Les articles de presse s’accumulent depuis des semaines sur le danger de nouveau krach financier, donnant plutôt raison à Jacques Cheminade, qui a alerté du « tsunami financier » à venir pendant la campagne présidentielle, de la même manière qu’il avait mis en garde en 1995 contre la crise survenue douze ans plus tard. Cette conscience du danger relance le débat sur la seule vraie solution se trouvant sur la table : le Glass-Steagall, c’est-à-dire la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires. Mais ce débat reste pour l’instant beaucoup trop confiné en coulisse, et il est de notre devoir de le propulser dans le grand public.
Une tribune publiée mardi par l’agence Bloomberg reflète les discussions en cours dans les milieux bancaires. Ferdinando Giugliano, ancien membre du bureau éditorial du Financial Times, y cite les présentations faites lors d’une conférence tenue à Londres le 22 septembre, sur le thème « Dix ans après la crise : regarder en arrière et en avant », organisée par le Center for Economic Policy Research (CEPR), avec la participation de l’ancien Premier ministre italien Mario Monti, l’ancien dirigeant de la Commission bancaire indépendante britannique John Wickers ou encore Tamin Bayoumi, directeur adjoint au FMI.
« De nombreux économistes craignent que le système financier soit toujours extrêmement vulnérable aux chocs », écrit Giugliano. Ces économistes identifient trois domaines de vulnérabilité :
- les niveaux insuffisants de capitalisation des banques par rapport à leur endettement - le ratio est actuellement de 1 pour 25 ou 30, égalant voire dépassant le niveau d’avant le krach de 2007-2008 ;
- le fait que les banques utilisent leurs propres modèles internes pour l’évaluation des risques (comme si un alcoolique présentait son…




