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Dr Shah Mehrabi : les Etats-Unis étouffent l’Afghanistan

Dr Shah Mehrabi.
Dr Shah Mehrabi.

Voici une transcription de l’interview de Shah Mohammad Mehrabi, réalisée le 15 décembre 2021 par Gerald Belsky et Michael Billington, de l’EIR. Membre du Conseil des gouverneurs de la Da Afghanistan Bank (DAB, la banque centrale afghane) depuis 2002, Shah Mehrabi enseigne depuis près de trente ans au Montgomery College, dans le Maryland (États-Unis), dont il dirige le département de Commerce et d’Economie depuis 2003.


Gerald Belsky : Monsieur Mehrabi, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre relation avec le gouvernement taliban actuel ?

Shah Mehrabi : Merci, Gerry, et je tiens également à remercier l’Institut Schiller pour ses efforts, qui ont largement pesé sur le déblocage des réserves afghanes et ont eu un résultat positif dans l’éradication de la pauvreté qui s’est installée dans ce pays, et qui continuera à s’étendre faute de mesures concrètes prises par les États-Unis et les pays européens qui, à ce stade, détiennent l’ensemble des réserves étrangères de l’Afghanistan.

En tant qu’économiste, j’ai exercé près de 20 ans au sein de ce que l’on appelle le « Conseil suprême », le conseil d’administration de la Banque centrale d’Afghanistan. J’ai également travaillé dans le domaine fiscal en tant que principal conseiller économique pour deux ministres des Finances. Au ministère des Finances, j’ai travaillé sur la collecte des recettes de l’Etat ainsi que sur les dépenses publiques, tout en restant membre du Conseil supérieur de la Banque centrale. Composé de sept membres, celui-ci est très similaire au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (FED). Je suis également président du comité d’audit de la DAB.

J’ai été extrêmement actif pour tenter d’apporter des réformes, notamment lorsque j’ai été invité à revenir pour la première fois en Afghanistan. J’ai alors essayé de réformer l’institution financière, et plus précisément, de faire en sorte que nous ayons au moins une Banque centrale fonctionnelle et performante. Avant 2003 et 2004, la Banque centrale avait une double fonction : c’était à la fois une banque commerciale et une banque gouvernementale. La première fonction a été confiée à des banques commerciales nouvellement créées, et la Banque centrale d’Afghanistan, en tant qu’entité indépendante, a été restructurée et a commencé à fonctionner dans les années 2000 à 2005.

Effets du gel des réserves de change

Billington : Le principal sujet que vous avez abordé, comme nous, est que la Réserve fédérale américaine et plusieurs banques européennes détiennent 9,5 milliards de dollars de réserves appartenant à la Banque centrale afghane. Cet argent ne leur appartient pas, mais il est gelé pour des raisons politiques et des désaccords avec le nouveau gouvernement de Kaboul, ce qui en fait littéralement une forme de guerre économique illégale. Pourriez-vous décrire l’impact de cette situation sur le peuple afghan et les actions que vous avez entreprises pour tenter de débloquer ces fonds ?

Shah Mehrabi : Il y a un point important à souligner : le gel des réserves de change afghanes a contribué à l’instabilité économique que j’avais annoncée en septembre. J’avais prévu qu’un certain nombre de choses se produiraient, et elles se sont toutes réalisées, comme le confirment les données disponibles aujourd’hui. À l’époque, j’avais prédit que la monnaie se déprécierait : elle a perdu plus de 14 % depuis août. J’avais également prédit que les prix des denrées alimentaires connaîtraient une hausse à deux chiffres, et c’est ce qui s’est produit : le prix du blé a augmenté de plus de 20 %, la farine de plus de 30 %, l’huile de table de 60 % et l’essence de 74 %.

Dans le secteur bancaire, j’avais également dit qu’on avait besoin de liquidités, et pour cela, il faut que les réserves soient libérées afin de stabiliser les prix et empêcher un nouvel effondrement de l’afghani, la monnaie nationale.
La dépréciation de 14 % de la monnaie frappe surtout le pouvoir d’achat des consommateurs. Elle met les gens dans une situation où ils ne peuvent plus acheter les produits de première nécessité. De plus, les prix des actifs de tous ces biens ont augmenté.

Par ailleurs, j’avais annoncé que les importations allaient diminuer, et c’est ce qui s’est produit. Il y a eu une réduction de la demande pour ces biens importés, et la consommation a fortement diminué parce que les gens n’ont pas accès à leur propre argent à la banque. De plus, beaucoup sont sans travail. Ils ont perdu leur emploi, ils n’ont plus de revenus et par-dessus le marché, la hausse des prix a encore réduit la demande de biens et de services.

C’est exactement ce qu’on voit : la faim et la famine sont apparues.
J’ai également constaté qu’il n’y avait plus d’échanges commerciaux. En fait, les importations en provenance du Pakistan ont diminué de 46 % par rapport à la même période de l’année dernière. Les exportations se réduisent à quelques produits – fruits secs, tapis, etc. Si la situation est à peu près stable, elle ne permet pas de générer des réserves de change suffisantes, et les salaires ont diminué.
Pour en revenir à l’impact de ce gel des réserves de l’Afghanistan, on voit déjà que cela a créé une immense pauvreté.

Ce que je propose, c’est de permettre à la Banque centrale d’Afghanistan un accès limité, contrôlé et conditionnel à ses propres réserves. C’est la réserve de l’Afghanistan, elle n’appartient à personne d’autre qu’au peuple afghan. Il devrait être autorisé à y avoir accès, et cette réserve de devises devrait être utilisée pour des adjudications (ventes aux banques privées). Pourquoi ? Parce que les adjudications sont conçues pour empêcher la dépréciation de l’afghani par rapport au dollar et aux autres devises étrangères, mais aussi pour augmenter le pouvoir d’achat des Afghans et l’empêcher de continuer à baisser jour après jour. Sans ces adjudications, la DAB ne sera pas en mesure de maintenir la stabilité des prix intérieurs.

En effet, l’une des principales fonctions de la Banque centrale d’Afghanistan est de maintenir la stabilité des prix, et elle ne peut pas le faire si on ne libère pas ces réserves. Ce que j’ai suggéré à l’époque, c’était de donner accès à 150 millions de dollars par mois (il en faudrait 200 millions aujourd’hui, car les réserves de l’Afghanistan ont considérablement diminué) sur les 7,1 milliards de dollars [détenus par la FED américaine], ce qui représente environ la moitié de la réserve mensuelle nécessaire pour stabiliser l’économie.

Les États-Unis auraient la possibilité de vérifier que ces fonds servent exclusivement à stabiliser la monnaie. La distribution des liquidités s’effectuerait électroniquement et les transactions entre la Banque centrale et les banques commerciales seraient automatiquement enregistrées. En outre, j’ai suggéré que l’utilisation des fonds puisse être vérifiée par un cabinet d’audit international opérant déjà en Afghanistan. Au moindre détournement, ils pourraient couper les fonds.

Précisons que nous voulons pouvoir utiliser ces fonds pour soutenir la valeur de l’afghani, afin de permettre aux gens d’acheter des biens et des services essentiels. Les gens m’appellent constamment pour me dire qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter du pain, qui est l’aliment de base pour tout le monde. Mon propre frère est doyen de l’université, mais bien qu’il soit rémunéré, même lui ne peut pas se passer de notre aide, par le biais des transferts de fonds. Il ne peut pas s’acheter les produits de première nécessité, comme beaucoup d’autres Afghans. Nous devons donc être en mesure d’aider à répondre aux besoins des Afghans ordinaires, car, encore une fois, les prix des denrées alimentaires augmentent. Et on pourrait y remédier sans aucune difficulté en débloquant cette réserve.

Nous avons des preuves concrètes de ce que nous avons pu faire dans le passé. Chaque fois que nous avons procédé à une adjudication, nous avons réussi stabiliser la monnaie et, par suite, les prix. Le bilan de la Banque centrale est très clair : elle a été en mesure de contenir l’augmentation des prix à un seul chiffre pendant la majeure partie des deux dernières décennies. Autre preuve concrète : il y a environ trois semaines, les talibans ont vendu par adjudication 2,5 millions de dollars, sur les 10 millions qu’ils avaient proposés à la vente, et cela a entraîné le jour même une appréciation de la monnaie. La valeur de l’afghani est restée stable pendant deux jours. Mais 2,5 millions de dollars, ce n’est pas suffisant.

La Banque centrale doit pouvoir intervenir en permanence pour maintenir cette stabilité des prix. Sinon, vous avez la crise que vous voyez en ce moment. Avec l’augmentation des prix, les gens vont mourir de faim, et la sécheresse est aussi en cause. Les gens vont quitter l’Afghanistan et venir frapper aux portes de l’Europe pour essayer d’y être accueillis.

Modifier la politique de sanctions

Belsky : Vous avez demandé le déblocage de 150 millions de dollars par mois des réserves gelées, afin d’engager des adjudications de dollars pour stabiliser la valeur de la monnaie. Cela ne permettrait-il pas aux détenteurs occidentaux de justifier leur mainmise sur le reste de ces avoirs, sur lesquels ils n’ont aucun droit, que ce soit légalement ou moralement ? Ne seriez-vous pas d’accord pour exiger qu’ils libèrent la totalité des fonds, par principe et par obligation morale ?

Shah Mehrabi : Le Trésor américain doit clarifier et revoir sa loi sur les sanctions. La question de savoir s’il peut légalement retenir les réserves d’un autre pays n’est pas claire pour moi. Ils ont fait preuve d’une certaine flexibilité dans le domaine de l’aide humanitaire, mais cela doit aller au-delà des exemptions humanitaires. Le département du Trésor s’inquiète du financement du terrorisme, et d’autres ont remis en question la compétence du gouvernement et de ses dirigeants. Je pense que toutes ces questions peuvent être discutées.

Il existe de nombreux précédents. L’Iran a été autorisé à débloquer des fonds pour les utiliser à des fins commerciales. Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers des États-Unis devra faire preuve d’une certaine souplesse, en autorisant certaines exceptions, non seulement pour des questions humanitaires, mais aussi pour permettre à la banque centrale d’avoir accès à ses réserves. On ne peut pas punir les Afghans !

On parle de la question des femmes, etc. Or les femmes et les enfants sont les premiers à souffrir de cette situation. Elles ne sont pas en mesure d’acheter des biens et des services. Si nous disons, d’un côté, que nous voulons fournir une aide humanitaire, mais qu’en même temps, nous allons étouffer l’économie, ce sont deux arguments opposés. Cela n’a aucun sens.

L’aide humanitaire est une bonne chose, mais ce n’est pas une solution

Belsky : Vous avez répondu implicitement à ma prochaine question, mais je vais quand même la poser. La Banque mondiale prévoit de rétablir environ 230 millions de dollars d’aide. Mais même une somme aussi minime doit, selon elle, passer par l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé, et non par le système bancaire afghan. Qu’en pensez-vous ?

Sha Mehrabi : Je ne sais pas où l’UNICEF va l’utiliser, ni à quelles fins. Ou l’OMS, ou même le Programme alimentaire mondial. Si c’est pour acheter des céréales et d’autres produits de première nécessité, c’est une bonne chose. Mais l’aide humanitaire n’est pas une solution pour relancer l’activité économique. Bien que nécessaire, l’aide humanitaire n’est qu’une mesure palliative, ce n’est pas une mesure globale permettant de faire évoluer l’économie dans son ensemble vers une augmentation de la demande globale, condition indispensable si on veut que l’économie fonctionne et génère suffisamment de revenus pour l’activité économique quotidienne.

Billington : Certaines sanctions impliquent, si j’ai bien compris, de refuser à l’Afghanistan l’accès au système de transaction monétaire SWIFT. Quel en est l’impact sur le pays ?

Sha Mehrabi : C’est ce dont les banques commerciales se sont plaintes. Elles avaient une fenêtre leur permettant de s’engager avec les banques correspondantes, et cela s’est arrêté. Cela a été bloqué par le département du Trésor, et les banques correspondantes sont réticentes à s’engager dans quelque activité que ce soit, à moins d’en avoir reçu l’autorisation. À moins que le Trésor n’assouplisse sa position afin d’assurer un certain degré de flexibilité, autoriser certaines exemptions de sanctions et permettre à cette entité SWIFT de permettre les transactions, nous allons nous retrouver dans la même situation. La liquidité ne sera pas au rendez-vous et cela va étouffer l’économie dans son ensemble.

Ne contournez pas la Banque centrale !

Belsky : Monsieur Mehrabi, de nombreuses personnes et organisations sont d’accord avec ce que vous soulevez, à savoir que l’aide humanitaire ne pourra pas fonctionner sans un système bancaire adéquat. Or, en 2019, Alex Yerden, l’ancien attaché financier du département du Trésor à Kaboul, a fait une proposition qui est peut-être en cours de discussion en coulisses. Elle consiste à contourner la Banque centrale afin d’éviter de donner de l’argent au gouvernement actuel, en mettant en place une banque centrale privée, ou en utilisant une banque commerciale comme l’Afghanistan International Bank par exemple, vers laquelle les fonds illégalement détenus seraient canalisés. On créerait ainsi une banque privée qui remplirait certaines des fonctions que vous avez décrites, telles que des adjudications pour soutenir la monnaie. Qu’en pensez-vous ?

Sha Mehrabi : On a investi pendant une vingtaine d’années dans la mise en place et la modernisation d’une Banque centrale capable de remplir administrativement, sur des bases légales, toutes les fonctions qu’une banque centrale doit remplir. Cela inclut sa supervision, l’émission de billets de banque, la capacité d’être le prêteur en dernier ressort et de fournir des liquidités aux banques commerciales. Ces fonctions ne peuvent être assumées par une banque commerciale, qui n’est là que pour faire des bénéfices, alors que la vocation d’une banque centrale n’est pas la rentabilité. De même, on ne peut pas confier à une banque commerciale la responsabilité d’une banque centrale, qui dispose d’un personnel bien formé, ayant l’éducation et l’expérience nécessaires pour accomplir toutes ses tâches particulières conformément à la loi. Cet état de choses est toujours en pratique.

Autoriser une autre entité, ou une institution parallèle, créera une grande confusion, avec pour conséquence d’éroder la crédibilité de la Banque centrale dans l’esprit du grand public.

L’émission de monnaie est du ressort de la Banque centrale. Une banque commerciale n’a pas l’autorité, légale ou autre, pour cette tâche, ni pour injecter des liquidités dans le système. Elle ne peut pas émettre de monnaie comme moyen d’échange. La monnaie émise par la Banque centrale est acceptée parce que les gens lui font confiance comme moyen d’échange ou réserve de valeur et comme unité de compte.

N’oubliez pas qu’en dehors du dollar américain, la monnaie afghane joue aussi un rôle clé pour fournir des liquidités à l’économie. C’est pourquoi l’établissement d’une institution parallèle, afin de démanteler la Banque centrale, comme certains le préconisent, ne permettra pas de sauver les pauvres gens, les Afghans ordinaires, de la misère où ils se trouvent, sans que ce soit leur faute.

Un effondrement bancaire en perspective

Billington : L’ONU a abordé la crise du système bancaire. Le 17 novembre, la représentante spéciale des États-Unis pour l’Afghanistan, Deborah Lyons, a présenté un rapport au Conseil de sécurité de l’ONU, dans lequel elle affirme : « La situation humanitaire désastreuse dans le pays est évitable car elle est largement due aux sanctions financières qui ont paralysé l’économie. » De même, en novembre, le Programme des Nations unies pour le développement a déclaré que « le système bancaire commercial est essentiel pour poursuivre les programmes humanitaires et autres programmes de base soutenus par les Nations unies et certaines ONG et autres partenaires. Ainsi, le coût économique d’un effondrement du système bancaire, avec les conséquences sociales négatives concomitantes, serait colossal. » L’ONU a-t-elle pris des mesures significatives pour arrêter ce désastre qu’ils décrivent ?

Sha Mehrabi : Nous savons que la MANUA, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan, a apporté 16 millions de dollars en espèces, dans le cadre de l’aide humanitaire pour l’Afghanistan.

Pourtant, la MANUA n’est pas particulièrement bien vue par de nombreux Afghans, en ce qui concerne l’efficacité, la crédibilité et la responsabilité de ses interventions passées. Quoi qu’il en soit, 16 millions de dollars ont été apportés à deux reprises, soit environ 32 millions de dollars en espèces, presque entièrement destinés à l’aide humanitaire en Afghanistan. Ils ne sont pas passés par la Banque centrale. Du fait que les Nations unies parlent clairement d’un effondrement du système, je pense qu’en parlant du secteur financier et des contraintes auxquelles il est confronté, elles sont conscientes de l’érosion des liquidités dans les banques commerciales et la Banque centrale.

Mais l’ONU n’a toujours pas pris les mesures nécessaires pour assurer l’acheminement des fonds vers la Banque centrale pour les adjudications. Il faut donc savoir arrêter de bavarder et passer à l’action. La déclaration du représentant spécial des Nations unies montre clairement qu’ils sont conscients qu’un effondrement du système bancaire pourrait se produire, mais il s’agit de prendre des mesures concrètes pour l’empêcher. Et ce n’est pas en se contentant d’aide humanitaire qu’on y arrivera. Les entreprises et les ménages seront dans l’incapacité d’accéder à leurs dépôts bancaires. Déjà, à l’heure actuelle, ils n’y ont pas accès. La Banque centrale a dû limiter strictement les retraits par manque de liquidités.

Ainsi, toutes ces transactions internationales mentionnées plus haut, SWIFT et autre, ont été bloquées dans une large mesure. Les entreprises sont incapables de transférer des fonds à l’étranger pour payer les importations. Des goulets d’étranglement sont créés dans toutes les directions imaginables. Les perspectives, évidemment, sont très sombres, à moins que les États-Unis ne prennent des mesures pour libérer les fonds en question et les restituer à la Banque centrale.

À ce stade, l’épuisement des réserves internationales a créé un bourbier dans ce pays. J’espère que le représentant spécial des Nations unies examinera attentivement ce que nous avons suggéré ici. Prenez une chose très simple : les économistes regardent généralement les coûts et les bénéfices. Quel est le coût d’un effondrement du système bancaire et quels avantages a-t-on à le sauver ?
Combien gagnerions-nous (c’est-à-dire l’Europe et les États-Unis) à faire en sorte que l’économie afghane fonctionne normalement, en permettant aux gens d’avoir accès à leurs réserves, puis en versant d’autres liquidités aux personnes habituellement payées par l’entremise du FEDER. Ce Fonds européen de développement régional dispose de beaucoup d’argent, qui pourraient être utilisés pour les salaires de ces personnes qui ne sont plus payées. Elles pourront alors le dépenser pour acheter des biens et des services. Cela activera la demande globale et l’économie pourra utiliser l’effet multiplicateur pour générer une croissance économique.

Un appel direct au président Biden

Belsky : Monsieur Mehrabi, vous avez rencontré des membres du Congrès pour les inciter à demander au président Biden de dégeler les actifs afghans. Je sais qu’une lettre est en train de circuler. J’ai reçu un courriel du Maryland Peace Action Group, et je sais que des groupes d’action pour la paix font circuler dans tous les États-Unis un appel demandant aux gens de faire signer cette lettre par leurs députés. Diffusée par les représentants Pramila Jayapal, Sarah Jacobs et Jesús García, elle appelle le président Biden à débloquer les 9,5 milliards de dollars de réserves afghanes gelées. Que pouvez-vous dire de votre action au Congrès et auprès des médias pour promouvoir cette politique ?

Sha Mehrabi : C’est une lettre que nous avons écrite conjointement en octobre, je crois, mais le Congrès était alors très occupé. Nous avons poursuivi nos réunions avec les membres du Congrès et les sénateurs. Grâce à cela, nous avons recueilli un certain nombre de parrainages. Jusqu’à présent, 23 personnes ont signé cette lettre. Après Jayapal, Jacobs et García, d’autres membres du Congrès ont rejoint le mouvement.

Aujourd’hui, lors d’une réunion avec le personnel du Congrès et du Sénat, j’ai présenté cette lettre et j’ai obtenu de nouvelles signatures. Nous espérons en obtenir encore davantage avant de présenter cette lettre de deux pages au président Biden.

Nous y expliquons ce qui doit être fait et pourquoi il est si important de faire en sorte que la population afghane ne souffre pas de la famine et qu’on ne soit pas confronté à une famine et une pauvreté universelle. C’est dans l’intérêt national des États-Unis.

Nous faisons valoir que les États-Unis ont dépensé beaucoup de sueur et de ressources financières pour mettre en place ces institutions et que maintenant, on ne devrait pas les démanteler. Les Afghans doivent avoir accès à leurs réserves étrangères. Ils méritent de vivre dans la paix et la prospérité, dans ce pays qui a enduré 40 années de guerre. Tous ces arguments sont clairement énoncés dans cette lettre qui sera remise au président Biden, probablement la semaine prochaine.

Opération Ibn Sina

Billington : Comme vous le savez, Helga Zepp-LaRouche, la fondatrice de l’Institut Schiller international, s’oppose fermement à cette politique de génocide menée contre l’Afghanistan par les Etats-Unis et les pays alliés de l’OTAN. Au-delà de l’aide immédiate, insiste-t-elle, on doit mettre en place un système de santé moderne, avec tout ce que cela implique – eau potable, électricité, transports, ainsi que des équipements médicaux. Mme LaRouche a baptisé ce projet de coopération internationale « Opération Ibn Sina », du nom du célèbre médecin, poète, astronome et philosophe du XIe siècle, lui-même originaire de la région de l’actuel Afghanistan et très apprécié dans tout le monde islamique. Que pensez-vous de cet effort et que pouvez-vous dire d’Ibn Sina ?

Sha Mehrabi : Je vous remercie pour cette question. Lorsque nous regardons l’Afghanistan actuel, nous voyons l’effondrement d’un gouvernement qui tente de se mettre en place, un pays confronté à des défis économiques et politiques de taille. Tout effort visant à favoriser le développement et la croissance économique est le bienvenu.

L’initiative de Mme LaRouche pour résoudre les problèmes de santé (l’Afghanistan a un taux de mortalité très élevé) permettra déjà de prolonger la vie d’un grand nombre de ces personnes qui risquent de voir leur vie écourtée à cause de la maladie et du fait qu’elles n’ont pas accès aux soins de santé. Et aussi, évidemment, l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Actuellement, l’Afghanistan ne peut pas importer beaucoup d’électricité à cause, encore une fois, de la pénurie de devises. Il s’agit là de mesures que nous devrions tous soutenir et apprécier sous une forme ou une autre.

Dans le domaine de la santé, l’Afghanistan connaît une troisième vague de COVID-19 qui a débuté en avril. Les taux d’infection sont très élevés. Avec la baisse de l’aide étrangère, le gouvernement n’est pas en mesure de générer suffisamment d’argent pour y faire face. De plus, la Banque mondiale, qui payait les employés du secteur de la santé, a interrompu ses versements. Tous ces éléments combinés ont vraiment créé une situation catastrophique pour l’économie afghane.

C’est pourquoi une action comme celle menée par Mme LaRouche est la bienvenue. Comme vous l’avez mentionné, en effet, Ibn Sina est bien connu en Afghanistan et dans toute la région. Il y a un hôpital Ibn Sina en plein cœur de Kaboul qui accueille de nombreux patients. Sa modernisation, avec l’aide de Mme LaRouche et d’autres, serait très appréciée.

Des infrastructures à grande échelle pour le développement économique

Billington : L’autre grande question, que nous mettons de l’avant à l’Institut Schiller et à l’EIR, est le développement d’infrastructures à grande échelle, en particulier dans le cadre de l’Initiative ceinture et route (ICR). Nous venons d’apprendre que le Pakistan a commencé à construire une liaison ferroviaire de Quetta à Kandahar, et nous savons qu’à partir de février dernier, un plan a été approuvé entre le Pakistan, l’Afghanistan et l’Ouzbékistan pour développer, dans le cadre de l’ICR, une liaison ferroviaire à partir du CPEC, le Corridor économique Chine-Pakistan, d’Islamabad à Kaboul via le col de Khyber, puis jusqu’à Tachkent, qui donnerait pour la première fois à tous les pays d’Asie centrale un accès à la mer d’Arabie et transformerait également l’Afghanistan.
Comment voyez-vous le développement de l’Afghanistan, et pensez-vous qu’il soit possible de poursuivre ces projets sans régler d’abord la crise bancaire, grâce la coopération de la Chine et des autres pays voisins ?

Sha Mehrabi : Je pense qu’on doit le faire. Outre l’aide humanitaire, l’initiative chinoise « Belt and Road » pourrait assurer à l’Afghanistan une viabilité économique à long terme. C’est un point important à garder à l’esprit.

L’Afghanistan pourrait évidemment rejoindre le corridor économique Chine-Pakistan, qui est un élément central de l’ICR. Beijing a promis au Pakistan plus de 60 milliards de dollars pour ses infrastructures. Au départ, l’Afghanistan n’en faisait pas partie mais je pense qu’il a maintenant été invité à s’y joindre. Cette initiative, le corridor économique Chine-Pakistan, est une bonne option pour le développement de l’Afghanistan.

On peut également parler du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde. Le TAPI pourrait générer pas mal d’argent pour l’Afghanistan — les frais de transit ont été estimés, je crois, à plus de 400 millions de dollars. Il est clair que ce gazoduc est une réalisation importante.

Dans le cadre du développement, nous avons aussi d’autres domaines qui ont été évoqués mais n’ont pas été pleinement explorés et concrétisés, comme l’exploitation minière. En 2008, lorsque j’étais au ministère des Finances en Afghanistan, un contrat a été signé avec la Metallurgical Corporation of China pour développer la mine de cuivre de Mes Aynak, mais en raison de la situation sécuritaire, elle n’a pas été très productive. Ensuite, nous avons eu la mine de fer d’Hajigak, qui est importante à explorer.

Nous avons des bassins pétroliers que la Chine essaie d’explorer également. Il existe donc de nombreuses autres possibilités. De plus, l’Afghanistan dispose d’une grande réserve de lithium, en plus d’autres minéraux, qui pourraient générer des réserves de change considérables s’ils étaient exploités.

Belsky : Avez-vous d’autres réflexions que vous aimeriez nous transmettre ?

Les sanctions ne font mal qu’aux gens ordinaires

M. Mehrabi : Eh bien, je crois fermement, et je le répète, qu’on doit débloquer la réserve et que nous devrions veiller à ce que les Afghans ordinaires ne se retrouvent pas privés malgré eux d’une alimentation adéquate.

En tant qu’économiste, et en tant qu’Américain d’origine afghane, je suis profondément inquiet du sort des 35 millions d’Afghans qui n’ont connu que guerre et souffrance toute leur vie. Et maintenant, qu’un autre pays puisse les étouffer… Vous savez, le résultat ne sera qu’une nouvelle crise de réfugiés, du type de celle que nous avons vue en 2014 en Syrie, ou même pire. Les Afghans s’enfuiront à pied, emportant leurs bébés d’une main et leurs affaires dans l’autre, et ils iront vers l’ouest, vers l’Iran, dans l’espoir d’atteindre la Turquie, puis l’Europe. Pour moi, c’est un échec – pas seulement un manque de vision - pour les États-Unis, mais aussi l’abandon définitif du peuple afghan.

Il faudrait que les États-Unis, qui ont négocié leur évacuation avec les talibans et comment en finir avec Daech, s’engagent pleinement dans ces activités, mais ils ne veulent pas débloquer les avoirs afghans.

Voyez les politiques en vigueur. Elles ne font jamais de tort à ceux qu’elles visent. Elles ne feront aucun mal au gouvernement actuel. Nous en voyons la preuve dans bien d’autres domaines. Elles nuisent aux Afghans ordinaires en les empêchant de disposer de leur argent. Ils ne méritent pas de voir leurs économies de toute une vie perdre toute valeur, parce que l’inflation va engloutir leur argent en un clin d’œil. Ils doivent pouvoir nourrir leur famille. Comme je l’ai déjà dit, cette attitude de refus, c’est une vision à court terme.

Agissons de manière à aider ces personnes. Essayons d’éviter la spirale de l’augmentation des prix, des pénuries alimentaires, de la dépréciation de la monnaie et de la fermeture des banques. Essayons d’éviter l’effondrement complet de l’économie.

Billington : Merci beaucoup, Monsieur Mehrabi. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire passer votre message, en faisant aussi appel à tous ceux qui veulent se joindre à nous pour tenter d’empêcher cette atrocité et compenser, dans un premier temps, la destruction qui a été infligée à votre pays pendant toutes ces années.

Sha Mehrabi : Merci beaucoup, Gerry, et merci Mike, pour votre aide et vos efforts. Je vous suis très reconnaissant pour votre dévouement. Je suis un optimiste. Il nous a fallu du temps pour rédiger cette lettre, mais nous avons finalement réussi, en nous réunissant deux, trois ou jusqu’à quatre fois par semaine. Nous avons déjà 23 cosignataires aujourd’hui. Espérons que cela augmentera encore. J’aimerais que cette lettre soit diffusée avant Noël et avant que les membres du Congrès ne partent en congé, sans attendre le début de l’année prochaine. Nous allons essayer de le faire. Nous resterons en contact et vous tiendrons au courant. Et encore merci beaucoup.

Belsky : Merci pour vos efforts, Monsieur Mehrabi.

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Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

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La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours des élections présidentielles précédentes, de 2012 et 2017, nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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