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Retrait américain de Syrie : La fin d’une époque ?

La rédaction
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Chronique stratégique du 16 octobre 2019 (pour s’abonner c’est PAR ICI)

La décision du président américain de retirer les troupes de Syrie et du Moyen-Orient en général, et d’« en finir avec les guerres sans fin », si elle est menée à bien jusqu’au bout, marquera un tournant majeur. Dans le chaos et la douleur, un nouvel ordre est en train dans de naître. Beaucoup parlent des douleurs, peu de l’enfant.

En ordonnant d’acter pour de vrai le retrait des troupes américaines présentes au Moyen-Orient, tout en pointant du doigt la soumission des élites de Washington, du Congrès et des agences de renseignement vis-à-vis du « complexe militaro-industriel », Donald Trump renverse le paradigme qui a dominé les États-Unis depuis la fin de la Guerre froide, voire depuis l’assassinat de John F. Kennedy, et qui les a entraînés dans la vision d’un monde unipolaire des néo-conservateurs anglo-américains.

Retrait des troupes

Le 6 octobre, le gouvernement américain a annoncé le retrait des troupes américaines du Nord de la Syrie. Ce retrait, qui a donné le feu vert à la Turquie pour lancer son opération « printemps de la paix » d’incursion dans le Nord-Est syrien, a ensuite été confirmé le 13 octobre par Marc Esper, le secrétaire à la Défense, qui a ordonné à l’ensemble des 1000 soldats américains présents dans la région de partir.

Dans l’intervalle, Trump a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a réaffirmé son engagement – exprimé depuis sa campagne électorale de 2016 – pour mettre fin aux « guerres sans fin », induites par « tous ces gens à Washington qui s’accommodent très bien avec le complexe militaro-industriel ».

« Regardez Eisenhower, a-t-il poursuivi ; il en avait parlé à son époque. [le complexe militaro-industriel] concentre énormément de pouvoir. Ils aiment la guerre. Cela leur permet de gagner beaucoup d’argent ». L’engagement au Moyen-Orient, qui a coûté 8000 milliards de dollars et des millions de vies depuis le 11 septembre 2001, est selon le président américain « la pire erreur jamais commise par les États-Unis », qui les amenés à se comporter « comme une police » dans la région. Trump a ensuite expliqué que davantage que la chasse aux sorcières lancée contre lui, le plus dur pour lui est d’accompagner et de consoler les familles de soldats morts au combat en Afghanistan ou en Syrie lorsque les cercueils rentrent aux États-Unis. « Il y a un moment et un lieu où il faut en finir », a-t-il lancé.

Trump a redit tout cela avec force lors de son discours au « Values Voter Summit », devant 3000 partisans ; ce qui est d’autant plus remarquable puisqu’il s’agit des chrétiens évangélistes qui ont été lavés du cerveau depuis des décennies avec une vision messianique des États-Unis intervenants dans le monde pour défendre à coup de canon la « démocratie » et la « liberté »…

Sans surprise, la décision du retrait des troupes a déclenché l’ire de la machine médiatique et de l’ensemble de la classe politique américaine, qui ont accusé Trump de « trahison » vis-à-vis des Kurdes. Les Démocrates sont bien entendus les plus virulents, eux qui ont avalé tant de couleuvres au cours de la présidence Obama, au point de dépasser le néoconservatisme de Bush et Cheney.

Rappelons que les États-Unis d’Obama, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays européens, afin de mener une « guerre par procuration » contre le régime de Damas, avaient initialement voulu instrumentamiser des islamistes — étiquetés « rebelles modérés » — ; depuis, ces groupes ont noué une alliance avec l’YPG, une organisation « kurde » multiforme mais sous forte influence du PKK, qui a commis des milliers d’attentats en Turquie et figure sur la liste des organisations terroristes.

Côté républicain, le président américain doit faire face à une fronde venant même de ses plus proches soutiens, comme le sénateur Lindsey Graham. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a lui-même pointé un « retrait précipité » des troupes qui ne bénéficierait qu’à « la Russie, à l’Iran et au régime Assad ». Or, comme le souligne Bruno Odent dans l’Humanité du 15 octobre, « McConnell apparaît comme un verrou décisif dans le processus de destitution de Donald Trump déclenché par les démocrates à la Chambre des représentants ».

Nouvelle donne

Le 9 octobre, le président Erdogan a lancé l’incursion militaire dans le Nord-Est syrien, avec pour objectif affiché de vouloir « nettoyer » la zone et bien sûr d’empêcher l’émergence d’une entité kurde autonome sur ses frontières. Bien qu’en Europe l’on feigne d’être surpris, cette opération était préparée de longue date et les intentions turques étaient connues de tous.

La veille, Erdogan en a informé le président russe Vladimir Poutine, puis Donald Trump. De même, les ministres russes et turcs des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et Mevlut Cavusoglu, se sont parlé par téléphone, à la demande des Turcs. « Notre position reste invariablement basée sur notre engagement à résoudre tous les problèmes par un dialogue entre le gouvernement de Damas et les représentants des communautés kurdes vivant dans la région », a déclaré ensuite Lavrov. Cavusoglu a assuré au ministre russe que la Turquie garantissait de « respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie » et que « l’ensemble de l’opération aura pour objectif ultime de restaurer l’entière intégrité territoriale de la Syrie ».

En réalité, depuis plusieurs années, la Syrie autorise la Turquie à agir de cette façon dans des circonstances exceptionnelles.

Même si le danger existe de voir les armées turques et syriennes s’accrocher, personne ne veut et n’a à gagner d’un conflit entre les deux États. De plus, ils partagent la même volonté d’empêcher la création d’une autonomie kurde en Syrie. En Turquie, la présence des 3,5 à 5 millions de réfugiés syriens, de moins en moins supportée par la population, place Erdogan dans une situation fragile devant son opposition. Un accord de paix avec la Syrie permettrait aux réfugiés syriens de rentrer chez eux.

Ainsi, dans cette nouvelle donne créée par le retrait des troupes américaines, se dessine une possible sortie par le haut de la crise : un accord entre la Turquie et la Syrie, conclu par l’intermédiaire de la Russie et basé sur le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Un tel accord serait bien entendu gagnant pour la Syrie ; mais également pour la Turquie, qui verrait sa frontière sécurisée et les réfugiés en mesure de rentrer progressivement chez eux ; pour les Kurdes syriens, qui obtiendraient la protection de Damas et seraient à l’abri des assauts turques ; pour la Russie, qui apparaît comme un acteur incontournable de la région, capable de parler avec tout le monde .

Enfin, ce serait gagnant pour Trump, qui serait renforcé d’un tel développement, en vue de sa réélection en 2020, mais surtout pour les États-Unis, qui sortiraient de 20 ans de guerres stupides et sans objet, sources de chaos et de destruction dans le monde comme à l’intérieur, et qui trouveraient ainsi l’occasion de renouer avec l’héritage diplomatique de Franklin Roosevelt et John F. Kennedy, basé sur l’entente entre État-nations.

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  • Gault • 18/10/2019 - 21:50

    Guerre stupide ? Cherchez Israël

    • BONIN Stéphane • 26/10/2019 - 12:30

      Tout compris !

    Répondre à ce message

  • Ruoma • 20/10/2019 - 12:23

    Article intéressant et encourageant.
    Mais je bute sur cette phrase alambiquée, qu’il aurait été judicieux de reformuler :
    « Rappelons que les États-Unis d’Obama, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays européens, afin de mener une « guerre par procuration » contre les islamistes ; les Occidentaux avaient initialement voulu lancer ces islamistes — étiquetés « rebelles modérés » — contre le régime de Damas ; depuis, ces groupes ont noué une alliance avec l’YPG, une organisation « kurde » multiforme mais sous forte influence du PKK, qui a commis des milliers d’attentats en Turquie et figure sur la liste des organisations terroristes. »

    Répondre à ce message

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