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Revue de livre

Sur l’esclavage par la dette, la trahison de la haute fonction publique

La rédaction

L’ordre de la dette,
enquête sur les infortunes de l’Etat
et la prospérité du marché

Benjamin Lemoine,
Editions La Découverte,
mars 2016,
308 pages,
22 €.

Par Benjamin Bak, militant S&P.

Il fut un temps où l’Etat avait le contrôle de la monnaie, où le « circuit du Trésor » [1] finançait la dette française en dehors des marchés financiers. Où le chantage à la dette n’était pas possible.

Depuis, cela a bien changé. Il ne se passe pas un mandat présidentiel sans qu’un membre du gouvernement, présenté comme un héros par les médias, ne nous annonce que l’Etat est en faillite. Et ne nous fasse subir des politiques d’austérité qui nous jettent à la rue.

Eh non, ce n’est pas à cause de la loi Pompidou-Giscard-Mesmer de 1973. Ce n’est pas non plus à cause du lobbying des grandes banques ou des Rothschild. Il s’agit plutôt de la trahison bête et méchante des hauts fonctionnaires de la direction du Trésor public.

C’est ce que démontre Benjamin Lemoine avec une précision chirurgicale.

En commençant avec les réformes Debré-Haberer des années 1960 (du nom de Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances promis à une brillante carrière qui s’achèvera avec la faillite du Crédit lyonnais, dont il était le président, dans les années 1990).

Quel est le but de la manœuvre ?

Faire de l’Etat un emprunteur comme un autre, dépendant des lois du marché et ne pouvant plus appliquer un programme jugé trop audacieux en termes de grands projets d’infrastructure et de justice sociale.

En 1981, Le député RPR Vincent Ausquer et plus d’une trentaine de députés gaullistes essayeront bien de revenir en partie à la situation antérieure, avec la proposition de loi n° 157 « tendant à limiter le rôle de l’endettement [bancaire] dans la création de monnaie ».

Cette proposition sera littéralement refroidie par un bloc de financiers d’Etat, résolu à continuer sur la voie de l’Etat emprunteur. En 1983, Jean-Yves Haberer, alors directeur du Trésor public, rédige une note insistant sur « l’irréversibilité des choix relatifs aux modes de financement possibles de l’Etat », c’est-à-dire l’obligation pour l’Etat d’emprunter auprès des marchés financiers.

Etant sociologue, Benjamin Lemoine remarque qu’une véritable mythologie de la dette se crée. Inflation, hausse du taux de chômage, mauvais résultats des entreprises, c’est l’endettement de l’Etat français, et avec lui la mauvaise gestion publique, qui est à l’origine de tous les maux.

Le courage politique est donc redéfini : l’homme politique courageux sera celui qui promet à ses citoyens une marée de sang et de larmes pour rembourser la dette. L’auteur met en évidence qu’un discours technique « alternatif » ne suffit pas à changer les modes de gouvernement, mais qu’il s’agit bien de créer une véritable « mythologie » alternative sur la question économique, sociale et culturelle, en un mot, de recréer un idéal.


[1Ce circuit alimentait le Trésor en liquidités par cinq grands leviers :1) la dette à vue : le Trésor pouvait se servir des dépôts qui n’étaient pas à lui, soit ceux de ses « correspondants » ; 2) avances de la Banque de France ; 3) les bons auprès du système bancaire, autrement dits « planchers de bons » ; 4) les bons souscrits auprès du public ; 5) l’apport de la Caisse des dépôts et consignation.

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  • Vanlierde • 10/03/2019 - 19:46

    Comment faire de la pédagogie populaire sur ce sujet ?

    • Ballaguy • 16/05/2019 - 13:40

      Difficile de convaincre des individualistes forcenés (et entretenus comme tels).
      des troubles sont annoncés : seront-ils aussi bons que la seconde guerre mondiale ? qui parfois a fait naître générosités et chgt des mentalités...

    Répondre à ce message

  • Ballaguy • 16/05/2019 - 13:33

    Le système actuel n’est qu’un vol "légal". Pourquoi l’acceptons nous ?
    La fabrication de la monnaie doit être controlée par une assemblée ELUE .
    Seule à mon sens l’économie de partage, de coopération
    ( https://www.economiedistributive.fr/Bienvenue )
    peut faire vivre une économie juste.
    Les moutons sont faits pour être tondus.

    Répondre à ce message

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

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La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

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L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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