des essais nucléaires provocateurs, le gouvernement de Beijing, peu enthousiaste à l’idée de voir des petits États bouleverser l’équilibre régional des pouvoirs en se dotant de l’arme nucléaire, a ordonné la mise en œuvre d’une série de sanctions sur les importations et exportations nord-coréennes. Il a ainsi stoppé les exportations de charbon, fermé les entreprises de la RPDC opérant en Chine, coupé l’accès aux banques étrangères et donc à l’investissement étranger, et cessé de lui apporter son soutien financier. La coopération de Kim ne peut donc être comprise qu’à l’aune de ce rôle de bouée de sauvetage que la Chine représente pour son pays.

Levée des sanctions et nouveau paradigme

Cependant, la Russie et la Chine soutiennent de plus en plus les efforts du leader nord-coréen et font pression pour que la question des sanctions soit réexaminée aux Nations unies.

Dans un récent entretien, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, faisait remarquer que le Conseil de sécurité pourrait au moins assouplir voire lever les sanctions, en particulier celles qui entravent la mise en œuvre de projets conjoints sud-coréens et nord-coréens : « Lors de leur récente réunion, le président sud-coréen, Moon Jae-in, et le président du Conseil d’État de la RPDC, Kim Jong-un, ont convenu de rétablir les liaisons ferroviaires entre les deux pays. Pourquoi le Conseil de sécurité ne pourrait-il pas envisager un moyen de modifier le régime de sanctions de manière à favoriser la réunification des deux Corées par les chemins de fer ? » a demandé Lavrov.

C’est bien là le défi. John Bolton ne constitue que la partie visible de l’ensemble du vieux paradigme géopolitique, qui est aujourd’hui entièrement arque-bouté pour faire échouer l’accord de dénucléarisation de la Corée du Nord. La question de la réunification de la Corée, et de son intégration dans une politique de développement économique régionale et internationale, représente en effet une pierre de touche – tout comme le Venezuela, Cuba, l’Iran, ou encore le Cachemire – pour réussir à faire basculer le monde dans un nouveau paradigme de coopération et de paix par le développement. Ce qui n’échappe sans doute pas aux néocons, ainsi qu’à leurs acolytes de Wall Street et de la City de Londres…

Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Krimo Hammada • 05/03/2019 - 17:41

    Excellente analyse. Avec l’accord tacite de "Solidarité et Progrès" je fais un partage sur mon mur Facebook.

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

N’avons-nous rien appris de ce qui a déclenché la Grande Guerre ?
8 novembre 2018
Actualité
N’avons-nous rien appris de ce qui a déclenché la Grande Guerre ?
La nouvelle Route de la soie ou la guerre
24 septembre 2013
Orientation stratégique
La nouvelle Route de la soie ou la guerre

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard