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La désertification vue de la Haute-Marne

Entretien accordé par Eugène Perez, maire de Chamouilley, au journal Nouvelle Solidarité.

Chamouilley est une commune de 850 habitants en Haute-Marne, à 50 km de La Boisserie (ancienne résidence du général De Gaulle). Elle se trouve dans « la diagonale du vide ». L’ensemble du département de la Haute-Marne accueille à peine autant d’habitants que la ville de Reims (187 000). Bienvenue au cœur de la désertification territoriale de notre beau pays ! Eugène Perez nous livre ici son témoignage de maire.

Alors, pour que cela change, il est signataire du Manifeste pour un vrai aménagement du territoire - La République doit gouverner la finance qu’il soutient afin de constituer un réseau de citoyens et d’élus locaux autour d’une vraie alternative : le retour d’un Etat stratège ayant la capacité de diriger la finance et d’organiser un vrai aménagement du territoire.

Les propos de cet entretien sont recueillis par Rémi Lebrun.

Quelle désertification vivez-vous ?

Nous sommes à 10 minutes de Saint-Dizier, mais nous n’avons pas de transports en commun. Ça fait une vingtaine d’années que le bus a été supprimé ! C’est donc au bon vouloir des gens de rendre service notamment aux personnes âgées. Je me bats auprès de l’agglomération pour obtenir un transport à domicile. « On se verra », m’a assuré un conseiller régional en poste à la Mairie de Saint-Dizier. Mais j’attends encore son coup de téléphone…

Avant, on avait 120 gendarmes sur le secteur de Saint-Dizier. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 80. La gendarmerie à laquelle je dois déposer les plaintes est à 30 km. Chaque fois, je prends une demi journée pour tout faire. Quand j’appelle la gendarmerie la plus proche pour intervenir sur la commune, ils mettent 30 minutes pour arriver. Avant ils étaient à Saint-Dizier et mettaient 10 minutes. Mais ceux qui restent à Saint-Dizier ne s’occupent plus que de délinquance financière et de drogue.

Nous avons une école communale qui est très bien ; elle vient d’être refaite pour 1,5 million d’euros. Nous avons aussi une garderie gratuite entre 7h30 et 18h et une cantine. Nous avons investi l’impôt du contribuable avec l’accord du département. Or, cinq ans après, l’inspection académique nous dit : « Tiens ! Il faudrait peut-être regrouper les écoles ailleurs. » Mais les enfants devront faire environ 30 minutes de bus, alors qu’actuellement, ils n’en ont que pour 10 minutes. Je n’y suis pas favorable.

Pareil pour les collèges. Celui de Saint-Dizier, construit il n’y a même pas une dizaine d’années, accueille actuellement 450 élèves. Dans deux ans, la capacité maximale sera atteinte. Du fait de ces décisions, certains enfants seront à Saint-Dizier et d’autres, à 15 bornes de là, à l’autre bout de la commune. Cela veut dire que certains parents devront aller chercher leurs enfants à Saint-Dizier, à 10 km, et revenir à Chamouilley pour repartir chercher les autres à 15 km, de l’autre côté. Résultat : si les parents ont les moyens, ils mettront leurs enfants dans le privé et puis voilà !

J’ai l’impression que cela fait partie d’une politique délibérée. Comme dans les services publics, on cherche à appauvrir les collectivités pour pouvoir les fermer et les remplacer par du privé. Ce qui coûtera plus cher aux contribuables. Alors qu’on a payé des impôts et que l’on doit nous rendre ces services.

Moi, j’ai des problèmes de vue, et pour un rendez-vous avec l’ophtalmo, c’est un an, voire un an et demi d’attente. On a du mal à avoir des médecins en zone rurale et on voit des gens qui décèdent aux urgences. C’est pourquoi on cherche des relais, avec des infirmières et un système de télémédecine, avec un médecin en visioconférence.

Au niveau économique, on perd de plus en plus d’entreprises. En Haute-Marne, on a 12 à 13 % de chômage et on perd 1000 habitants chaque année.

Sur Saint-Dizier, il y avait les tracteurs Case. L’usine a été rachetée par le chinois Yto. Cinq ans après, ils sont partis avec tous les brevets. Cette entreprise employait 1000 personnes dans les années 1980. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 43.

Sur Chamouilley, nous avions, depuis 70 ans, une entreprise de menuiserie employant 40 personnes. Elle va partir sur Saint-Dizier. Même s’il devra payer le double en taxe foncière, l’employeur estime que là-bas, il y a une meilleure distribution logistique, la 4G et la fibre. Pourtant la différence n’est pas énorme.
Mais, au fond, il y a l’envie d’être sur la ville. Ce qui me fâche le plus, c’est que personne ne m’en a parlé. Ce sont des petits coups en douce, alors que l’on aurait pu faire des propositions.

La faute à pas de chance ?

Nous avons subi plusieurs coups durs. D’abord la loi Alur de Duflot, en 2014, qui oblige les propriétaires d’habitations non conformes à faire des travaux avant location – ce qui est bien. Mais sur le territoire, le préfet a obligé les constructions à se faire dans les centre-bourgs plutôt que dans les villages. C’est ainsi qu’on a vu dans notre village des terrains constructibles passer en non-constructibles. Il reste bien ici ou là une vieille maison abandonnée à retaper, mais cela demande beaucoup plus de dépenses que d’en construire une nouvelle. Ce qu’un jeune couple ne peut pas facilement se permettre.

A Saint-Dizier, dans les années 1970, ils étaient entre 40 et 45 000 habitants ; ils ne sont plus que 25 000 aujourd’hui. Les décisions depuis quelque temps consistent à renflouer les villes en déshabillant les petites communes. Dans nos villages, on a à peu près 30 % de jeunes, le reste étant en grande partie composé d’anciens.

Ensuite, on est confronté à la réduction des moyens. La dotation globale de fonctionnement pour notre commune est passée de 120 000 euros en 2008 à 3000 euros aujourd’hui. Ça fait un million d’euros de perdus sur 10 ans, alors que la commune est un vecteur économique ; on fait travailler les entreprises. Aujourd’hui on ne peut plus rien faire. Par exemple, j’ai la toiture de l’église à changer, mais je ne peux pas le faire faute de moyens. Les budgets deviennent de plus en plus serrés. Alors que ces dotations sont dues, suite aux décentralisations et aux compétences confiées aux collectivités locales !

La misère a augmenté, les gens vivent de plus en plus mal. Je vais souvent voir les jeunes d’hier. Parfois, quand je toque à leur porte, je vois des gens pleurer. Et je leur demande « pourquoi vous pleurez ? – Ben, parce que vous êtes venu, et que d’habitude je ne vois personne. Ça me fait du bien. » J’en ai la larme à l’œil. Est-ce que nous voulons être comme ça ? Il faut faire le miroir de tout ça. Je souhaite que l’humain change un peu d’état d’esprit, qu’on ait une réflexion différente, que sorte plus le côté du cœur que le côté de l’argent.

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  • Linhard • 24/01/2020 - 10:02

    bravoooo gégène ! tu as raison ! tu es un bon Maire ! continue ! bisous

    Répondre à ce message

  • Germaine Villequey • 24/01/2020 - 08:42

    Monsieur le Maire

    Vous avez narrer tout ce que les petits villages subissent Je suis ravie d’avoir lu cette verite ; que nos ministres ne doivent pas connaitre surement pour nous laisser dans cette mouise

    je vous remercie

    Répondre à ce message

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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