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Friedrich List, le secret du miracle économique chinois

La rédaction
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De nos jours, les bien-pensants du néo-libéralisme occidental, qui campent tel des coqs fiers et suffisants sur les ruines d’un système en faillite, ne perdent pas un instant soit pour minimiser le succès économique de la Chine, soit pour analyser celui-ci à travers le prisme déformant de leur vision monétariste dogmatique.

Par conséquent, la plupart des citoyens français, européens et américains ne comprennent pas grand-chose à la dynamique économique en cours au Pays du milieu et, par extension, dans la région asiatique du monde. « Rien de nouveau sous le soleil », dira-t-on. On dira également qu’il ne s’agit que d’un capitalisme sauvage de plus dans la jungle des capitalismes sauvages, avec une dimension supplémentaire aggravante, puisqu’il annihile les individualités par son organisation communiste…

Ce pessimisme est bien pratique pour les élites occidentales, car il leur permet d’évacuer la question embarrassante : comment ce pays a-t-il réussi à sortir près de 800 millions de personnes de la pauvreté en 30 ans, à développer le réseau ferroviaire à grande vitesse le plus vaste et le plus moderne du monde, à se hisser au premier rang dans les domaines de pointe du nucléaire, du numérique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, et à déposer une sonde sur la face cachée de la Lune ? Question embarrassante qui en appelle une autre, tout aussi embarrassante : et pourquoi avons-nous, en Occident, suivi le chemin exactement inverse depuis quarante ans ?

Économie de marché, ou économie dirigée ?

Nous revenons aujourd’hui sur un exposé donné il y a quelques mois par le professeur Justin Yifu Lin au Convoco Forum, à Salzbourg en Autriche, et qui offre un éclairage très intéressant sur ce miracle économique chinois. Lin est l’ancien économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale (2008-2012), fondateur du China Center for Economic Research et doyen de l’Institute of South-South cooperation and development.

En introduction, l’économiste chinois rappelle que la plupart des anciens pays communistes, en faisant la transition vers une économie de marché, ont vu leur économie systématiquement s’affaiblir : « Dans la période des années 1980-1990, socialiste ou pas, tous les pays en développement ont connu une transition similaire d’une croissance dirigée par le gouvernement à une économie de marché. Dans tous les cas, le résultat fut la stagnation de l’économie, qui finissait à un moment ou à un autre par être frappée par une crise ».

La Chine, au lieu de suivre ce chemin, est parvenue à construire un « complexe industriel moderne ». Après 1978, elle a commencé à développer une base industrielle et à qualifier sa force de travail, sortant ainsi des régions entières de l’arriération. « Pour devenir un pays à haut revenu, explique Lin, vous devez développer des industries avancées. Mais vous ne pouvez atteindre cela de façon immédiate. Vous devez commencer avec une main-d’œuvre plus traditionnelle et créer un processus de développement ». C’est pourquoi la transition brutale vers une économie de marché est vouée à l’échec, car une telle économie ne fonctionne que si elle peut s’appuyer sur de solides fondations économiques.

Friedrich List contre la fraude du libre-échange

À une question de la salle sur le rôle que devrait jouer l’État dans l’économie, Lin répond avec un large sourire : « Les économistes allemands devraient très bien pouvoir répondre à la question. Car en réalité, l’expérience chinoise s’inspire de l’ensemble des transformations économiques réussies. Considérez Friedrich List. L’économiste allemand est à la base de ce que l’Allemagne a accompli aux XIXe et XXe siècle, et jusqu’à aujourd’hui. Et l’État a joué un rôle central dans cette réussite ».

« Quel dommage que la pensée économique de la mondialisation ait été dominée par le néo-libéralisme ! lance Lin Yifu, et que les leçons de la part de l’économie allemande, et d’autres économies [mentionnons par exemple le New deal de Franklin Roosevelt, ou encore la planification gaulliste], n’aient pas réellement été retenues… (…) Pour qu’une nation puisse émerger, se libérer de la pauvreté, il faut que le marché et l’État travaillent ensemble. La nature de l’État est de considérer les conditions de la nation, ses atouts potentiels. Les entrepreneurs ne se soucient pas des atouts compétitifs de l’État, mais seulement du profit ». Par contre, si l’État rend plus compétitifs la technologie, la force de travail et l’infrastructure, alors les entrepreneurs s’en serviront.

« Le développement économique ne correspond pas à une gestion statistique des ressources, mais à un processus continu de progrès industriel et d’innovation technologique », souligne Lin. Ainsi, l’État peut et doit impulser le « premier mouvement » qui permettra de stimuler le développement de nouvelles technologies. Par exemple, les infrastructures, qui constituent la pierre angulaire du développement économique, ne sont jamais construites à l’initiative d’entrepreneurs privés. « Comme le disait Friedrich List, c’est l’État qui doit en coordonner ou réaliser le développement ».

Les néolibéraux ne considèrent exclusivement que les marchés ; ils dénigrent l’importance de l’État, en invoquant systématiquement la théorie d’Adam Smith. « Mais à l’époque d’Adam Smith, rappelle Lin, l’industrie était à un stade embryonnaire ; l’économiste anglais n’en tenait pas compte, et il ne concentrait son attention que sur les échanges commerciaux ».

Il est doublement intéressant de constater que Friedrich List soit une source d’inspiration pour les élites chinoises. D’une part, parce que cela renvoie à ce que nous avons de meilleur dans la pensée occidentale, et que nous avons oublié ; et d’autre part, parce que l’œuvre principale de List, le « Système national d’économie politique », constitue la réfutation la plus rigoureuse de la théorie du libre-échange britannique. L’économiste allemand montre explicitement comment l’Empire britannique a utilisé le système d’Adam Smith pour piller les pays en sous-développement économique, en les empêchant de développer sur leur sol un véritable capital industriel et infrastructurel. Nous Français devrions aussi être particulièrement fiers du fait que le « Système national d’économie politique » a existé d’abord sous la forme d’une présentation — un sujet de prix — donné par List à l’Académie des Sciences morales et politiques en France.

Les Nouvelles Routes de la soie

La raison pour laquelle l’initiative chinoise de la ceinture et la route (ICR) est tant décriée dans nos médias, outre qu’elle constitue de fait une menace pour l’hégémonie géopolitique transatlantique, est qu’elle remet implicitement en cause le sacro-saint dogme néolibéral de la non-intervention de l’État, et fait ré-émerger l’idée d’après 1945 en faveur de l’établissement d’un « concert de nations » œuvrant pour résoudre les problèmes vitaux de l’humanité.

« En tant que seconde économie mondiale, la Chine porte naturellement la responsabilité du développement global, et en particulier des pays en développement, explique Lin Yifu, en réponse à une question sur les Nouvelles Routes de la soie. Après la Seconde Guerre mondiale, les pays occidentaux ont joué leur rôle, et ils ont été très généreux, (…) apportant 13 000 milliards de dollars au pays en développement. Mais, à l’exception de la Chine, le nombre de pauvres dans le monde n’a pas diminué, au contraire. Seuls deux pays [la Chine et la Corée du Sud] ont réussi devenir des pays à hauts revenus, et seuls treize pays pauvres sur 101 sont devenus des pays de classe moyenne. Les autres sont restés pauvres jusqu’à présent ».

Aujourd’hui, la Chine souhaite contribuer au développement du monde. Mais, comme l’ont affirmé plusieurs responsables de son gouvernement, il n’est pas question pour elle de distribuer de l’argent. « La Chine est un pays en développement, et ce qui a fonctionné en Chine a de grandes chances de fonctionner dans d’autres pays en développement. (…) Grâce au développement d’un socle d’infrastructures, l’ICR permet partout d’établir une connectivité entre les pays, tout en apportant à chaque pays les moyens de développer une économie industrielle ».

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  • Honoré • 14/07/2019 - 15:17

    Je suis étudiant en économie ! Je veux des publications à caractère économique pour bouster mes connaissances

    Répondre à ce message

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

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Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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