Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

7 décembre - Assises de l’économie de la mer : la communauté maritime française à l’offensive Lire 7 décembre - Conférence de Jacques Cheminade, samedi 21 décembre à Le Quesnoy (59) Lire 6 décembre - Macron, le candidat des banquiers verts ? Lire
AccueilChroniques stratégiques
X Logo S&P
Certains articles de S&P sont payants.
4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

La Chine s’érige en alternative au choc des civilisations

La rédaction
Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Chronique stratégique du 15 mai 2019 (pour s’abonner c’est PAR ICI)

En réponse aux mesures « protectionnistes » prises par l’administration Trump contre la Chine, cette dernière a annoncé le 13 mai la mise en place de tarifs douaniers sur environ 60 milliards de dollars de biens d’importation américains à partir du 1er juin. Échelonnés de 10 % à 25 %, ils visent 5 140 produits, a averti lundi le ministère des Finances chinois.

De son côté, le bureau du représentant du Commerce américain a donné les détails des taxes annoncées le 10 mai par Trump, au moment même où les négociateurs chinois étaient à Washington, portant sur 200 milliards d’importations chinoises. Le lendemain, le président américain, après avoir accusé à tort les Chinois d’avoir « renié » leurs engagements, a demandé à son administration de préparer une augmentation des taxes sur les 325 milliards de dollars d’importations chinoises restantes.

Donald Trump semble croire que lorsque les États-Unis importent des produits chinois, la Chine vole son pays. Cela n’a évidemment aucun sens. On ne perd pas, ou on ne se fait pas voler de l’argent, quand on va faire ses courses.

Persuadé d’être en position de force vis-à-vis des Chinois, Trump affirme que les coûts seront acquittés par la Chine, bien que les consommateurs américains devront en supporter le poids. « Les taxes apporteront à notre pays BIEN PLUS de richesses qu’un accord traditionnel, même phénoménal », a-t-il écrit vendredi dernier sur son compte Twitter.

Alors que les négociateurs chinois avaient claqué la porte après seulement deux heures de « discussions », Larry Kudlow, le principal conseiller commercial de Trump, a prétendu sur Fox News qu’il ne s’agissait pas d’une « guerre commerciale » mais d’un « processus de négociations » en vue d’un accord acceptable pour les deux parties. Au présentateur qui lui montrait les chiffres de 767 dollars que devront payer chaque année les ménages américains du fait des taxes sur les produits chinois que répercuteront en grande partie les entreprises américaines qui les importent, Kudlow a répondu que « l’économie [américaine] est actuellement en plein boom de croissance, d’emplois, de salaire et de productivité ».

Le principal danger de la situation actuelle vient en effet d’une élite qui raisonne à partir de l’illusion mortelle d’une reprise économique sur le papier et de ses croyances envers la toute puissance du marché, et qui ne voit pas que dans son ensemble l’économie physique américaine est en pleine désintégration (lire notre chronique du 10 mai, États-Unis : vers un accord bi-partisan sur les infrastructures ?)

Les élites américaines en surchauffe

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, néocon zélé de l’administration Trump, a livré la semaine dernière un discours devant l’Arctic Forum, rompant ainsi le protocole et appelant l’Institut à devenir une force d’affrontement géopolitique, alors que celui-ci a historiquement fonctionné comme un forum diplomatique pour la coopération dans des domaines de développement économique mutuels.

Le discours ultra-belliqueux de Pompeo envers la Chine et la Russie a même forcé la présidente de l’Institut, Dr Victoria Herrmann, à publier un communiqué remettant à leur place des États-Unis dont la présence et l’investissement dans la région arctique sont quasi nulles.

Notons que la logique de confrontation anti-chinoise vient autant des milieux « libéraux » que des milieux « nationalistes ». L’ancien conseiller de Trump, Steve Bannon, la mascotte de l’extrême droite au niveau international et animateur d’un puissant lobby anti-chinois, a publié le 6 mai une tribune incendiaire dans le Washington Post où il invitait le président américain à refuser un quelconque accord avec Beijing. « L’objectif aujourd’hui des cadres radicaux qui dirigent la Chine est de devenir le pouvoir hégémonique mondial », écrit-il. Faire un accord ne peut être qu’une trêve, car « nous sommes en guerre » contre la Chine. Pour combattre cette dernière, Bannon suggère à Trump de s’allier à la Russie qui, prétend-il, commence à s’inquiéter du rôle que commence à jouer la Chine au niveau mondial.

Le même jour, comme le rapporte Le Monde du 11 mai, la directrice de la planification politique du département d’État, Kiron Skinner, fraîchement nommée par Pompeo, s’est payée d’un discours dont Samuel Huntington, le chantre du « choc des civilisations », n’aurait pas rougi : « C’est un combat avec une civilisation vraiment différente et une idéologie différente auxquelles les États-Unis n’ont pas encore été confrontés. (…) C’est la première fois que nous allons avoir un rival majeur qui n’est pas caucasien [autrement dit blanc] », a ajouté la responsable (noire) américaine. Par ailleurs, tout comme Steve Bannon, Kiron Skinner appelle à une alliance des États-Unis avec la Russie contre la Chine.

Déjouer le choc des civilisations

De leur côté, les Chinois continuent à chercher une résolution au conflit. Au cours du week-end, le vice-Premier ministre Liu He, qui est en charge des pourparlers avec les États-Unis mais qui s’est vu retirer son titre « d’envoyé spécial du Président Xi », a déclaré très diplomatiquement, sans pour autant donner la moindre date pour les prochaines rencontres : « les négociations ne sont pas rompues. Au contraire. Je pense que les petits reculs sont normaux et inévitables dans les négociations entre nos deux pays. Nous restons confiants sur l’avenir ».

Toutefois, c’est indirectement et par le haut que la Chine tente de court-circuiter la logique de « choc des civilisations », la fameuse thèse éthnico-géopolitique de Bernard Lewis, popularisée par le néocon Samuel Huntington, qui hélas a fini par infecter une grande partie des élites occidentales.

Les 15 et 16 mai se tiendra à Beijing la conférence sur le développement des civilisations asiatiques, qui réunira 47 pays de la région, ainsi que des invités internationaux. Cette initiative est le fruit de l’engagement personnel du président Xi Jinping en faveur du dialogue entre les civilisations, comme le rappelle l’agence de presse chinoise Xinhua, qui ajoute que cet engagement, pris par Xi il y a 40 ans, lui a été inspiré entre autres par ses lectures du Faust de Goethe et du théâtre de Shakespeare.

Pour Xi Laiwang, le rapporteur principal et observateur sur les questions internationales, la conférence sur le dialogue des civilisations asiatiques représente « une tentative de la Chine de promouvoir l’entente entre les pays issus de différentes civilisations, le développement inclusif, et de répondre à la théorie du choc des civilisations par la philosophie de la construction d’une communauté avec un avenir partagé pour l’humanité », écrit-il dans le Global Times du 9 mai.

Il existe des différences entre la Chine et les États-Unis — les deux puissances les plus influentes du monde — en termes de civilisation. Certains aux États-Unis ont même des préjugés à l’égard de la culture chinoise et sont en désaccord avec son mode de développement et son système de valeurs. La Chine a toujours prôné l’enseignement mutuel entre les civilisations (…). Le dialogue entre les civilisations chinoise et américaine, part essentielle du dialogue des civilisations mondiales, est fondamentale pour construire une communauté humaine partageant un avenir commun.

Étonnamment, de récentes publications du Washington Examiner et de Voice of America indiquent que le département d’État américain élabore des stratégies visant à répondre au ‘choc’ avec la civilisation chinoise. Le choc des civilisations est une théorie proposée en 1993 par Samuel Huntington, un éminent politologue américain qui enseigne à l’Université Harvard. (....) La théorie du choc des civilisations visant la Chine semble gagner du terrain au sein des milieux anti-chinois aux États-Unis.

(…) Cependant, de telles tentatives de la part des forces adverses américaines finiront par s’effondrer. Leur argument du Choc des civilisations, contradictoire avec les valeurs américaines fondées sur le pluralisme et l’inclusivité, a déjà suscité un vif débat aux États-Unis. (…) Un dialogue de civilisations est nécessaire plutôt qu’une guerre froide.

Vous venez de lire notre chronique stratégique « Le monde en devenir ». ABONNEZ-VOUS ICI pour la recevoir sans limitation. Vous aurez également accès à TOUS les dossiers de ce site (plus de 400 !)...

Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Ricard • 16/05/2019 - 12:17

    Je suis affligé par l’esprit impérialiste américain et son double celui de France avec le racisme exacerbé au quotidien par les médias et "l’état d’esprit français" qui colle tellement a ces représentations. Comme si notre modèle démocratique chancelant devrait s’imposer à toutes les civilisations ! Comment lutter contre les idées reçues ?

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard