Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilActualité
X Logo S&P
Certains articles de S&P sont payants.
4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Donald Trump à la croisée des chemins

En 2016, pour se faire élire par un peuple américain craignant le déclassement et pressuré par une mondialisation financière qui profite aux 1 % les plus riches au détriment du plus grand nombre, Trump avait réduit son message à quatre points :

  1. ramener à zéro l’immigration légale et clandestine ;
  2. mettre un terme aux guerres sans fin que mènent les Etats-Unis aux quatre coins du monde ;
  3. reconstruire les infrastructures de base ;
  4. rapatrier les emplois industriels en affrontant le pays accusé de les avoir volés : la Chine.

Or, victime d’un barrage incessant de scandales, l’image de Trump ne cesse de se dégrader. Bien que sa popularité soit passée de 40 points d’opinions favorables à 46, elle est cependant dépassée par l’opinion défavorable, avec 50 points. Une pétition appelant à sa destitution (un scénario irréalisable pour l’instant) a même recueilli pas moins de dix millions de signatures.

En réaction, dopé par des chiffres truqués mais rassurants sur l’emploi et la croissance, Trump, à dix-huit mois de sa réélection éventuelle, se démène pour apparaître comme l’homme qui tient ses promesses.

Après s’être entouré d’une équipe aussi incompétente que belliqueuse, Trump récolte chaque jour le fruit amer de ses choix. Si le président cherche à nouer des relations « normales » avec la Russie et la Chine, les « chiens de guerre » de l’administration (Pence, Bolton et Pompeo), jour après jour, sans que l’on sache vraiment qui tient l’autre en laisse, multiplient ou durcissent les sanctions contre les uns et les provocations contre les autres.

Dans ce domaine, John Bolton, son conseiller national à la sécurité, est infatigable. Après avoir saboté le sommet de Saïgon (Vietnam) entre Trump et Kim Jong-un, en proposant à la Corée du Nord un désarmement nucléaire immédiat et total « à la libyenne », notre homme, connaissant visiblement mal la réalité du terrain, a appelé à renverser le gouvernement du Venezuela et à envoyer une flotte de guerre et des bombardiers pour faire monter la pression sur l’Iran. Selon le Washington Post, citant un Trump avide de susciter un changement de régime au Venezuela, s’indigne que « Bolton veuille l’entraîner dans une guerre ».

Le secrétaire d’Etat à la Défense, Mike Pompeo, un fondamentaliste évangélique délirant, est un autre cas d’espèce. Rappelons d’abord qu’aux Etats-Unis, les révélations de l’ancien directeur technique de la NSA, Bill Binney, et de l’ancien analyste de la CIA Larry Johnson, ont démontré sans conteste que ce ne sont pas les Russes qui se sont ingérés dans les élections américaines, mais bien les Britanniques, inquiets à l’idée que Trump fasse sortir les Etats-Unis de l’OTAN et mette fin à la « relation spéciale » entre Londres et Washington.

Ces vérités n’ont pas empêché le secrétaire d’Etat Pompeo de claironner à Londres, le 8 mai, combien la « relation spéciale » anglo-américaine était vivante et appréciée (par des va-t-en guerre comme lui !).

Quant au gourou de la droite identitaire Steve Bannon, après s’être longuement entretenu avec l’ancien secrétaire d’Etat américain Kissinger, il a suivit ses conseils en ressuscitant le « Comité du danger présent », lobby anti-communiste virulent de la Guerre froide, cette fois pour lutter contre la Chine.

Pour Bannon, si Poutine et Xi sont tous deux de dangereux kleptocrates communistes entourés d’oligarques, la différence c’est qu’avec la Russie, on pourra, le cas échéant, faire renaître « la civilisation judéo-chrétienne », alors que la Chine demeurera toujours « l’adversaire existentiel ».

Or, Bannon compte parmi ses amis l’économiste Peter Navarro, auteur de plusieurs livres virulemment anti-chinois et chef du Conseil national du Commerce à la Maison-Blanche. En cette qualité, Navarro est l’un des négociateurs des accords commerciaux avec la Chine… avec le succès qu’on connaît.

Pour sa part, le vice-Premier ministre chinois Liu He, qui n’avait plus le statut « d’envoyé spécial du président Xi », a souligné que la Chine resterait ouverte à des négociations et a résumé les trois désaccords majeurs :

  1. Le côté chinois pense que tous les tarifs douaniers punitifs doivent être enlevés pour arriver à un accord. Washington a augmenté les tarifs sur les produits chinois vendredi ;
  2. Les 2 côtés devaient encore décider des chiffres préliminaires concernant les achats de produits américains. Cela fait partie d’un accord conclu l’an dernier par les dirigeants chinois et américain en Argentine pour augmenter les importations chinoises et réduire le surplus commercial avec les Etats-Unis ;
  3. Tout accord devait être équilibré, Liu He soulignant qu’il y avait certains principes sur lesquels la Chine ne ferait pas de compromis,.« N’importe quel pays a besoin de sa propre dignité », a-t-il rappelé.

« Maintenant, dit-il, les deux délégations sont parvenues à une compréhension mutuelle sur nombre d’aspects, mais pour être franc, il y a aussi des divergences. Nous pensons que ces divergences portent sur des questions de principe importantes », Or, « nous ne pouvons absolument pas faire de concessions sur de telles questions de principe ».

Pour comprendre ces divergences, écoutons ce qu’en disait le 9 mai dans Libération, David Dollar, l’ancien envoyé économique et financier du Trésor américain en Chine :

La Chine, qui s’est engagé à acheter davantage de produits américains, notamment agricoles et dans l’énergie, demande la levée des droits de douane sur les marchandises chinoises, ce que Washington n’est visiblement pas près de faire. Pour les Etats-Unis, ce qui coince principalement, ce sont les modalités de mise en application d’un éventuel accord. Les Chinois veulent l’inscrire dans un simple règlement, émanant du Conseil d’Etat chinois, quand les Américains veulent que l’accord soit gravé dans la loi, considérant qu’ainsi, il sera plus difficile à amender ou à réécrire. L’administration Trump a affirmé qu’elle ne signerait le texte que s’il est assorti de mesures permettant de vérifier que gouvernement chinois respecte ses engagements.

Cependant, ce qui est beaucoup plus problématique, c’est le fait que,

Washington exige des changements structurels pour mettre fin aux subventions chinoises aux entreprises publiques, ainsi qu’au transfert forcé de la propriété intellectuelle. Environ 30 % des investissements étrangers concernent des secteurs dans lesquels il est obligatoire de former des coentreprises pour pénétrer le marché chinois, et donc de partager les technologies, ce qui ne plaît guère aux Européens comme aux Américains. Les Etats-Unis, dans une optique de libre-échange, veulent également l’ouverture totale du marché chinois [1] Aujourd’hui, certains secteurs, comme l’automobile ou les télécommunications, sont fermés aux investissements étrangers, ce qui fait dire aux Américains que la Chine ne respecte pas les règles et sape la légitimité et la cohérence du système entier. Sur ce point d’ailleurs, les Européens sont tout à fait d’accord avec les Etats-Unis et sont très favorables à l’ouverture totale de l’économie chinoise.

A propos de l’Administration Trump, l’unique lueur d’espoir reste l’annonce récente de débloquer, d’un commun accord avec certains démocrates, quelque 2000 milliards de dollars pour amorcer la remise en état des infrastructures américaines au niveau où elles étaient il y a vingt ans. Reste à trouver les financements.

Bien que l’on ne puisse reprocher à Trump d’avoir systématiquement de mauvaises intentions, et qu’il ait même, parfois, des intuitions allant dans le bon sens, les collaborateurs qu’il a choisis, ou qu’on lui a imposés pour le « cadrer », s’avèrent être la clé de son échec, voire de son éventuelle défaite à venir.


[1Pour comprendre la différence entre « libérer » les échanges et « libéraliser les marchés », consultez l’encadré " « Libération » ou « Libéralisation » des échanges ? " dans cet article.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

La City et Wall-Street fomentent la guerre pour éviter la refonte des institutions financières. Il nous faut changer la donne afin d’empêcher que la situation dégénère en catastrophe nucléaire.

En savoir plus

La planification économique en Chine, une idée neuve pour la France

14 novembre 2018
Economie
La planification économique en Chine, une idée neuve pour la France

États-Unis : vers un accord bi-partisan pour reconstruire les infrastructures ?

10 mai
Chroniques stratégiques
États-Unis : vers un accord bi-partisan pour reconstruire les infrastructures ?

Venezuela, Iran, Chine, Corée : les va-t-en guerre américains menacent la réélection de Trump

1er mai
Actualité
Venezuela, Iran, Chine, Corée : les va-t-en guerre américains menacent la réélection de Trump

Libérons Trump de l’emprise des « sionistes chrétiens » !

25 mars
Actualité
Libérons Trump de l’emprise des « sionistes chrétiens » !

Pour sauver la paix mondiale, Trump doit virer John Bolton !

3 avril
Chroniques stratégiques
Pour sauver la paix mondiale, Trump doit virer John Bolton !

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard