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Privatisation d’ADP et FDJ, la trahison des élites

La rédaction
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Par Bruno Abrial

La loi de « modernisation et transformation des entreprises » (Pacte), qui engagera la privatisation des Aéroports de Paris (ADP) et de la Française des jeux (FDJ), ainsi que la cession des parts d’Engie, a été adoptée (par 27 voix contre 15 et 3 abstentions, soit 45 députés !) en deuxième lecture à l’Assemblée le samedi 16 mars à 6h15 du matin – à l’aube du 18e week-end consécutif de manifestation des Gilets jaunes et de la journée de ski du couple Macron à la Mongie.

À tous points de vue, ces privatisations sont aberrantes. ADP et FDJ sont deux entreprises rentables ; elles rapportent chaque année entre 200 et 300 millions d’euros de dividendes à l’État. En incluant Engie, ce sont 777 millions d’euros qui sont tombés dans les caisses de l’État en 2017.

Le gouvernement espère obtenir 15 milliards de recettes des privatisations, dont 5 milliards serviront à réduire la dette (ce qui paraît bien insignifiant face aux 2300 milliards de la dette publique globale...), et 10 milliards seront placés dans un fonds pour « l’innovation de rupture ». Ce fond apportera un rendement de 250 millions par an (soit 2,5 %), c’est-à-dire inférieur au rendement actuel des entreprises concernées — à eux seuls, ADP assurent aujourd’hui à l’État une rentabilité proche de 10 % par an, soit trois fois plus ! De plus, on vend des fleurons français pour récupérer 10 milliards, alors qu’on dispose déjà des fonds pour financer l’innovation, avec la BPI et les nombreux fonds de la Caisse des dépôts.

Pour seul argument, les sophistes du gouvernement ont invoqué le fait que le versement des dividendes était aléatoire, tandis que le rendement du fonds sera stable. Argument qui serait recevable si une récente étude d’Eurocontrol ne tablait pas sur une croissance annuelle de 2 % à 3 % du trafic aérien ; et surtout, quelle hypocrisie, quand on sait que les entreprises du CAC 40 ont versé 57,4 milliards d’euros de dividendes en 2018 ! De son côté, Édouard Philippe, manifestement en panne d’inspiration, a même osé prétendre que les ADP étaient mal gérés. Et, alors que le gouvernement s’apprête à vendre une entreprise française rentable, cruciale et stratégique pour l’économie et pour la France, Benjamin Griveaux a voulu le justifier en déclarant que « le rôle de l’État n’est pas de gérer des baux commerciaux pour des boutiques de luxe »…

Concernant la FDJ, certes l’État va rester actionnaire majoritaire malgré la réduction de sa participation de 72 % à 25 % ou 35 % (en vertu de la règle des droits de vote double) ; mais il va livrer l’univers du jeu à la loi des profits, ce qui pose plusieurs problèmes, de blanchiment, de fraudes et également de santé publique, avec le risque d’addiction et la mise en danger des mineurs.

Enfin, la loi Pacte, en plus de lever l’interdiction pour l’État de détenir au minimum un tiers d’Engie, va ouvrir le capital de GRTgaz, le gestionnaire du réseau de transport de gaz ; l’infrastructure de distribution de gaz de France va donc passer entre les mains du privé. Le même processus s’était déroulé pour l’eau, avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui, en termes de sous-investissements chroniques et d’augmentation des prix.

Comment alors prendre au sérieux les simagrées des bien-pensants qui s’inquiètent de voir l’Italie adhérer à la Nouvelle Route de la soie, et du danger que la Chine n’accède au capital de STX à travers Fincantieri et ne mette ainsi la main sur leur savoir-faire ?…

1997-2017 : de la découpe au triage

Il s’agit en réalité d’une véritable idéologie anti-État. Comme l’a scandé le rapporteur de la loi Pacte, l’ancien banquier Roland Lescure, « il faut en finir avec le consensus archéo-gaullo-communiste de la vision du rôle de l’État ». Ce dernier doit se contenter de « raccommoder les restes », pour reprendre les mots de François Hollande ; l’argent, c’est sale, et il doit en laisser la gestion au privé, seul capable de se salir les mains… pour le bien de tous, bien entendu.

Les privatisations de ADP, FDJ et Engie s’inscrivent dans la logique de vente à la découpe des fleurons industriels français au cours des dernières décennies. En trente ans, au moins 100 milliards d’euros de « bijoux de famille » ont été vendus au secteur privé. Chiffre qu’il faut mettre en parallèle avec les 1400 milliards d’intérêts sur la dette publique payés par la France depuis 1979, comme l’avait rappelé Jacques Cheminade pendant la campagne présidentielle de 2017. L’économiste atterré Thomas Porcher a souvent souligné que ce qui permet à la France de trouver facilement acheteur aux émissions de titres par France Trésor, c’est précisément l’étendue de ses actifs. En clair, brader à tout va les « bijoux de famille » rend progressivement la France insolvable.

Le magazine Marianne montre que, en parallèle de cette vague de privatisations, un grand retournement budgétaire s’est opéré. Sur la période 1997-2017, on observe un abandon des investissements publics « en dur », auxquels ont été substituées, dans l’ordre des priorités, les dépenses « contraintes », c’est-à-dire consacrés aux prestations sociales. En effet, les dépenses de l’ « État régalien » (défense, police, justice, etc) ont diminué de 4,8 %, tandis que celle de l’ « État providence » (santé, protection sociale, retraites, etc) ont augmenté de 5 %. À noter que sur la même période, les dépenses pour l’enseignement ont baissé de 0,8 %, ce qui représente tout de même un manque de 10,9 milliards d’euros…

C’est ainsi que, par exemple, les fermetures de casernes ont commencé sous Sarkozy, amplifiées par Hollande, avec des dégâts considérables. Citons le cas de la fermeture du régiment de dragons de parachutistes à Dieuze (Moselle), qui a fait chuter la population active de cette ville de 25 %. Celle de la base aérienne Kellermann de Châteaudun, qui employait encore 1100 personnes en 2007, a entraîné l’explosion des besoins sociaux. Les jours de distribution alimentaire, le Secours populaire de Châteaudun a vu les demandes de colis passer de 110, au début des années 2000, à plus de 1500 aujourd’hui.

« La France a fait collectivement un choix dans les années 90, écrivent les journalistes Franck Dedieu et Jean-Michel Quatrepoint dans Marianne. Choix implicite qui consistait à se plier aux règles de l’ordolibéralisme allemand, tout en voulant conserver son propre modèle social ». Cependant, aucun gouvernement n’a eu le cran d’aller au bout de la logique en s’attaquant aux dépenses sociales – au « pognon de dingue », comme dirait Emmanuel Macron – afin de préserver la paix sociale.

Nous touchons aujourd’hui les limites de la logique de vente de la France à la découpe et de pillage des classes moyennes. Dans de nombreux territoires, la situation est devenue intolérable ; l’austérité budgétaire induit une désertification des services publics et entraîne la désintégration de la société. Depuis la fermeture en mai 2018 de la maternité de l’hôpital de Châteaudun, par exemple, deux femmes ont dû accoucher au bord de la nationale 10 entre Châteaudun et Chartres…

Cette logique infernale doit être enrayée avant qu’elle ne débouche sur un système totalitaire organisant un véritable triage humain. L’aberration économique que constituent les privatisations – et qui cache mal une escroquerie en bande organisée – doit être clairement dénoncée et immédiatement stoppée.

L’État doit retrouver son rôle de stratège et de chef d’orchestre ; la clé pour cela est bien sûr la reprise en main du gouvernail monétaire, afin de pouvoir de nouveau investir pour l’avenir et ne plus être les esclaves du gain immédiat. Car, comme le disait Georges Boris, l’ami de Charles de Gaulle et conseiller de Pierre Mendès-France, « c’est en dirigeant la monnaie et non en se laissant diriger par elle que, sous le règne social où nous vivons, un remède peut être apporté aux grands maux dont nous souffrons ».

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  • Crespin • 14/06/2019 - 01:05

    Il est temps de reprendre en main les services publics bradés par les politiques complices des tenants de la finance internationale !!!

    Répondre à ce message

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Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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