Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilChroniques stratégiques
X Logo S&P
Certains articles de S&P sont payants.
4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Krach financier et souveraineté numérique, les enjeux brûlants des négociations USA-Chine

La rédaction
Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Confirmant l’analyse de Jacques Cheminade sur le risque systémique que pose le danger d’un « krach financier inéluctable et proche », publiée le 2 mai, les bourses asiatiques – et principalement celles de Shanghai, Shenzhen et Hong-Kong – ont brutalement dévissé lundi, entraînant dans leur sillage les bourses européennes et américaines.

Les marchés réagissaient aux déclarations du président Trump, qui venait de publier un tweet menaçant contre la Chine, dans le contexte des négociations commerciales. En France, le CAC a chuté de 3 % en deux jours et aussi bien Bruno Le Maire pour la France que Christine Lagarde pour le FMI ont souligné que la dispute sino-américaine pouvait plomber la croissance mondiale. Faisant preuve de sa bonne volonté, la Chine a annoncé que son équipe de négociateurs, y compris le vice-Premier ministre Liu He, iront à Washington demain.

Bienvenu dans un monde livré au pouvoir des tweets, où le président de la plus grande puissance mondiale, qui ne mesure pas toujours les conséquences de sa communication, peut en quelques secondes déclencher une véritable tempête financière. Après que son équipe a décrété que les Chinois « reniaient » certains de leurs engagements, Trump, qui cherche sans doute à caresser une partie de son électorat dans le sens du poil, a fait savoir qu’il en avait assez que les Chinois viennent aux États-Unis avec des « propositions bidons ». Si cela ne cesse pas, a-t-il prévenu, les droits de douane que les États-Unis lèvent déjà sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises passeront de 10 à 25 %. Trump a également annoncé son intention de surtaxer « prochainement » les 325 milliards de marchandises qui étaient jusque-là épargnées par la guerre commerciale.

La côte de popularité du président, d’après un sondage Gallup, est actuellement à 46 % (en hausse), mais 50% des personnes interrogées désapprouvent son action. En réalité, Donald Trump, qui s’est fait élire sur la promesse de ramener les emplois industriel au pays, est persuadé qu’il doit apparaître le plus dur possible avec la Chine s’il veut assurer sa réélection dans un an et demi.

Ainsi, l’équipe qui l’entoure dans les négociations commerciales — Robert Lighthizer, le représentant du commerce, Peter Navarro, le conseiller commercial de Trump, Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor et Wilbur Ross, le secrétaire au Commerce —, dont la plupart sont des idéologues anti-chinois et des fondamentalistes du « marché total », abonde dans le sens de négociations musclées, préférant prendre le risque d’une escalade ou d’un krach financier, plutôt que de devoir subir les foudres médiatiques en passant un accord pouvant être jugé trop mou. De même, cette équipe ferme toute porte à la participation des États-Unis à l’Initiative de la Ceinture et la Route (ICR, ou la Nouvelle Route de la soie).

La souveraineté numérique au cœur du débat

Au-delà des calculs politiciens, la question du contrôle des mégadonnées numériques (les big data) apparaît au cœur de la dispute, comme le révèle l’éditorial de lundi du Washington Post. Tout en reconnaissant les concessions faites par la Chine en matière de balance commerciale – avec notamment la nouvelle loi sur la propriété intellectuelle permettant aux entreprises américaines de détenir la pleine propriété de leurs filiales en Chine –, le quotidien affirme que, pour Washington, « seules les réformes structurelles compteront ». L’enjeu est bien entendu la masse de données sur les 1,3 milliards de Chinois, qui représente une manne financière colossale, et sur laquelle les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) cherchent à mettre le grappin.

Le Washington Post estime que les États-Unis devraient exiger que les entreprises basées aux États-Unis obtiennent la pleine propriété des données qu’elles recueillent parmi les citoyens chinois, ainsi que le libre droit de renvoyer ces données à leurs sociétés-mères. Le problème, c’est que la Chine applique une politique de protection des données personnelles de ses propres citoyens, et qu’elle interdit ainsi aux sociétés étrangères de faire sortir les données du pays.

Ce faisant, la Chine défend – quoi que l’on puisse penser de l’usage qu’elle fait elle-même de ces données – un principe qui nous semble bien étranger en Occident : la « souveraineté numérique ».

Pour rappel, Jacques Cheminade avait défendu ce principe pendant la campagne présidentielle, seul moyen selon lui de garantir que le numérique serve la cause de l’humanité – du travail, de la santé, de l’éducation, etc – et non celle du financier, tout en assurant l’accès aux moyens numériques et robotiques à tous les citoyens, entreprises et collectivités publiques, sur l’ensemble du territoire. À cet effet, Cheminade avait proposé la création d’un service public du numérique.

La géopolitique à la rivière

Apportant plusieurs nuances utiles dans ce débat, le nouvel ambassadeur de Chine à Berlin Wu Ken critique la discrimination anti-chinoise croissante qui prétend à tort que les investisseurs chinois pillent l’économie allemande, dans un entretien accordé à l’édition du dimanche du Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). La réalité, affirme-t-il, est que « les Allemands ont investi 80 milliards d’euros en Chine, tandis nous n’avons investi que 11 milliards d’euros en Allemagne ».

Les accusations d’espionnage à travers des entreprises chinoises de haute technologie comme Huawei sont « une véritable campagne de harcèlement », estime l’ambassadeur. Lorsque le FAZ a suggéré que les entreprises chinoises pouvaient être « facilement contrôlées par le gouvernement », Wu a riposté en rappelant que la part de l’État allemand dans Volkswagen est de 20 %, tandis que l’État chinois n’a pas un seul centime dans Huawei.

De même, l’ICR n’est pas un projet géopolitique, mais une vision de coopération économique, qui suit un concept gagnant-gagnant pour tous ceux qui y participent. Il s’agit du « plus grand projet de paix contemporain », ajoute Wu Ken.

Voilà ce qui représente la seule véritable porte de sortie du marasme économique dans lequel baigne le système néolibéral occidental, et du krach financier qui menace.

Pour recevoir trois fois par semaine cette chronique, je m’abonne au site S&P

Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Chauvois • 10/05/2019 - 02:22

    Dans ce monde dévoyé, et de plus en plus impitoyable, j’aime à retourner à des sources chaleureuses, jouer de la basse électrique. Alors j’en écoute un vraiment d’exceptionnel (bassiste), Jaco, écoutez comment il maitrise ce qu’on appelle les harmoniques artificielles, c’est terriblement poétique. Je milite, je fais ce que je peux, bon courage à vous. https://www.youtube.com/watch?v=yWL5TWIqjKs

    Répondre à ce message

  • Chine.TV • 09/05/2019 - 17:27

    Les pays occidentaux devraient s’allier à la Chine, ça fait bien longtemps que son évolution et sa croissance économique se sont affirmées. Il y aura un impact négatif sur le long terme pour les Etats-Unis s’ils continuent dans ce sens.

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard