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Liban : le peuple réclame ses droits inaliénables !

Trois semaines après ce 17 octobre, où tel un torrent, presqu’un quart de la population – 1 600 000 personnes - s’est déversée sur les principales villes du pays pour exiger la fin de la corruption, la révolution poursuit inébranlablement son cours au Liban. Toutes confessions confondues – une grande première pour ce pays – les manifestants se sont déployés, en citoyens responsables, exigeant le départ de tous les hauts responsables et membres du gouvernement et une réorientation de la politique économique du pays.

Peu à peu, l’existence d’un Comité de coordination de la Révolution (CCR) est devenue publique. Cet organe central de la révolution est constitué de 103 mouvements différents, parmi lesquels des militaires à la retraite, des enseignants contractuels, des représentants des différentes villes et régions (Tyr, Tripoli, Hermel, Nabatiyé, Akkar), ainsi que le parti Sabaa, le mouvement Mouwatinoun wa Mouwatinat, des politiques du courant Canal historique, ou encore l’Association pour le mariage civil au Liban. En attendant d’autres.

Lors d’un premier rassemblement, le CCR a exigé la démission immédiate du gouvernement, la formation d’un gouvernement de salut national constitué de personnes n’étant pas issues de la classe dirigeante, chargé de récupérer l’argent volé par ceux qui ont exercé le pouvoir depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui ! Le comité réclame également la tenue d’élections législatives anticipées sur la base d’une nouvelle loi électorale, dans un délai de six mois, et la fin du confessionnalisme en politique.

Si l’attaque contre la corruption constitue déjà une revendication très forte dans ce pays où la perception de la corruption est l’une des plus élevées au monde, l’exigence d’en finir avec le confessionnalisme n’en est pas moins importante. Le CCR envisage la mise en application de l’article 22 de la Constitution, qui prévoit d’abolir le système unicaméral actuel, basé sur la seule Chambre des représentants, élue en fonction de quotas déterminés par l’importance des communautés confessionnelles, pour le remplacer par un système bicaméral, où un Sénat serait ajouté. In fine, seul celui-ci serait élu selon des critères communautaires ; la Chambre serait élue sur la base des programmes présentés par les partis ou courants politiques.

Les manifestants ont aussi des revendications économiques car la situation est dramatique : chute du niveau de vie pour les classes moyennes et populaires, infrastructures de base délabrées (l’eau et l’électricité notamment), chômage endémique, absence d’avenir pour les jeunes. Des composantes du CCR se battent pour mettre fin à l’économie de rente financière et pour réorienter les activités vers le secteur productif : exploitation des hydrocarbures, modernisation des services publics (eau, électricité) ainsi que des infrastructures routières, portuaires et autres, et l’industrialisation du pays.

Classe politique KO ?

L’ampleur, la force du mouvement mais aussi son très grand civisme n’ont laissé d’autre choix au gouvernement que d’octroyer une première concession. Le 29 octobre, le Premier ministre, Saad Hariri, présentait sa démission et celle du gouvernement qu’il dirigeait. Le président Michel Aoun l’a acceptée tout en chargeant M. Hariri de gérer les affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement.

Très respecté jusqu’à présent pour avoir défendu avec audace et courage l’intégrité du Liban, et pour avoir eu la clairvoyance de s’associer au Hezbollah afin de déjouer les projets des Anglo-américains visant à balkaniser la région, le président Aoun n’est plus ménagé par la foule. Son lien de parenté avec le ministre sans doute le plus haï de tous, Gebran Bassil, a fini par déteindre sur lui. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah qui était vénéré, en ces temps de guerre, comme un héros, et pas que par les Chiites, est lui aussi tombé de son piédestal ; souvent par amalgame avec les autres, mais aussi parce que bon nombre de révolutionnaires auraient souhaité avoir son aide. Situation impossible pour le chef chiite, sans se faire accuser par Israël et ses parrains occidentaux de vouloir s’emparer du Liban !

La bonne nouvelle, dans cette situation inédite, est que le président Aoun semble avoir entendu les souffrances de son peuple. Après avoir proposé que le secret bancaire soit levé sur les comptes de tous les ministres et que leurs salaires soient réduits de moitié, le 31 octobre, il se déclarait prêt à rencontrer les responsables des manifestations, à nommer un nouveau gouvernement choisi parmi des personnes compétentes, et non plus selon leur affiliation politique ou communautaire, et aussi à mettre fin au confessionnalisme qui gangrène le système politique libanais depuis des lustres.

L’attente est longue

Pour l’heure cependant, on attend toujours le nouveau gouvernement. Manœuvres dilatoires ? Tentative de voir si la révolution tient sur la durée et s’il est possible de s’en tirer avec quelques mesurettes ? Incapacité de rompre avec les mœurs de l’ancien régime ? Le dimanche 3 novembre, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues près de Beyrouth pour apporter leur soutien au président Michel Aoun, qui a répondu en lançant un appel à l’unité nationale tout en réitérant ses promesses aux manifestants. « Nous avons mis en place une feuille de route pour lutter contre la corruption, redresser l’économie et établir un Etat civil », a rappelé le Président, avertissant que ce ne sont pas des réformes « faciles à concrétiser ».

Quelques heures plus tard, cependant, une foule encore plus dense et déterminée redescendait dans la rue, à Beyrouth et dans les deux villes côtières de Tyr, majoritairement chiite, et Saïda, majoritairement sunnite, pour exiger le départ de TOUS. Dès le lendemain, faisant preuve de dignité et de très grande inventivité dans la lutte, des élèves et des étudiants se déployèrent massivement dans les villes le matin ; le soir, ce fut au tour des femmes d’envahir la place centrale de Beyrouth avec des chandelles, mais aussi des casseroles pour se faire entendre ! Les jours précédents, des manifestations avaient eu lieu devant la Banque centrale du Liban, et les ministères de l’Education et de l’Intérieur.

Car la situation est réellement catastrophique sur le plan économique : un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté, la classe moyenne voit ses revenus fondre depuis des années, les jeunes n’ont aucune perspective d’emploi, les services publics sont totalement délabrés.

Quel avenir pour le Liban ?

Cette révolution est un immense appel de détresse d’une population qui a perdu la peur de manifester, la peur de briser les murs confessionnels et de se reconnaître comme le miroir des autres, car elle n’a plus rien à perdre. Mais ce qui nous frappe, observateurs extérieurs du Liban ou Français attachés à ce pays avec qui nous sommes profondément liés par l’histoire, c’est la dignité et le respect de soi et de la nation dont font preuve ces manifestants qui exigent justice et reconnaissance de leurs droits les plus élémentaires : le bonheur, la sécurité d’un emploi, un toit et les services essentiels de la nation.

Une véritable République, ce à quoi les manifestants semblent aspirer, n’est pas juste une affaire de mots. Pour assurer les conditions de vie nécessaires à tous, les Libanais pourraient s’inspirer des réformes introduites en France après la guerre par Charles De Gaulle et le Conseil national de la Résistance, qui ont assuré une croissance stable à notre pays pendant plus de trente ans. Au cœur de ces mesures, la reprise du contrôle de l’émission monétaire. Car lorsqu’une République ne contrôle pas sa monnaie, c’est la monnaie qui contrôle la République. Et cela devient la principale source de corruption. Les Libanais pourraient aussi s’inspirer du rôle du crédit public, émis par la Banque de la nation sous contrôle public, pour la modernisation des infrastructures.

Enfin, le Liban ne pourra se développer que dans le cadre de la région du Moyen-Orient tout entière. Le rôle croissant qu’y joue la Chine, porteuse du développement économique dans le cadre de son projet de Nouvelles Routes de la soie, ainsi que celui de la Russie qui l’a protégé contre la politique d’anéantissement anglo-américaine, créent un cadre favorable pour le développement d’un Liban républicain et moderne. Autant d’occasions à saisir pour constituer une piste de décollage !

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Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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